Æ. Z ., XLII, p. 132 sq
4. Bulletin de l’ Institut français d'archéologie orientale , V, p 39.
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re' Mentouhotep V. Sethe a cherché à s’appuyer sur l’hypothèse que les Antef seraient devenus vassaux de ce roi, tel que l’ Antef bien connu du bas-relief de Shatt er- Rigâl, qui, dans tous les cas, vivait sous Mentouhotep V ; alors, le fils d’Antef Y, S'anch-ke-re', aurait succédé à ce dernier comme roi suzerain’. Mais cette hypothèse est absolument inadmissible. En effet, Ouah-'anch Antef IV a régné au moins 50 ans, et, pendant qu’il résidait à Thèbes et qu’il faisait sa sépulture à Drahaboulnegga, attestant par ces monuments sa souveraineté et celle de son fils sur la Haute-Égypte d’Abydos (Thinis) à Eléphantine, — dans le même temps, le roi de la Haute -Égypte Mentouhotep V aurait résidé également à Thèbes et construit là le grand temple que Naville a découvert à Der el-Bahari. Ouah- 'anch Antef IV se vante, dans sa stèle funéraire, « d’avoir établi sa frontière Nord dans le Xe nome (Aphroditopolis) et d’avoir conquis tout le VIIIe nome (Thinite) »\ Ce succès ne peut pas avoir été obtenu contre Mentouhotep V, qui était au contraire sûrement roi de l’Égypte entière, mais, comme Breasted l’a montré, contre les derniers Hérakléopolitains, ce qui concorde avec le témoignage des
1. Je n'admets pas l'hypothèse de Gauthier, qui intercale encore un éphémère roi Sneferkere' après le dernier. Le roi qui porte ce nom sur la table de Karnak (n“ 30) appartient probablement à la VIIIe dynastie.
2. Cf. Breasted, supra , p. 214. Une confirmation est donnée par la nouvelle stèle de Teti, d’après laquelle la puissance d’Antef IV s’étendaitau Nord jusqu’au nome Thinite. Dans une remarquable inscription, trouvée par Petrie ( Dcnclcrah , pl. XV, Caire, n° 20543), le territoire que l’épouse royale (sans cartouche) Neferkait tenait de sa mère « la comtesse des gens d’Eléphantine à Aphroditopolis », avait la même étendue. Le trésorier de Neferkait à Denderah, Chnoumerda, adresse à, sa maîtresse une prière « pour son double sur son grand trône, en vue de millions d’années de vie comme Re' » en des termes qui ne peuvent s'appliquer qu’à une reine. Elle était donc devenue la véritable héritière du royaume. On pourrait présumer quelle avait peut-être épousé Antef IV (qui pouvait être en même temps son frère cadet, comme cela se passa pour Ha'tsepsout) ; mais, à la vérité, le détail de ces faits reste obscur.
inscriptions de Siout, qui décrivent ces luttes vues du camp opposé. Ainsi est-il certain qu’il faut placer les Antef avant les Mentouhotep, et que, comme le remarque Gauthier, l’Horus S'anch-. .... fils d’Antef V, n’est pas identique avec S'anch-ke-re'. Une nouvelle preuve en est cette inscription du British Muséum citée par Naville', où ce roi a gardé son nom complet « Horus S'anch-jeb-taoui, fils de Rec, Mentouhotep (II) »; dans ce texte « Horus Ouah-'anch, fils de Re', Antef le grand (VI) » et « Horus Necht-neb-tepnefer, fils de Re‘, Antef (V) », apparaissent aussi comme ses prédécesseurs.
Quelques nouveaux éclaircissements nous sont venus de la publication de Naville sur les fouilles de Der el-Bahari. Le grand temple funéraire, qu’il y a découvert, a été bâti par Neb-chrou-re' Mentouhotep V.Mais, derrière ce temple, au pied de la falaise rocheuse, se trouve une salle à colonnes qui contient un tombeau royal (cénotaphe?) et plusieurs tombes et six chapelles pour le culte funéraire de femmes du harem, qui étaient aussi des prêtresses d’Hathor, la déesse de ces lieux. Ces chapelles étaient construites à l’intérieur du mur d’enceinte du temple pyramidal de Neb-chrou-re'. Sur leurs murs est gravé le nom de Roi O V37 ^ (sans le cartouche) Neb-hepet-rec , avec le nom personnel (dans le cartouche) Mentouhotep, et celui de son épouse 'Asait (pl. XVIIe). Au début, Naville avait identifié ce nom avec celui de Neb-chrou-re', dont il lisait alors le nom Nebl.iepet-re' (cf. supra p. 225, n. 1); aujourd’hui, il y voit le successeur de ce dernier et Hall suppose qu’il avait changé le plan primitif de construction du temple. Mais il ressort de la description des fouilles, que la partie de derrière du grand édifice est aussi la plus ancienne, et qu’à l’origine elle avait un plan complètement indépendant du
1. Naville and Hall, The XPh Di/nnsh/ Temple nt Dcir el-Bahari,
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reste. Nous ne savons pas quel développement extérieur on avait conçu pour cette construction, puisque Neb-chrou-re' a masqué l’édifice de Neb-hepet-re', en élevant par devant son grand temple funéraire, mais il a épargné autant que possible la vieille annexe et les chapelles des femmes. Cela ressort de la façon dont elles sont encastrées dans le grand mur d’enceinte de la cour à colonnes de la pyramide, (la porte du mur n’a pas été placée à sa place symétrique pour épargner les chapelles, cf. p. 34), — et aussi de ce fait très probant que plusieurs piliers de la colonnade ont comme base des tombeaux appartenant aux chapelles (p. 34). En conséquence, le roi Neb-hepet-re' est donc bien un prédécesseur de Neb-chrou-re'.
