‹ Chronologie égyptienneChapitre 12 sur 179 · Erman, AZ., XX; contrats · texte numérisé non relu

Erman, AZ., XX; contrats

donc avec l’entrée de l’obscurité, au jour qui précède la fête, mais la nuit elle-même est comptée pour le jour suivant. — Une autre confirmation des tables des heures thébaines nous est donnée par l’horoscope d’un papyrus de l’an 81 ap. J.-C., qui est établi d’après le calendrier fixe alexandrin, à propos de la 3e heure de nuit du 6 Pharmouthi (= 1er avril) commençant. Comme date parallèle égyptienne, d’après l’année vague, on donne le ler/2 Pachon'. En l’an 81 ap. J.-C., le 1er Pachon tomba au 31 mars julien ; la 3e heure de la nuit (d’après notre manière de compter, 31 mars, 9 heures du soir) doit alors, d’après le calcul alexandrin, être comptée pour le jour suivant (1er avril), tandis qu’elle se trouve, d’après la vieille désignation égyptienne, entre le 1er et le 2 Pachon.

D’après cela, il ne peut y avoir aucun doute sur le sens de l’inscription astronomique peinte au plafond du Ramesséum, où l’on dit du Soleil :

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« Il te (le roi Ramsès II) fait briller comme Isis-Sothis dans le ciel au matin du nouvel an1 2. » Il faut comprendre « le

1. Wilcken, Ostraka , I, 792 : ”Eto-jç rpi-ro-j Oso ü Tîtou <I>ap[xo06i ri} È7uçuxjxovcnr) ext ï) èju TptTY]ç Tr((; vvxto; topa;, t'o; Se 'PcojAatot ayo-jTt xaXxvSatç ’A7tpt).['aiç, xat’ apyaiou; Se IIa/(ôv vou|»]V(a sc; tt)v osvi-spav.

2. Lepsius, Denkm., III, 170 tsqq . ; Brugsch, Thés., I, p. 87. Brugsch (p. 90) explique (|(| (qu’il veut lire sebit, et non pas duait) comme

la onzième heure de la nuit, parce que dans les scolies sur Aratus (qui remontent à Tliéon d’Alexandrie (v. 152, Comm. in Ami., éd. Maass, p. 3(36) il est dit du jour de nouvel an égyptien : tôts yip (quand le soleil est dans le signe du Lion) èp-SaivEt -/.ai 6 NeEXo;, -/.ai ï) to-j Kjvô; èirttozY| nspi tï); ’llüi y.aza ÉvSÉxarqv ttpav çacvE-ai, xai Taérr,-/ àp/U etov; TiOsviai xai ty)v ’TdiBo; îepbv slvai tbv Kéva xai a-j-ryj tf|V éîtito Xr,v. Mais, pour les idées égyptiennes, cela ne prouve absolument rien ; car l’astronome grec Théon utilise naturellement un langage astronomique, d’après lequel le jour commence avec le lever du soleil. Ce n’est qu’au ciel du matin que Sirius devient d'abord visible, quand au commencement du crépuscule matinal il se lève environ une heure avant le soleil, c’est-à-dire astronomiquement à 11 heures de la nuit. Pour la vieille façon égyptienne

ANNALES DU MUSÉE GUI MET

matin qui précède le jour du nouvel an », et non pas, comme le demanderait la supposition d’Oppolzer, le matin qui suit.

Nous possédons maintenant assez de témoignages sur le jour normal du lever de Sirius. Us prouvent, comme Unger l’a reconnu ’, que ce jour passait pour être le 19 juillet (julien) : c’est à cette date que le Paraperjma, paru sous le nom de Géminos, marque le lever de Sirius en Égypte d’après le témoignage de Dosithéos2. Celui-ci vivait dans la seconde moitié du IIIe siècle av. J.-C. Comme Sirius se levait alors le 22 juillet à Alexandrie3, sa date ne peut pas reposer sur une observation personnelle, mais doit être seulement la date normale pour l’Égypte. C’est ce qu’indique aussi l’expression vague : èv AtyùuTcp, tandis qu’une observation de l’astre en Égypte fournirait nécessairement l’indication d’une localité déterminée où elle aurait été faite.

