Ibid
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de fausse modestie qui les condamne (MM III 70-1). Il ne nous offre qu’un seul échantillon de la correspondance avec Brown; celui où il apparaît qu'Algarotti, le célèbre dilettante italien, considère Mason comme «un génie peu ordinaire » (MM IV 91). Aülleurs, il emploie tout une mise en scène pour introduire un jugement de Gray, «trop précieux pour être supprimé », sur son Caractacus (ibid. 19); pauvre artifice pour faire la leçon à un public qui a tièdement accueilli sa pièce, pour la réhabiliter sous l'autorité du maître. Maïs s’il publie l'éloge, il supprime la critique, les longues notes où sont relevés ses solécismes, ses impropriétés, son affectation, ses vers boiteux:;. où nous trouvons pourtant de bien précieuses indications sur le goût de Gray, sa méthode de composition, son sentiment de l'harmonie et de la forme (TL I 357-64). La confection de certaines lettres est suggestive. Un certain paragraphe, gauchement raccordé à une certaine lettre, a fort intrigué les éditeurs . ]l apparaît aujourd'hui que ce paragraphe est tiré d’une autre lettre, elle-même escamotée**. Pourquoi ce subterfuge? Parce qu’au début de cette lettre Gray plaisantait Mason un peu rudement sur son prochain mariage; le mettait dans une posture dépourvue de dignité. Parce qu’à la fin il corrigeait son sonnet au Comte de Holdernesse. Il ne fallait pas qu’on sût que Gray corrigeait ses sonnets; mais 1l importait de garder à tout prix le paragraphe en question, où l’on apprenait que « M. Helvétius, dans le troisième chapitre de son troisième Essai de l'Esprit », avait eu l’audace — quel honneur ! — de « plagier » son Elfrida. Bien plus, afin que cet événement littéraire prît une importance que personne ne songeait à lui donner, Mason, si sobre en général, consacre neuf pages de notes à l’expliquer (MM IV 83-91).
L'œuvre de Mason n’était pas absolument sans mérite ni sans intérêt à son époque. Mason a compris et montré la valeur autobiographique de la correspondance de Gray; il donnait