PREMIER ESSAI DE RECONSTRUCTION DES COL. 4 ET
Dans cette hypothèse, voici comment se présenterait la reconstruction de la col. 5. Si nous plaçons le fr. 61 de la façon indiquée au-dessus du fr. 64, il restera entre le fr. 59, qui contient un morceau du bord supérieur’, et le fr. 61 trois lignes perdues d’une largeur moyenne de 15m,n, dont
1. L’Antef de Aitt-er-Regal porte le titre royal « Fils de Re' » hors du cartouche, mais n’a pas de nom d’avènement J
2. Le petit fr. 60, qui ne contient que la fin d’un titre de roi (le verso
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
la première, à la fin du fr. 59, conserve encore un reste minime du signe de roi. Le total du fr. 61, ligne 1, vient donc à la ligne 10 de la colonne, et des 18 rois de cette dynastie, il y en avait neuf indiqués sur cette colonne.
Or, à la fin de la col. 4, appartient sans aucun doute le fr. 46 + 47', commencement de dix lignes, dont la première contient les restes d’une rubrique rouge'2, par conséquent la suscription de la dynastie; donc, il y avait là également neuf noms de rois. La dynastie est celle des Hérakléopoli tains, ce qu’indique le nom Achthoes au fr. 47, 1. 2.
La partie supérieure de la 4e colonne est assurée par les fr. 59 et 61. Le fr. 59 contient six lignes, dont la seconde n’est pas écrite; entre lui et la première ligne du fr. 61 manquent trois lignes, de 14mm de largeur. Les morceaux conservés des deux fragments montrent que la colonne était d’une écriture un peu plus serrée que la col. 5. Au fr. 61, la partie inférieure, dans la col. 4, n’est pas écrite; le raccordement avec le fr. 46 montre que la fin du morceau sans écriture correspond avec la première ligne du fr. 46, où était le titre de la dynastie; entre celui-ci et la dernière ligne écrite, il y avait place pour deux lignes de I5mm de largeur. — D’après cela, la col. 4 a donc eu 28 lignes, la col. 5 seulement 26, car elle présente, comme je l’ai déjà mentionné, des intervalles de lignes plus larges; d’ailleurs dans le milieu du fr. 61, où l’écriture de la col. 4 empièt< sur la colonne voisine, il y a presque une ligne entière perdue.
n’est pas écrit), n’a pas besoin d’appartenir à cette colonne. Wilkinso n’indique pas qu’il est de la même fibre que le fr. 59, dont Seyffart l’a rapproché.
1. L’examen du verso établit aussi que c’est le morceau terminal.
2. Dans un exemplaire de l’édition de Wilkinson, qu’Erman pof sède, la rubrique rouge n'est pas venue à cette place. — Mais si l’exemplaire de la Bibliothèque royale (de Berlin), elle est très fort* ment indiquée. Le cas se représente d’ailleurs assez souvent.
Des autres fragments, que Seyfïarth a placés à la col. V (= 4), le fr. 41 (cf. p. 161, n. 3) et le fr. 42 n’y appartiennent pas assurément1 2, mais bien, d’après la teneur des noms, les fr. 43 et 48 (qu’on avait, à contre-sens, réuni au fr. 47). Ce dernier contient à la ligne 1 l’indication d’un changement de dynastie ; à la ligne 2, on trouve, loin vers la gauche, de sorte que l’écriture de la colonne précédente doit avoir empiété sur la suivante, le nom, caractéristique pour les VE et VIIIe dynasties, Nefcrkere' ; et aux lignes 3, 4 et 5, on a les restes de trois autres noms. Quant à la iligne 2, elle ne se laisse placer nulle p.irt sur la colonne 5, ni à côté du fr. 46; l’unique place où elle pourrait se rapporter, c’est un peu après la fin de la VIe dynastie. Si nous la plaçons après la ligne 7, alors dans le Papyrus, à la suite de Menthesouphis (qui régna 1 an 1 mois), le successeur du centenaire Pepi II, vient un changement de dynastie, et la ligne s’insère à coté de la remarque qui se rapporte à Honni (à la col. 3, ligne 8), qui peut très bien avoir empiété sur la col. 4. Concluons : nous n’avons qu’une médiocre certitude sur la position du fragment.
Quant au fr. 43, il contient quatre noms de rois, et parmi
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eux, à la première place, Nt-’aqert (1 , qui est
certainement1 la reine Nitocris, l”A9r)vâ vi/Tj'pôpo; d’Eratosthène. D’après Manéthon et Eratosthène (les seuls auteurs qui la mentionnent), elle succéda à Menthesouphis et fut le dernier souverain de la VIe dynastie; aussi a-t-on (généralement placé ce fragment immédiatement après le
1. Tout aussi peu que les fr. 35-40. Quant aux nombres (de jours) en partie écrits, en partie non écrits des fr. 49-58, il n’y a qu’une chose à dire, c’est qu’ils n’appartiennent pas à. la place que les éditeurs leur ont donnée. De môme, c’est à faux qu’on a rapproché le morceau non écrit 45 (qui porte des restes de signe rouge), du fr. 40 (plus haut, p. 170, n. 3).
