‹ Chronologie de la Vie et de l'Œuvre de Thomas GrayChapitre 38 sur 83 · MC, Préface, xxxüi · texte numérisé non relu

MC, Préface, xxxüi

L’échelle de corde et le déménagement. Grâce à des soins attentifs et méticuleux, quelques-uns de ses maux s’améliorent. En revanche, Peterhouse lui devient intolérable. Ses voisins d'escalier (George Forrester, Bennet Williams et d’autres) font du bruit et s’enivrent. Gray redoute qu'ils ne mettent le feu au collège. Le 9 janvier, il commande à Wharton une échelle de corde pour se sauver en cas d'incendie et fait sceller à sa fenêtre une barre de fer pour l’y accrocher. En février, des mauvais plaisants ordonnèrent à un domestique de crier « au feu! » au milieu de la nuit. Gray déroula son échelle. .** Le Master (Dr. Law) se refusa à sévir. Profitant du prétexte, Gray quitta Peterhouse. Le 6 mars, il entrait à Pembroke Hall, le collège de ses amis. Son déménagement marqua « une ère dans sa vie ». Malgré quelques accès .de goutte, il se trouvait là « aussi tranquille qu’à la Grande-Chartreuse »°*.

Il quitta Cambridge dans la semaine du || juin, passa huit jours à Londres, où il vit Mason, qui travaillait à son Caractacus, et partit ensuite pour Stoke, où il séjourna en juillet et en août. La goutte s’est calmée, mais il se plaint d’une grande dépression morale. Il est incapable de tout effort; envoie seulement des conseils à Mason pour sa pièce; fait le projet d'aller avec lui un jour en Suisse; s'occupe de faire élire Brown

Master de Pembroke, car on prétend, à tort, que le Dr. Long va mourir.

Le 6 août, il alla quelques jours à Londres pour voir Chute, malade de la goutte. Au retour, il pense se rendre à Strawbeiry Hill; recevant trop tard la lettre de rendez-vous de Walpole, il a accepté une invitation de Chute à The Vine. Chute, qui est venu à Windsor, l'emmène le 30 août.

Gray resta cinq semaines auprès de lui, mais elles furent tristes. Chute eut une nouvelle crise de goutte, dut s’aliter:;

33. Cf. supra, Introduction, n. 70. Consulter également H. Temperley, In Memoriam by the late Master of Peterhouse, C. U. P. 1924. La barre de fer existe encore aujourd'hui.

34. Gray entrait à Pembroke en qualité de Fellow Commoner. Il occupait l'appartement 39 au premier étage de l'Hitcharn Building (Ivy Court, Escalier [| d'aujourd'hui). Plus tard, il eut la jouissance d'une pièce supplémentaire pour ses livres : 36, à l'extrémité de l'aile N. de l'Ivy Court, 1761-2; 40, au deuxième étage au-dessus de son appartement, 1762 à sa mort. (Renseignements fournis par Mr. A. Attwater.)

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Gray passa son temps à le soigner, à le distraire de son mieux. À la fin de septembre, la crise s’atténua, des amis vinrent: bientôt Gray put rentrer à Stoke. En octobre, il fait la visite promise à Strawberry Hill (quatre jours). Au retour, il est sans courage, ne peut ajouter « une syllabe au Bard », lit les Mémoires de Pierre de La Porte (1756) et de la Bäronne de Staal- Delaunay (1755). En novembre, il est impatient de revenir à Pembroke; il partit le 16 et passa la fin du mois à Londres chez Wharton (Coleman St.). Retour à Cambridge semaine du 3 décembre. Il se consacre, pour le Caractacus de Mason, à des recherches celtiques.

