Pour les monuments de Paris visités par Gray et Walpole
cf. TF 204-8.
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ques jours avec eux. Ces amis n arrivèrent que le 5 août, se lassèrent bientôt de Reims, repartirent à la fin du mois. A leur tour, Gray, Walpole et Conway se mettaient en route le lundi 7 septembre.
Lyon. En trois petites étapes, par la Champagne (Verzenay, Sillery) et la vallée de la Marne, ils se rendirent à Dion, s’arrêtant pour déjeuner à Châlons-sur-Marne (Cathédrale Notre-Dame, Couvent des Bénédictins, promenade du Jard), couchant le lundi soir au Lion d'Or à Saint-Dizier, le mardi au Cerf-Volant à Langres. Ils arrivèrent le mercredi 9 et passèrent la fin de la semaine à visiter la capitale des ducs de Bourgogne et les curiosités des environs (Chartreuse de Champmol, 11 sept.; Abbaye de Cîteaux, 12 sept.).
Le lundi 14 ils repartent pour Lyon où ils arrivent après deux jours d'étapes (Nuits, Beaune, Chalon et la vallée de ia Saône, Mâcon). Lyon est animé, mais triste; Gray préfère les environs avec leurs riches campagnes, les villäs bourgeoises, les cours d’eau et les horizons de montagnes; pourtant, les vestiges romains de Fourvières piquèrent sa curiosité.
La Grande-Chartreuse et Genève. A la fin du mois, excur- -sion dans les Alpes. Traversant le nord du Dauphiné, ils sont le 27 septembre à la Verpillière, le 28 aux Echelles, en Savoie, « au milieu des nuages ». Le lendemain matin (mardi 29), ils montent à la Grande-Chartreuse. Une ascension de six heures dans le site grandiose de la vallée du Guiers les amena à l'Ab. baye, où ils furent reçus par les Pères: après un frugal repas, ils rentrèrent dans l’après-midi. Le lendemain ils se rendaient à Aix, par Chambéry: couchaient le |” octobre à Annecy et arrivaient à Genève le vendredi 2 octobre.
Ils restent à Genève une semaine environ pour y voir s’installer leur compagnon de voyage Henry Seymour Conway, et y rencontrent une nombreuse société anglaise (Francis Greville, Baron Brooke; Baron Thomas Mansell; George William Hervey ‘*). Excursions sur le Lac; arrêt dans plusieurs localités, où ils sont charmés de l’accueil des populations.
Au retour ils franchissent le Rhône à Seyssel, coupent à travers les monts du Bugey, qu'ils mirent trois jours à franchir, et regagnent Lyon par la Bresse (12 oct.). Bientôt ils reçoivent
12. Fils aîné de John Hervey, le « Lord Fanny.» et le « Sporus » de Pope. Cf. D. N. B. XXVI, 284.
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de Sir Robert Walpole l’ordre de renoncer à leur séjour d'hi-
ver en Provence et de se rendre en Italie. Ils quittèrent Lyon le vendredi 30 octobre.
De Lyon à Florence. Huit jours furent nécessaires pour gagner Turin par la route du Mont Cenis. Ils refirent d’abord le chemin déjà parcouru en septembre à travers le Dauphiné et la Savoie (30, 31 oct., 1” nov.); remontèrent pendant les deux jours suivants (2, 3 nov.) la vallée de l'Arc, majestueuse, mais attristée par l'approche de l'hiver. Le 4 novembre, la traversée des Alpes commença; le 5 ils étaient à Lanslebourg, au pied du Mont Cenis: à dos de mulet, couverts de fourrures, ils gravissent le col dans la neige et redescendent sur le versant italien au milieu des précipices et des torrents. Entrant dans le Piémont, ils s’arrêtent à la Ferrière, puis, par le Pas de Suse, atteignent Bussoleno, où ils passèrent la nuit. Le 7 novembre au soir, arrivée à Turin.