Le 19 juillet est aussi indiqué comme jour normal par Théon (IVe siècle)3; de même sous Constantin, par Hépliæs-

de compter les heures de nuit, c’est â la douzième heure de la nuit qu'il se lève, comme l’indiquent les tables horaires thébaines, c’est-à-dire à la fin de la nuit. Pour elles, le jour commence déjà avec le crépuscule matinal.

1. Chronol. des Manetho, 46 sq q . ; Zeit.rechnung der Griechen und Rômer, ap. Handbuch der class. Alterthumsw., I (1 Aufl.), p. 606, où Unger a pu, avec toute raison, citer comme une brillante confirmation de son opinion le décret de Canope, qu’on avait trouvé entre temps. Je regrette de m’être laissé séduire précédemment par l’autorité d’Ideler et de Lepsius, et encore dans le bref mémoire que j’ai donné sur les résultats de mes recherches, dans les Sitzungsbcrichten de 1904, où j’avais accepté sans contrôle le 20 juillet comme date normale.

2. Kapxîvov y. y (= 19 juillet) Aoa-iÔsm èv Aiyumto Ivltnv ètutéXXei ( Gcnuni elernentci astron., éd. Manitius, p. 212; Lydus, de Ostcntis, édit. Wachsmuth, p. 175).

3. Ptolémée donne cette date (ap. Apparitioncs, cf. Wachsmuth, Lijdus, p. 253) correctement pour le parallèle d’Alexandrie (28 Épiphi de l’année alexandrine = 22 juillet); pour le parallèle deSyène, il place le lever de Sirius correctement 7 jouis avant le 22 Épiphi = 16 juillet. A Memphis, il sa produit alors le 20 juillet (cf. surira p. 1 6 efc infra p. 28).

4. Sehol. Arat ., 150 (p. 366, éd. Maass) : Au 28 Épiphi (d’après le calendrier alexandrin = 22 juillet), le soleil entre dans le Lion, ois -/.ai

tion de Thèbes' (25 Épiphi alexandrin = 19 juillet), et ])lus tard dans l’Hémérologion d’Aetius Amidenus (VIe siècle)2. Enfin, cette même date est précisée encore par un document officiel et absolument authentique, le décret de Canope, d’après lequel, en l’an IX de Ptolémée Évergète (— 22 octobre 239 jusqu’au 21 octobre 238), le jour ïjpipa év r\

< Sothis),

éîUTéXXst TÔ àuTpov tô t7]ç 'lu io^ (hiérogl. rj vo[i.t^£Tat êià twv ispcov Ypap.p.âxo7v viov é’xoç elvat tombait au 1er Payni, c’est-à-dire le 19 juillet 238 av. J.-C.3 Il résulte également de cette date, que le jour normal du lever de Sirius est placé sur le 30° de latitude, c’est-à-dire sur le territoire de Memphis et d’Héliopolis. C’est là que pendant tout le cours de l’histoire nationale d’Égypte, depuis les temps les plus anciens jusqu’à la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C., il tombait au 19 juillet de l’année julienne.

Si les savants modernes, à l’exception d’Unger, n’ont pas placé le lever de Sirius au 19, mais au 20 juillet, c’est qu’ils s’en rapportent au passage connu de Censorin (XXI, 10) sur les années égyptiennes : sed liorum ( annorum ) initia semper a primo die mensis ejus sumuntur, ccd apud Ægyptios nomen est Thouth : quique hoc atino fiât a. d. VII Kal. Jul., cum abhinc annos centum, lmp. Anlonino Pio II Bruttio Praesente Romae coss., idem dies fuerit a. d. XII Kal. Aug., quo tempore solet Canicula in Ægypto facere exortum. Quare scire etiam licet, an/d illius magni,

fi K'j(ov ta; èmiToXà; moisirai' o-j yàp mxvTo>; mEpi rnsp-mTr]'/ mai sixaSa (19 juillet) h K'jtov rà; èmroXà; moisirai [c’était donc la date communément admise], àXXa xai mspi v.Ü y. ai X (2.1 et 24 juillet) mp'o; Tr;v ppaSurépav toü t)Xiou xi'vr)aiv. Ces derniers mots sont pour moi incompréhensibles.

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