En anglais, dans l’original
3. Die Konige Mentuhotcp und Antef, ap. Æ. Z., XXXIII, 77 sqq.
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Or cette conquête peut fournir des indications pour un nouveau classement de la famille qui l’a accomplie. Il est possible d'après les monuments contemporains de déterminer si le règne d’un roi donné tombe avant ou après la conquête du Nord. Soumettons à cette épreuve les quatre Mentoul.iotep connus de nous1 2. Ce sont Nb-htp (Nebhetep), Nbhrw-R' (Neb-kherou-Re'), S'nh-k’-R' (Sânkh-ka-re) et Nbt’wy-R' (Neb-taou-irec). Le Papyrus de Turin place Nb-hrw- R' et S'nh-k’-R' ensemble à la fin de la dynastie, et dans l’ordre où je les ai nommés. Dans les listes de Sakkara et d’Abydos, ce sont les seuls rois de la XIe dynastie qui soient nommés; ajoutez que le prestige de Nb-hrw-R' fut tel, que dans la tradition du Nouvel Empire, on le regardait comme le fondateur et l’organisateur de la monarchie thébaine (L., D., III, 2 a, d). Il est nommé au Ramesséum, côte à côte avec Ménès et Ahmose Ier, et reçoit les mêmes honneurs qu’eux. Il est évident qu’il doit avoir gouverné tout le pays; de son temps la conquête du Nord était chose ancienne. Les monuments de son successeur, S'nh-k’-R', montrent clairement qu’il a régné lui aussi dans la période après la conquête. A Hammamat scs inscriptions (L , D., II, 150 a = Golenischeff, Hainrn., XV-XVII, 9-10) spécifient qu’il leva des hommes, pour le travail des carrières, dans le territoire entre Oxyrhynchus et Gebelên, montrant que toute la Haute-Égypte était de fait en son pouvoir. De même pour ce Henou, qui avait charge du travail à Hammamat, le fait qu’il se vante d’avoir « dompté les H’-nbw » (1. 8) montre qu’il a dû gouverner le Delta.
Dans le cas de Nb-htp, nous trouvons une preuve évidente et jusqu’ici non remarquée, de sa position dans la famille. Des fragments5 de son temple, aujourd’hui disparu,
1. Il est à peine besoin de dire, à quiconque l’a examinée, que la liste de Karnak ne peut servir à une telle reconstruction, puisque son ordre n’est pas chronologique.
2. Actuellement au Caire; publiés (très négligemment) par Daressy
ont survécu à Gebelèn, utilisés pour le puits d’un temple ptolémaïque sur le même emplacement. Un des blocs représente Nb-htp assommant un ennemi, que désigne l’inscription : « Prince de Tehenou et ... (?) ». Il aurait pu difficilement battre les Libyens, s’il n’avait été maître du Delta. Une autre scène remarquable, donnée par un autre bloc, est tout à fait décisive; ici Nb-htp abat quatre ennemis; trois d’entre eux sont désignés comme Nubiens, Asiatiques (Sttyw), Libyens, tandis que le quatrième, qui n’a pas d’inscription, est un Égyptien ! Au-dessus court l’inscription suivante, qui est significative : « Enchaînant les chefs des Deux Pays, capturant le pays du Sud et le pays du Nord, les contrées étrangères (hlsijwt) et les deux régions (ydbwy), les Neuf Arcs et les Deux Pays ». Nb-htp fut donc le roi qui acheva la conquête du Nord. Pour la première fois depuis les guerres des rois des premières dynasties avec le Nord, nous avons ici un Pharaon qui se glorifie ouvertement de ses victoires sur les Égyptiens, et qui n’hésite pas à représenter ses compatriotes défaits, parmi les barbares méprisés qu’il avait conquis. Il est donc parfaitement certain, que Nb-htp doit être placé avant Nb-hr\v-Rc. Nous ne pouvons pas cependant lui donner la place de prédécesseur immédiat de ce roi ; car dans un basrelief contemporain, à Shatt-er-Regâl ', Nb-hrw-R‘ est figuré recevant l’hommage d’un roi vassal de sa propre famille, un ’Intf inconnu par ailleurs. Ce corégent Tntf ne peut pas avoir été le successeur de Nb-ljrw-R', pour cette raison que le Papyrus de Turin indique S'nh-k’-R' comme successeur de Nb-ljrw-R'. Cet Tntf inconnu fut donc le prédécesseur de Nb-ljrw-R', qui a pris sa place, mais lui a
(Rm., XIV, 26, XVI, 42), beaucoup mieux par Erazcr ( PSBA ., XV, 494, n" XV). — J’ai eu le bonheur d’utiliser une copie faite pour le Dictionnaire par Erman.