Neb-hetep-re' Mentouhotep est connu par ailleurs. Naville publie à la p. 7 un fragment trouvé par Daressy à Thèbes
où son nom est écrit
A m (le même nom
d’Horus se retrouve pl. XIIk, mais Naville croit, à tort, y reconnaître le nom de la reine ‘Asait). Ce roi est aussi identique avec le souverain qui figure sur un bas-relief de Konosso (L., D., II, 150b) portant le même nom d’Horus, et un nom de
Roi queLepsius a lu V37 . Naville remarque avec raison
que cette lecture doit être erronée et qu’il y a là bien plutôt Neb-hepet-re', ce que confirme une photographie prise par Petrie en 1887 (Musée de Berlin n° Pli. 1544) où l’on voit clairement’ que le nom du roi se lit là aussi
Ce roi est encore le même qui apparait sur les fragments de Gebelên, où il est représenté triomphant des Libyens, Nubiens, Asiatiques et habitants de Pount* 1 2. Sur
1. La photographie montre que l’original a conservé uné plus grande partie des discours des dieux (debout de chaque côté du relief) que Lepsius n’en a donné. La publication par de Morgan ( Catalogue , I, p. 73) est tout à fait insuffisante et superficielle.
2. Daressy, Recueil de Traoaux , XIV, p. 26; XVI. p. 42. Écraser, PSBA., XV, p. 494, n" 15. Von Bissing-Bruckmann, Denkmàlern ncg. Sculpturcn, Taf. 33a. Cf. Breasted, supra p. 213 et Aiicicnt Records, I,
ce monument son nom d’Horus est plutôt un nom de Roi, mais sans le cartouche : /I ; dans le cartouche il y a
au contraire : « le fils d’Hathor de Dendera Mentouhotep »
Toujours au même per-
sonnage se rapportent sans doute les monuments de Konosso (L., D., II, 150e) et de Hammamât (L., D., II, 150fl) qui portent simplement « fils de Re' Mentouhotep » avec le cartouche (comme à Der el-Bahari, pl. XIIa), et la statue du roi en costume de fête Sed trouvée dans la tombe (cénotaphe?) de Bâb el-Hosàn à Der el-Bahari; son nom est donné (sur le coffre en bois qui en vient) avec la forme
O rn
sans le cartouche’.
Ainsi, sous Neb-hetep-re' la titulature royale ne présente donc pas encore la forme complète qu’elle aura plus tard ; elle reste indécise dans l’écriture; notons surtout que le nom du roi n’est encore jamais inscrit dans le cartouche. Cela permet d’établir que ce roi est antérieur à Neb-chroure' et aux autres souverains qui usent d’une titulature stéréotypée et complètement développée. Parmi ceux-ci, en dehors de S'anch-ke-re', nous avons Neb-taoui-re' Mentouhotep, connu jusqu’à présent par les seules inscriptions de Hammamât2; cependant, d’après Naville (p. 8), son
p. 423 II. Comme II. Schæfer le remarque, cette représentation de la puissance royale est un véritable cliclié, et Breasted en tire une conclusion exagérée s’il attribue au bas-relief le sens d’un événement historique. Le personnage, que Breasted prend pour un Egyptien, est bien plutôt un habitant de Pount, comme dans le monument de Newoserre' (ap. Borchardt, Grabdcnkmal (les Kônic/s Nc-uscr-re, p. 47, et pl. 12, 3 et 5); les deux types étaient représentés avec des traits pareils. Toujours est-il que ces bas-reliefs montrent que le roi émet la prétention de posséder la puissance pharaonique intégrale et la suzeraineté même sur les Barbares voisins de l’Égypte ; en réalité il commandait bien à toute l’Egypte.
1- Carter, Annules du Scrciee, II, p. 203. Nash, PSBA., XXIII, p. 292; Maspero, Le Musée èçjuptien, IL p. 25 sq. et pl. 9, 10.