La ville plut à Gray, mais :l laissa Walpole aller seul à la cour du roi de Sardaigne. Il ne goûta pas davantage les méchantes représentations de la comédie italienne, ni les parties de cartes chez la marquise de Cavaillac (où ils rencontrèrent quelques Anglais, notamment Joseph Spence). Ils se remirent en route le 18 novembre, arrivèrent à Gênes le 21.
Gray « s’éprend » du large golfe, de la Méditerranée; il admire la ville bâtie en étages, les richesses du Palais Doria, les églises (Madonna delle Vigne, où il voit le Doge présider à une cérémonie; Annunziata),.
Départ le vendredi 27 novembre; traversée du Bochetto; nuit à Tortone. Le lendemain ils voyagent dans la boue et s’arrêtent à San Giovanni. Dimanche matin arrivée à Plaisance, où ils comptent séjourner. La ville leur paraît si sordide qu'ils repartent après dîner pour Parme, où ils passent le lundi (Cathédrale, avec ses Corrèges, et autres églises). Mardi à Modène, par Reggio: visite du palais ducal dans la matinée du mercredi (2 déc.). L'après-midi arrivée à Bologne, où ils restent douze jours (nombreuses églises, dont ils admirént surtout les tableaux). Départ pour Florence le 15 décembre. Traversée des Apennins dans le brouillard; nuit à Fiorenzuola, au pied du Giogo:; arrivée à Florence le jeudi 17 décembre.
Premier séjour à Florence. Gray et Walpole sont cordialement accueillis par Horace Mann, ministre plénipotentiaire à la cour du grand-duc de Toscane et ami de Walpole. lei encore Gray, à la remorque de Walpole, est introduit dans la
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haute société: il fut admis à la table du régent, le Prince de Craon:; reçu chez la Comtesse de Suarez, ancienne favorite du dernier des Médicis (Jean-Gaston). Florence, avec ses monuments, ses églises, ses statues, les trésors du Palais Pitti, où il passait deux ou trois heures tous les matins en prenant d’abondantes notes!*, l’enchanta « de tout ce qui peut ravir les yeux ».
Le début de l’année fut égayé par les réjouissances du Carnaval. Walpole ne quitte pas son domino et lie de nombreuses relations dans les bals. Gray ne suit que de loin ces plaisirs et « expire de froid ». Le Carême venu, la ville devient triste; aussi, dès le début de mars, songent-ils à se rendre à Rome. Ils assisteront à l'élection et au couronnement du successeur du pape Clément XII.
Départ de Florence le lundi 21 mars; arrivée Je soir à Sienne (Cathédrale, Collège des Jésuites, mardi 22). Départ de Sienne le mercredi 23. Après quatre jours d'étapes épuisantes à travers les contreforts des Apennins plantés d'oliviers, semés de maisonnettes et de couvents; sur les hauteurs de Radicofani, où un accident de voiture les obligea à passer la nuit, et un dernier arrêt à Viterbe, ils entrent dans Rome le samedi 26 mars.
Rome. Gray fut transporté. Rome et ses palais, ses églises, ses places, ses mille souvenirs, dépassèrent son attente. Il reste muet d'étonnement devant Saint-Pierre, où il assiste, ébloui, à la grandiose cérémonie du Vendredi Saint (15 avril). Il se mêle à la foule des badauds qui stationne aux abords du Conclave, où tous les jours entrent en cellule des cardinaux venus de tous les pays; il visite en détail, son carnet de notes à la main ‘, tous les monuments; explore tous les quartiers de la ville. En revanche, les soirées sont fort tristes. Rome offre peu de distractions. Walpole et lui évitent les cercles cosmopolites où s’assemblent Anglais, Français et Allemands. Un soir cependant ils assistent à une fête dans une riche villa de la banlieue; tous les Anglais y sont invités et ils y rencontrent le vieux Prétendant Stuart, Jacques
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