1. PSBA., 1881, 99-100 ; Petrie, Scason , XVI, 480; Maspero, Hist.,
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permis de régner pour un temps comme vassal. Nous pouvons donc regarder comme certain l’ordre des rois qui suit :
Nb-htp le vassal ’Intf Nb-hrw-R'
S'nh-k’-R'
Mais il est toujours douteux qu’il n’y ait pas eu un règne ou deux entre Nb-htp et le vassal ’Intf ; nous reviendrons plus loin sur cette question.
Avant de discuter la position de Nb-t’w-R', le seul Mentouhotep qui reste des quatre, examinons les positions qu’il faut assigner aux ’Intf qui restent. Comme Steindorff l’a montré dans ses conclusions, nous n’avons à côté du vassal ’Intf, que deux autres ’Intf, appartenant à la XIe dynastie d’après les monuments : ce sont le nomarque ’Intf, et Horus W’h-nh-’Intf. Pour le premier, son titre indique évidemment qu’il devait être le chef de la famille avant qu’elle assumât le pouvoir ; la liste erronée de Karnak ellemême place comme nomarque cet ’Intf au commencement de la XIe dynastie. Quant à Horus W’h-'nh, il a régné avant la conquête du Nord ; et il a commencé lui-même cette conquête. Sa stèle funéraire1, érigée dans la cinquantième année de son règne à Thèbes, constate ce qui suit : «... Sa frontière Nord s’étend aussi loin que le nom d’Aphroditopolis2 3. J’ai enfoncé le poteau d’amarrage (c’est-à-dire, j’abordai ')
1. Mariette, Mon. dio., pl. 49, cf. p. 15; De Rougé, Inscr. hier., pl. 161-162.
2. Lisez « le Serpent et la Plume » : les laits relatés rendent certaine cette lecture. W’h-'nh parle ici de l’établissement de sa frontière nord. L’inscription de’Intf-ykr (voyez infra, p. 217) montre queW’h-'nh régnait au nord jusqu’à Akhmin, qui est juste de l’autre côté de la ri vière, par rapport au nome d’Aphroditopolis; ce dernier nome est juste au nord du nome Thinite.
3. Comp. Sharpe, Inscr., I, 79, I, 14; Pap. Ebers, 58, 9, et Sethe, Verbum, I, 259.
dans la vallée sacrée, je pris le nome Thinite tout entier, j’ouvris toutes ses forteresses (ou prisons). Je fis là’ la porte du Nord ». Cette porte du Nord est naturellement sa frontière Nord, correspondant à la « porte du Sud » d’Éléphantine, qui est connue depuis la VIe dynastie. La « porte du Nord » d’W’h-'nh dans le nome d’Aphroditopolis, n’a pas été sans doute autre chose que la « forteresse de la porte du Sud », qui, pour Tefibi de Sioutb était la frontière du Sud, à peu près à la même période, c’est-à-dire vers le terme de la suprématie héracléopolitaine. Mais W’h-'nh, évidemment, ne poussa pas la conquête plus loin durant sa vie, si ce point était sa frontière au moment de l’érection de sa stèle funéraire dans sa cinquantième année. Du fait que la conquête du Nord était incomplète en son règne, il faut le placer avant Nb-htp, qui acheva cette conquête, et après le nomarque ’lntf.
Nous avons maintenant déterminé les positions relatives de six rois de la dynastie. Celle de Nb-t’wy-R' reste encore incertaine. On a admis ordinairement que le Papyrus de Turin assigne six rois à la XIe dynastie; en ce cas, nous n’aurions pas de place pour le Mentouhotep qui reste. Mais en fait le Papyrus laisse voir sous le sixième nom de fortes traces d’un septième; les restes de dans le titre précédant le nom, sont particulièrement nets. Or les monuments de Nb-t’wy-R' indiquent clairement qu’il régna sur tout le pays. Pour ses opérations dans les carrières d’Hammamat, il n’employa pas moins de dix mille hommes, dont trois mille venaient du Delta: et ses artisans d’élite étaient tirés de « tout le pays ». Il nous faut donc le placer après la conquête du Nord, c’est-à-dire après Nb-htp. Nous avons laissé une lacune possible entre Nb-htp et le vassal ’lntf. Mais l’extension des opérations de Nb-t’wy-R' à Hammamat est
1. Le nome Thinite est masculin ; donc la phrase Ir n s se rapporte sûrement au nome Aphroditopolite.