‹ Chronologie de la Vie et de l'Œuvre de Thomas GrayChapitre 51 sur 83 · NOR E · texte numérisé non relu

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premières journées de soleil. Mason étant reparti pour Aston, il revint à Cambridge dans la semaine du Î2 mai.

En mai et juin, tout en lisant les huit volumes des Voyages en Italie de de Lalande, et la Correspondance de Shenstone, il surveille les répétitions de son Ode (« Odicle ») et attend le grand jour où toutes les célébrités assisteront à l'exécution (1° juillet).

Second voyage au pays des Lacs. La cérémonie passée, il songea aux vacances. Il part le 18, passe deux ou trois jours à York, avec Mason, et gagne Old Park, où il reste pendant les mois d'août et de septembre. Le 29 septembre, Wharton et lui vont refaire le voyage au pays des Lacs manqué en 1767. Le soir, ils couchent à Brough; mais Wharton, qui joue de malheur, est de nouveau pris d'asthme et doit rentrer à Old Park. Gray continue seul : à

30 septembre. — Brough, Appleby, Kirkby-Thore, Brougham Castle. Dîne à Penrith et monte au Beacon Hill, d'où il découvre un immense panorama de montagnes et Ullswater dans le lointain.

1% octobre. — De Penrith à Ullswater, par la vallée de l'Eamont; promenade au bord du lac; retour à Pen. rith.

2. — De Penrith à Keswick, par Greystoke et Penruddock. Dîne à l’auberge de Queen's Head, à Keswick; l'après-midi, monte au Parsonage, où il assiste au coucher du soleil.

3. — Keswick. Part de bonne heure avec le patron de son auberge. Ils vont à pied à Borrowdale (splendide paysage; montagnes, cascades, lac de Derwentwater), s'arrêtent dans une ferme pour dîner de leurs provisions, et reviennent lentement. Le soir, promenade jusqu'au lac dans le calme de la nuit tombante.

4. — Keswick. Promenade à Crow Park. Le soir, Gray va revoir le coucher du soleil au Parsonage.

5. — Keswick. Promenade à travers champs jusqu’à Derwentwater, ascension de How-Hill, village de Portingskall. L’après-midi, il va visiter des vestiges druidiques situés à deux milles sur la route de Penrith.

6. — Keswick. Promenade à travers champs jusqu’à Bassenthwaite, et dîner au bord du lac. L'après-midi,

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le temps menaçant l’oblige à rentrer.

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7. — Keswick. Samedi, jour de marché, averses. Promenade, le matin, à Crow Park; dans la soirée, sur la route de Penrith (observations botaniques).

8. — De Keswick à Kendal, par le lac Thirlmere. Il passe dans le Westmoreland (Grasmere, Rydal-Water) et arrive à Ambleside. Là, ne trouvant pas d’auberge convenable, il renonce à voir le lac de Windermere, dont il aperçoit cependant un beau panorama, et repart aussitôt pour Kendal.

9. — Kendal. Visite de la ville (église gothique avec chapelles et tombeaux; ruines du Château): l’aprèsmidi, promenade aux chutes du Kent.

10 — De Kendal à Lancaster, par Burton-in-Kendal. Visite le Château de Jean de Gaunt, la banale église gothique, son cimetière, d’où l’on découvre la mer et le Furness.

11. — Lancaster. Promenade à Poulton, le matin: en ville (pluie), l'après-midi.

12. — De Lancaster à Settle. Hauteurs pittoresques, riche campagne, belles résidences; Hornby (Château), Ingleton.

13. — Settle. En chaise de poste à Gordale-Scar : vallée sauvage, rochers, cascade impressionnante.

14. — De Settle à Skipton. Temps sombre, paysage terne. À Skipton, il ne peut visiter le Château, et se remet en route.

Il gagne Otley par la vallée du Wharfe; visite son église et ses tombeaux, s’arrête à Leeds (Abbaye de Kirkstall) et arrive à Aston, où, en l'absence de Mason, il passe deux jours (18 et 19) avec son vicaire Alderson. Il repart le 20, et après deux jours d'étapes (Nottingham, Leicester, Harborough, Kettering, Thrapston, Huntingdon) se retrouve à Cambridge le 22.

Durant la première quinzaine de décembre, il va à londres, où il rend visite à Rich. Hurd, malade. De retour à Pembroke, il y reçoit le jeune écrivain suisse Charles-Victor de Bonstetten, que Nicholls a rencontré à Bath, et qu'il lui envoie pour quelques mois à Cambridge.

De Bonstetten. Pendant le premier trimestre, toute l'existence de Gray est absorbée par l'attachement soudain et pas-

sionné qu'il conçut pour de Bonstetten. La fiévreuse personnalité du jeune homme le « subjugua »; il en oublia ses livres et ses amis. De Bonstetten a loué un appartement près de Pembroke: il mange tous les jours avec Gray, vient chez lui à toute heure, travaille dans sa chambre et leurs soirées se passent en interminables conversations, en lectures, où les « explications » se mêlent aux « tendres querelles ». Gray lui fait comprendre l'anglais, lui révèle Shakespeare, lui parle en termes élevés « de Patrie et de Vertu ». Il n’a jamais vu pareil garçon, n'a jamais été aussi expansif, ni aussi heureux‘.