Début de l’année calme et sans incidents. Jl fut invité par Wharton en mars, et partit le 5 avec Thomas Balguy, de St John's, et Richard Hurd, alors fellow d'Emmanuel College. Il resta à King's Arms Yard jusqu'à la fin du mois: passa chez Walpole, avec qui il paraît avoir des projets de publication. De retour à Cambridge dans là semaine du |” avril, il reçut la visite de Lord Nuneham, qu'accompagnaient Lord Villiers et John Spencer; ensuite celle de Lord John Cavendish, ancien élève de Mason. Gray connaît alors des jours paisibles; est flatté de ses rapports avec des gens de marque, mais demeure inactif.

En mai, le harpiste gallois John Parry vint donner à Cambridge une audition des vieux airs de son pays. Gray en fut si ému qu'il reprit le Bard, le termina, et envoya les deux dernières strophes à Mason, dont il attendait un fragment de Caractacus. Mason lui ayant soumis ses critiques, il lui retourne l’ode complète et retouchée, et, à son tour, corrige le premier chœur de Caractacus- En même temps il découvre et admire la vieille ballade écossaise qui avait servi de thème au Douglas de Home.

La presse de Strawberry Hill et les « Odes Pindariques ». Dans la semaine du 17 juin il est en route pour Londres, d'où il gagne Stoke à la fin du mois. Il a vu Walpole, qui vient de monter sa presse de Strawberry Hill (25 juin). Le premier tirage sera celui des deux odes pindariques de Gray. Il s'entend avec lui pour être à Strawberry Hill le mercredi soir (13 juillet). La presse fonctionnait le 16. Le 3 août, 1.000 exemplaires étaient sortis, 2.000 le 8; ils furent édités par Dodsley (Odes by Mr. Gray, 21 pages in-folio); Gray en fit une ample distribution parmi ses relations de Cambridge.

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A Stoke, il fréquente le Manor House, où il est particulièrement charmé de la compagnie des Garrick, qui en sont les hôtes pendant trois jours au début d'août. Il se félicite de l'amabilité des Cobham, de ce que Miss Speed s'amuse avec lui de l’accueil fait aux « Odes Pindariques »; jugées supérieures par certains (Brown, Garrick), d’autres leur reprochent leur obscurité (Lytteltrn, Shenstone), tandis que, dans la Critical Review, le Professeur Franklin les loue sans les comprendre. Malgré cela, malgré les premiers volumes de l'Encyclopédie dont il a fait l’emplette et dont la lecture le distrait, il est très déprimé, souffre de petites misères (« a painful infrmity »); à la fin d'août il se plaint « d’être seul et ennuyé au dernier degré »; le matin il se lève avec la fièvre.

En septembre il va mieux, mais ne peut encore se déplacer. Il refuse une invitation à la campagne **; ne peut même accepter de Wharton l'offre de son appartement. En octobre, il est encore à Stoke. Le 19, il fit un voyage de trois jours (destination inconnue), puis se rendit à Londres au début de novembre, y resta tout le mois, et rentra à Cambridge dans la semaine du 2 décembre.

À ce moment, Colley Cibber meurt. Gray est l'un des poètes les plus en vue; il lui succédera comme Lauréat. Lord John Cavendish le fait pressentir par Mason: il refuse avec un ironique dédain **. En revanche, il paraît très absorbé pendant cette fin d'année par des recherches d'histoire de la poésie anglaise.

Au début de l’année nous trouvons Gray occupé à corriger des fragments lyriques de Caractacus;: à discuter avec Mason sur des points d'histoire celtique; à retoucher son Elegy written in the Garden of a Friend; à essayer de lui former le goût. Il a lu l'Introduction à l'Histoire du Danemark, de Mallet; compulsé les Mémoires de l’Académie pour se documenter sur les Druides et les mythologies septentrionales. Mason, cependant, lui reproche de ne plus produire.

C'est qu'il est encore très déprimé; il s’en plaint en février et en mars; se voit réduit à faire un travail d’antiquaire : ruines,

35. Probablement à Henley, auprès des Conway, où ‘il devait aller en 1760. La n. | de TL I 351 est contredite par une lettre de Gray à Walpole (CT II 173).

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