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ingénieux du calendrier fournissent un jeu varié de procédés techniques qui ne laisse plus rien au hasard.
Le Dr. Paget Toynbee n’en considère pas moins son recueil de 1915 comme «provisoire » (CT I xi). C'est que si son activité se manifeste dans de savantes communications aux périodiques littéraires ”, s’il a pu préciser ainsi — comme il l'avait déjà fait dans l’Introduction de ses livres — de nombreuses défectuosités de la biographie ou des textes, il poursuit avec allégresse la préparation d’une correspondance complète de Gray, fait une suprême tentative pour mettre définitivement au point les lettres connues et rassembler celles qui se dissimulent encore dans les collections privées des deux mondes. Cette édition nous réserve des surprises; elle sera peut-être définitive.
Nous l’attendons; mais malgré l'incertitude où cette attente nous laisse, nous avons aujourd’hui l'impression, devant tant d'efforts pour réparer l’œuvre destructive de Mason, et les remarquables résultats acquis, que la personnalité de Gray, dans la mesure où sa correspondance la peut révéler, est à peu près reconstituée; que les péripéties essentielles de sa vie ont retrouvé leur place réelle. Certes, outre quelques incidents d’importance secondaire, sur lesquels la lumière n’est pas faite, des points demeurent troublants. La querelle avec Walpole, la pénurie des renseignements sur la période de 1742 à 1746, les . relations de Gray avec Miss Speed et le secret de son voyage dans l’Oxfordshire en 1760, posent d’embarrassantes questions. Des détails nous manquent aussi pour reconstituer certains milieux; nous devinons derrière de brèves allusions, de fragmentaires indications, des relations et même des amitiés dont la trace s’est effacée. Mais nous possédons une connaïissance suffisante de l’homme, sa personnalité, désormais complète et cohérente, soutient assez bien l'analyse, pour que nous soyons rassurés sur la portée des révélations à venir.
Aucun livre cependant ne retrace la vie de Gray telle que nous la connaissons. [l faut la reconstruire avec sa correspon-
90. On remarque, en particulier, ses fréquentes lettres au T. L. S.
dance, qui demeure dispersée, et les notes éparpillées des éditeurs récents, en corrigeant les erreurs de l’un par les découvertes de l’autre.
De plus, les grands problèmes psychologiques et littéraires, ignorés ou systématiquement éludés jusqu'ici, restent entiers. Îls ont pour centres l'étude de son caractère et l'étude de sa pensée. Nous trouvons des indications de détail, tantôt justes, tantôt compromises par leur isolement même; d'ingénieuses suggestions, dues parfois à des plumes illustres ”; l'excellente esquisse d’un critique contemporain, Mr. Oswald Doughty ”. Il faut reprendre dans toute son ampleur, sans complaisance excessive, mais en bannissant tout préjugé aujourd'hui injustifié, le problème de la mélancolie de Gray, dans ses sources, dans ses manifestations, dans ses multiples prolongements et ses contradictions apparentes; dans le cadre aussi où elle se développe, entourée des hommes et des choses qui en furent les témoins, les confidents.
Il convient aussi de refaire l’histoire de son esprit. Si, avec le recul du temps, la position de Gray apparaît aujourd’hui dans sa pleine lumière, il importe de la situer et de la délimiter avec précision. [l ne suffit plus de considérer ses poèmes et ses lettres. Il faut reprendre l’idée de Mathias, sous une autre forme. Vouloir publier les écrits en prose de Gray est une chimère; nul ne saurait dire où finit l’œuvre, où commence la compilation. Mais il faut embrasser ces lambeaux de sa pensée, tout ce que nous pouvons retrouver de ces ébauches et de ces notes, de ces lumineuses remarques soigneusement ou hâtivement consignées dans la marge d’un livre ou sur une page d’agenda, et les réunir, dans un essai de synthèse, en un faisceau compact. Nous partageons l’opinion de Sir Edmund Gosse. Mais si la cuisson est un merveilleux mystère, la pâte, stade nécessaire, n’est pas un composé négligeable, Si Gray s’est arrêté à mi-chemin dans la voie des réalisations, dans ses