2. Quoique la première partie du nom ne soit pas écrite avec le signe ordinaire de la déesse Neit, mais par des signes phonétiques.
fr. 59. Aujourd’hui la place est occupée par le fr. 48, et sur la col. 4, il ne reste ni pour le fr. 43, ni pour Nitocris aucune place1 2. Que le fragment ne peut appartenir à cette colonne, c’est ce que prouve le verso, qui contient la fin de quatre lignes et ensuite un grand espace vide, tandis que pour le reste le verso de la col. 4 forme la première moitié d’une colonne large, à écriture serrée’. Par contre, le verso va très bien avec la col. 5, et la seule place où on puisse le mettre, c’est à la fin du fr. 59 3 4 . Les quatre noms qu’il contient sont donc les quatre derniers de la dynastie hérakléopolitaine du Papyrus. Si cela est exact, alors Nitocris a été mise à une fausse place dans Manéthon, peut-être sous l’influence du nom de Neterkere', qui, dans la Table d’Abydos, suit Menthesouphis h La partie supérieure de la col. 4 dans le Papyrus contient 13 noms de rois, qui correspondent aux dynasties manéthoniennes VI et VIII. Ensuite vient, ligne 14, fr. 61, le nombre 181, qui ne peut que représenter la somme des années de ces 13 rois (en fait, il reste une trace de la fin du mot année). Puis, suivent deux lignes avec des annotations, qui empiètent sur la [colonne voisine, et encore deux lignes
1. On pourrait donc admettre qu’il y a eu deux reines de ce nom, et pour faire une place à la première (que n’a pas conservée le Papyrus), abaisser le fr. 48 d’une ligne.
2. Le verso du fr. 48, au contraire, va bien à la place indiquée, audessus du fr. 44.
3. En supposant que le petit fr. 60 (plus haut, p. 219, n. 2) n’est pas à sa place ici. On pourrait naturellement toujours, en désespoir de cause, renvoyer le fragment à la XIIIe dynastie; mais à cause des noms (1. 2 Neferka, 1. 3 Nefer-es), ce n’est pas vraisemblable.
4. Il est impossible de dire si la légendaire reine Nitocris d’Hérodote a quelque chose de commun avec l’ancienne souveraine (le nom se présente encore, comme on sait, sous la XXVIe dynastie). Quant à cette donnée de l’Epitomé manéthonien, qu’elle aurait bâti la troisième pyramide, c’est une légende tardive et peut-être une interpolation qui vient d’autres sources (l’Africain dit que c’est un fait; Eusèbe croit la chose problématique et se sert du mot XéfSTat).
dont la fin reste en blanc ; et, seulement après, le titre de la dynastie suivante. C’est donc là la plus importante division du Papyrus ; pour le total des dynasties VI (+ VIII), il n’y a pas moins de quatre lignes qui suivent avec de longues remarques, jusqu’à ce que vienne le titre de la nouvelle dynastie.
Seyffarth a placé encore ici le fr. 44, qui contient quatre lignes avec les totaux et les remarques attenantes ; et ces totaux nous font revenir en arrière jusqu’à Ménès. D’après l’intervalle des lignes et l’écriture, ce fragment ne peut appartenir à l’une des colonnes suivantes, ni à une place antérieure. Car le total des plus anciennes dynasties, jusqu’à Ménès, se trouve col. 2, 1. 10, 11, et celui des cinq premières dynasties manéthoniennes, à la fin de la col. 3. La place adoptée par Seyffarth est donc la seule possible ; c’est aussi la seule, comme le montre le fr. 61, où une somme de cette sorte comporte plusieurs lignes. Le verso aussi concorde très bien pour les fr. 61 et 46 + 47, bien que la restauration d’un ensemble ne puisse pas plus se faire ici qu’ailleurs. Je considère donc la place du fragment comme absolument certaine.
A la ligne 4 du fragment se trouve nettement' le nombre « 955 — ce ne peut être que des années — 10 + x jours » . Il est clair que ce chiffre ne peut être que la somme de toutes les dynasties précédentes depuis Ménès. Ici se trouve donc conservée une date d'une valeur inestimable.
Naturellement, on ne peut pas dire avec certitude comment le fr. 44 se réunit au fr. 61 ; il y a deux possibilités, et je tiens pour la plus vraisemblable la combinaison proposée à la planche V. Viennent ensuite les 1. 14 à 18 (les rubriques rouges sont soulignées) :
1. Il n’y a aucun doute, d’après Erman et Moller, que le premier signe soit 900.
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