Ce bonheur fut de courte durée. En mars, de Bonstetten fut rappelé par son père. Le mercredi 21, Gray l’accompagna à Londres, y passa deux jours avec lui, et le 23, à l'aube, l'embarqua dans la diligence de Douvres. Il rentra à Pembroke le 1% avril, en proie à la plus grande détresse. Il demanda à Nicholls le secours de son amitié. Nicholls l’invita à Blundeston, lui proposa un voyage pour la belle saison. Îl voulut reprendre ses études, se rappela une demande que lui avait adressée Thomas Warton pour son Histoire de la Poésie Anglaise, et rédigea un plan de son ancien projet, qu'il lui fit transmettre par Hurd le 15 avril. Dans la semaine du 20, :l va à Blundeston; revient le 4 mai, sans avoir pu trouver d’apaisement à sa tristesse. Ses déplacements témoignent une extrême nervosité. [Il ne peut rester à Cambridge, repart aussitôt pour Londres, où il essaie de se distraire avec ses amis. Il va à plusieurs reprises chez Palgrave sans le trouver; déjeune avec Lord Strathmore, Thomas Lyon et sa femme; est importuné par le jeune Marquis de Villevielle, qui s’est mis en tête de traduire ses poèmes en français; dîne (20 mai) à Hampton Court avec Stonhewer. Il s'inquiète des lettres étran ges qu il reçoit de de Bonstetten. Il souffre de maux de tête, de petits accès de goutte. Il quitte Londres le 31 mai, s’arrête à Cambridge, va passer quinze jours à Aston, revient à Cambridge (s. 15 juin). Il reçoit de Beattie quelques strophes du Minstrel et son Essay on Truth; prend à peine le temps de les lire. Il arrête, avec Nicholls, les détails du voyage projeté dans l'Ouest; ils partent ensemble au début de juillet.

Voyage dans l'Ouest. Ce voyage, mal connu, dura environ six semaines. Îls visitèrent « cinq des plus.beaux comtés du royaume » (Worcester, Gloucester, Monmouth, Hereford,

61. Cf. lettres citées par Marie L. Herking, dans son Charles Victor de Bonstetten, Lausanne, 1921, pp. 68 & sq.

Shropshire). Le principal attrait en fut la descente de la Wye en bateau, de Ross à Chepstow, « suite de merveilles inexprimables » (Monmouth et son magnifique vallon, Tintern Abbey, Perceñeld). Ils visitèrent les trois cités d'Hereford, de Gloucester et de Worcester, et leurs cathédrales: Abergavenny, les Châteaux de Raglan et de Chepstow, Ludlow, Malvern (où Gray lit le Deserted Village), Hampton Court, près de Lemster; les Leasowes et Hagley‘?. Au retour, ils s'arrêtèrent deux jours à Oxford. Gray demeura encore quinze jours à Londres et rentra à Cambridge dans la semaine du 17 août, enthousiasmé de son voyage, pour y retrouver « le calme mortel », et Brown « non pas mort, mais endormi ».

Il a cependant quelque courage, va à la bibliothèque de l'Université, y fait des vérifications pour Walpole, reprend son histoire naturelle. À la fin de septembre, Nicholls et sa mère vinrent le voir; il les accueillit avec joie. Maisil se plaint bientôt de « dérangements fiévreux »; en octobre, de la goutte. Il doit passer tout le mois dans sa chambre; en novembre, il n'a pu sortir qu'une fois, s’est enrhumé, tousse jour et nuit, ne peut dormir.

À la fin de l’année, après avoir assisté aux funérailles de Long (mort, le 16 décembre, à 90 ans), il va à Londres (s. 28 déc.) et rend visite à Walpole, qui prépare le quatrième et dernier volume de ses Anecdotes of Painting.

Rentré à Pembroke dans la semaine du 11 janvier, il reprend sa vie calme, applaudit à l'élection de Brown comme successeur de Long, continue son journal météorologique. Avec Nicholls, dont il dirige les lectures par correspondance, il songe à aller en Suisse, en été, pour revoir de Bonstetten. En février, il reçut de Beattie le premier livre du Minstrel terminé, et lui en adresse une critique minutieuse. Au printemps, il salue l’arrivée des hirondelles et le premier chant du rossignol.

Le déclin. Dans la semaine du 17 mai, il revient à Londres, y trouve Walpole, et Mason qui y a passé l'hiver. Il ne comptait rester qu'une quinzaine de jours, mais est retenu par son état de santé : il est fiévreux le matin, souffre d’une inflam-

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