‹ Chronologie de la Vie et de l'Œuvre de Thomas GrayChapitre 22 sur 83 · lettres à Ashton, 3 lettres à Chute · texte numérisé non relu

lettres à Ashton, 3 lettres à Chute

78. Cf. TL I App. 385 & sq. Les passages rejetés par Mitford sont également rétablis; ex. : 1, 276; II, 66-7 et le P. S., p. 69.

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où tantôt il exploite une allusion à un fait contemporain connu, tantôt opère par rapprochement entre les lettres ellesmêmes, sont remarquables. La lettre à Chute de mai 1742, si importante, où il est question du Ranelagh, mentionné ailleurs dans une lettre de Walpole; la lettre à Wharton du 10 octobre 1751, contenant une allusion au Siècle de Louis XIV et l'annonce d’un prochain voyage confirmé quelques mois après en sont des exemples typiques ”.

On ne saurait dire que le résultat soit définitif. Dans un travail mené au jour le jour, Tovey a souvent conscience d’être submergé par les détails. « Il me manque le loisir de jeter un coup d'œil d'ensemble sur ma tâche », dit-il (TL II 65, n. |). Une confusion naît de ce que mainte fois les erreurs de date ne sont constatées qu'après l'impression ‘”. Il reste des lettres douteuses, incomplètement datées**. Il y a des fautes d’inattention, d'évidentes impossibilités, une timidité à modifier quelques dates visiblement fausses”. Il y a par endroits des défaillances dans le relevé des preuves internes ‘”; mais ce sont surtout les preuves externes qui manquent souvent. Tovey, et c’est là son principal défaut, se limite trop à la vérification des lettres par elles-mêmes. Il n’a pas suffisamment compris la nécessité d'établir, par tous les moyens extérieurs possibles, une chronologie ou tout au moins des points de repère sûrs. Si les ressources sont fort rares, 1l avait à sa disposition, à défaut d’autres, les registres des Collèges; on est surpris qu'il n'y ait pas songé **.

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82. Ex. : incompatibilité entre la date de la Lettre XL (TL I 71-2) et la n. |, p. 72; entre la date de la Lettre CCVI (TL II 159) et la première phrase de la lettre suivante (ibid.).

83. Ex. : la Lettre CXCV (II 113) est selon toute évidence, d’après son contenu, antérieure à la Lettre CLXXXVWVII (II 84).

.84. C'est ainsi qu'il suppose (TL I 368, n. 3) que la vraie date de la Lettre CLII est vendredi 13 octobre 1757, alors que le 13 octobre 1757 était un jeudi; qu'il date de Cambridge, 18 août 1758, la Lettre CLXXI (TL II 40), tandis que’ les registres de Pembroke montrent que Gray était absent à ce moment-là.

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L'annotation des lettres constitue un autre progrès, plus remarquable peut-être. Si Tovey utilise largement Mitford, s’il commet des erreurs de détail, soit par ignorance des faits, soit par indécision *, il accumule au bas des pages une immense documentation, dont le seul inconvénient est l’inévitable dispersion. Muni d'ouvrages de référence plus modemes, il peut, avec plus de précision que Mitford, commenter les faits, reconstruire la vie des personnages qui, à des titres divers, entrent en scène. Pas un nom propre, pas une œuvre, pas une allusion qui lui échappe. De plus, et c’est son grand mérite, il explique les obscurités du texte, les passages dont le sens, dans le courant d’une correspondance, n'apparaît qu’à la lumière de faits supposés connus, ou implicites. En sorte qu'il établit entre les lettres une concordance qui les réunit par un lien solide : c'est à cette condition qu’elles peuvent enfin, et complètement, tenir la place d’une biographie.

Tovey s’est encore attaché, dans ses Préfaces et ses Appendices, à la discussion de quelques obscurités de la vie de Gray. Dans la Préface de son second volume, il a tracé un tableau des amitiés de Gray qui renferme quelques-unes des meilleures pages Jamais écrites sur le sujet (TL IT ix-xxxv). Son édition fait autorité de nos jours. Dans l’ensemble elle renfermait encore deux éléments d'incertitude. D'une part, la correspondance avec Walpole y demeurait telle que Mason avait bien voulu la transmettre. Plus généralement, elle laisse entrevoir de sérieuses possibilités de découvertes nouvelles.

Une tâche redoutable, mais déjà en partie accomplie, s’est donc imposée à l'éditeur actuel des lettres de Gray. Lorsque la mort arrêta la préparation des Suppléments de l’admirable édition des lettres d'Horace Walpole , de Mrs. Paget Toyn-

bee “*, le Dr. Paget Toynbee, qui comptait déjà à son actif

85. Sa note au sujet d’un endroit où Gray refusait d’aller en septembre 1757 (1 351, n. |) est fausse, parce qu'il ignorait les lettres écrites à Walpole au même moment (CT II 171-4). Mais l'hypothèse d’un voyage

de Gray en Ecosse (II 35, n. 3) était contraire à toute vraisemblance.

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