‹ Chronologie égyptienneChapitre 113 sur 179 · Golenischeff, Hammamat, pl. X, 1 (= L., D-, 149 c · texte numérisé non relu

Golenischeff, Hammamat, pl. X, 1 (= L., D-, 149 c

S'nh-k’-R' Mentouhotep' III 28 + x ans Nb-t’wÿ-R' Mentouhotep IV 2 + x »

Au point de vue de la chronologie, cette reconstitution 1 répond à toutes les exigences : d'après la stèle2 de ’lntf-ykr à Leyde, nous savons que le bisaïeul de cet homme avait été nommé à un poste de scribe dans le nome Thinite par W’h-'nh. En estimant une génération à trente ou trente-cinq ans, nous pouvons dater en gros la nomination du bisaïeul d”Intf-ykr, de 120 à 140 ans avant l’érection de la stèle d”Intf-ykr à Abydos, qui eut lieu pendant la 33e année de Sésostris Ier, c’est-à-dire 53 ans après l’avènement de la XIE dynastie. Sa nomination tomba donc, en gros, dans la période de 67 à 87 ans avant la chute de la XIe dynastie ; si l’événement s’est passé vers la fin du règne de W’h-'nh, l’avènement de ce dernier peut avoir eu lieu au plus tôt 137 ans avant la chute de la XIe dynastie. Ceci est confirmé par les dates subsistantes des règnes de ses successeurs, qui montrent que sa mort ne pouvait pas avoir eu lieu plus tard que 80 ans (au minimum 76) avant l’avènement de la XIIe dynastie. Or le Papyrus de Turin donne au moins 160 3 ans de durée à la dynastie; les 23 ans nécessaires pour arriver au total, peuvent appartenir au règne du nomarque Tntf qui précéda W’h-'nh. On pourrait noter que la guerre pour la conquête du Nord peut avoir été achevée quatre-vingts ans avant la fin de la XIe dynastie. »

Je n’ai qu’un mot à ajouter à l’exposé de Breastcd, c’est

1. Gardiner a démontré ( PSBA ., XXVI, 1901, 75) que S'anchkere' portait le nom personnel de Mentouhotep,

2. Leemans, Description des Mon. à Letjdc, p. 264-266; De Rougé, Rcc. arch., 1” série, VI, 560; Piehl, Inscr., III, xxi-xxii.

3. Il est certain que ce total se rapporte à la XI” dynastie. Il précède immédiatement la XIIe dynastie, et comme un autre total précède immédiatement la XI" dynastie, la somme 160 (+ x) se rapporte nécessairement aux règnes de la XIe dynastie.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

que je ne suis pas convaincu que le nomarque Antef ait figuré au Papyrus de Turin. Son titre à une place dans le Papyrus repose uniquement sur ceci, que dans la table de Karnak, après les rois de la VIe dynastie le 1 | n ^ ^ Jj j'J « prince (rp'ti) Antef » apparaît, avec le cartouche, mais sans le titre de roi. En lui je verrai, suivant l’opinion courante, l’ancêtre de la XIe dynastie, un prince du district thébain, qui a posé les fondements de la dynastie. Il peut très bien avoir été un des deux princes Antef2 connus par leurs inscriptions tombales. Mais officiellement tous deux ne sont que les vasseaux d’un suzerain ’, quelque indépendants qu’ils aient pu être en réalité; par conséquent ils n’avaient aucune place à revendiquer dans une liste chronologique des rois d’Égypte. Sur la liste de Karnak, qui paraît garder ici passablement l’ordre chronologique1, les princes Antef sont suivis de trois souverains portant le titre d’Horus (nos 13, 14, 15), un Mentouhotep* et deux Antef; ils n’ont

1. N° 9, Merenre' ; n° 10, Pepi ; n° 11, un nom détruit ; n° 12, le rp'ti Antef.

2. Steindorff, Æ. Z., 33, 81. Le premier est celui mentionné par Breasted, p. 158.

3. Le premier s'appelle : « rp'ti hati'a, prince @) du district de Thèbes, qui emplit le cœur du roi, défenseur de la porte du Sud, grand

pilier qui fait vivre ses deux terres ^ | ^ qui l’aiment, le grand

prêtre Antef » (Mariette, Mon. div., 50 b) — titres qui ne sont pas supérieurs à ceux d’Amenemhet sous Nebtawire' ni à ceux d’autres vizirs, etc. Le second porte exclusivement le titre habituel de nomarque.

4. Sur la ligne voisine se trouvent les rois de la XIIe dynastie, depuis Amenemhet Ier, mais d’une façon toute confuse. Nebchroure' ^Mentouhotep II, n° 26) est comme Sesostris Ier (n° 31) égaré à la qua

trième ligne, et le J . Antef de la 1. 3 (n" 17 Lepsius, plus correctement n” 22) après la dyn. XIIe, sera un souverain de la XIIIe dynastie aussi bien que Noubcheperre' (n" 27 à la ligne 4). Cf. Mariette, Mon div-, 50 a; Pap. Abbott et le décret de Koptos (Steindorff, t. cit., p- 83)

5. Il n’est pas douteux que le nom, dont le commencement seul : été conservé ru^umv doive être complété ainsi, quoi qu’en dise Steindorff l. cit., p. 79.

donc pas, du moins pour le rédacteur de la table, la titulaire royale régulière, mais, sortis des dynasties locales, ils sont en voie d’acquérir la royauté de tout le pays avec des noms royaux réguliers. L’un d’eux sera Horus Wah'anch,

l’Antef II de Breasted. L’autre aurait, d’après mon appréciation, tous les droits à être compté à la place de nomarque, comme Antef Ier1. Il est très vraisemblable que les premiers Thébains, qui osèrent usurper la royauté, ont été précédés de beaucoup d’autres, qui étaient indépendants en réalité des Hérakléopolitains, et qui peut-être leur firent plusieurs fois la guerre, sans oser toutefois franchir le pas décisif, c’està-dire prendre au moins la moitié du titre de roi. Ce qui le ferait croire, c’est que Manéthon attribue 16 rois à la XIe dynastie, si toutefois on peut attacher quelque certitude à ce nombre.

D’ailleurs ceci n’intéresse pas notre démonstration ; l’important pour nous c’est l’hypothèse présentée par Breasted, d’après laquelle Nebtaouire* Mentouhotep IV a régné après S'anchkere'; que, par conséquent, la dynastie comprenait sept rois dans le Papyrus et que la fin du fr. 61 (+63) est à remonter une ligne plus haut que le commencement du fr. 64.

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