‹ Chronologie égyptienneChapitre 14 sur 179 · Abli. zur Gesch. des Orients, p. 123 sqq · texte numérisé non relu

Abli. zur Gesch. des Orients, p. 123 sqq

2. Manetlio und die Hundsstcrncpochc , p. 24, contre Des Vignoles, qui a déjà proposé l’argument de Brandes. Moi aussi, je me suis laissé séduire longtemps par Brandes, mais je dois avouer que sa démonstration ne peut pas réfuter l’hypothèse de Bœckh, c’est-à-dire la donnée de Censorin. Il en est autrement de l’argumentation de Brandes, tirée de 1ère ànb Mevdçpsuç (voir plus bas). Usener s’appuie sur Bœckh pour la donnée de Théon, Fasti Alexandrini, dans les Chronica minora, éd. Mommsen, vol. III {Mon. Gerinan., Auct. antiquissirni, XIII). Mah 1er, AZ., XXVIII, p. 119 sqq.; XL, 79 sqq., comprend de même la période Sothiaque, mais il la fait faussement commencer en l’an 1318 av. J.-C. Alors la prochaine aurait dû commencer au 19 juillet 143 ap. J.-C., et le jour normal aurait été le 19/18 juillet.

3. Cela n’aurait en soi rien de choquant; car il se trouve par hasard, que justement les années 4, 8, 12 et ainsi de suite ap. J.-C. sont des années intercalaires; l’intercalation pourrait tout aussi bien être insérée dans n’importe quelle autre année de la Tétraétéris.

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J.-C. ; mais le cycle intercalaire n’a été introduit que dans la 5e année d’Auguste = 26/25 av. J.-C., et en l’an 22, c’està-dire à la fin de l’an 8 d’Auguste = 23/22 av. J.-C., pour la première fois un 6e épagomène = 29 août fut inséré. Dès lors l'intercalation suit régulièrement dans l’an 4 de la Tetraeteris, c’est-à-dire au 29 août de 22, 18, 14 av. J.-C., 3, 7, 11 ap. J.-C. et ainsi de suite, 6 mois avant l’intercalation dans l’année julienne (29 février 21, 17, 13 av. J.-C., 4, 8, 12 ap. J.-C., etc.)1.

Usener rétablit la concordance de façon qu’il y ait eu intercalation dans l’année alexandrine, après que le lever de Sirius se fût déplacé d’un jour dans l’année vague. D’après le schéma de Bœckh et Usener, dans l’année vague le lever de Sirius pour l’été 22 va du 25 Épiphi (= 19 juillet 23 av. J.-C.) au 26 Épiphi (= 20 juillet 22 av. J.-C.) ; d’où les Alexandrins auraient immédiatement intercalé un jour au 29 août 22.

Bœckh et Usener donnent une table, dans laquelle ils placent l’année vague en regard d’une année Sirius fixe, et ils insèrent dans cette dernière tous les 4 ans un jour intercalaire. Comme une telle construction éveille trop facilement de fausses notions, je donne leur table dans une disposition un peu différente [b = année julienne intercalaire; je désigne les 4 années de la Tétraétéris par a-d}. (Voir page suivante.)

Une pareille construction de la période Sothiaque est théoriquement possible; il en résulterait, comme Biot, Ideler, Bœckh, Lepsius et d’autres l’acceptent, que la précédente aurait commencé au 20 juillet 1322 av. J.-C. Mais le décret de Canope s’y oppose; d’après lui, en l’an 239/38 av. J.-C. = 510 de Nabonassar, la fête de Sirius tomba au

1. Ideler, Handbuch, I, p. 143; Théon, dans Usener, op. cit., p. 372 sqq. A cela correspond la venue du 6e épagomène en l'an 95 ap. J.-C. (Wilcken, Ostrcikn, I, 789).. Après le jour intercalaire, le 1er Tlioth ne tombe qu’au 30 août; à partir du 1er mars suivant = 5 Phamenoth, la coïncidence régulière des dates alexandrines et juliennes se rétablit à nouveau (1er Tlioth = 29 août).

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1er Payni = 19 juillet 238 av. J.-C. Donc cette année est dans le schéma cité plus haut une année a de la Tétraétéris 1 , où le lever de Sirius devait tomber au 20 juillet = 2 Payni. La reconstruction par Bœckh de la période Sothiaque est donc fausse2.

Ajoutez à cela que, dans cette acception, deux dates juliennes auraient répondu au jour normal égyptien : franchement ce n’est pas vraisemblable. Plus invraisemblable encore est l’explication que donne Usener de l’année alexandrine. Car d’après lui (et Bœckh), la fête de Sothis en l’an 24/23 av. J.-C. tombe au 19 juillet = 25 Épiphi 23 av. J.-C., mais en l’an 23/22 au 20 j uillet = 26 Épiphi 22. Ensuite il n’y a d’intercalation dans le calendrier alexandrin qu’au 29 août 22 et, l’année suivante 22/21, la fête de Sothis est de nouveau reportée au 19 juillet = 25 Épiphi 21, tandis que, d’après l’année vague, ce jour est maintenant le 26 Épiphi. Les choses se passent beaucoup plus simplement et d’une façon plus croyable, si nous admettons que le jour de la fête de Sothis a toujours été le 19 juillet.

Alors nous obtenons ceci : (Voir page suivante.)

Comme on le voit, quand l’intercalation fut introduite en l’an 26/25 à Alexandrie, l’année intercalaire fut déterminée de telle sorte que la fête de Sirius ne pouvait plus se déplacer à un autre jour du calendrier (comme c’est le cas dans le schéma d’Usener en l’an 22 et 21), mais demeura continuellement fixée au 25 Épiphi Alexandrin ; et ce jour correspond, par l’établissement de l’intercalation dans toutes les années, au 19 juillet, ce qui est en complète concordance avec les données fournies plus haut (p. 26).

Il suit de là encore que la période intercalaire de l’année

1. 1085, d’après le calcul de Bœckh, mais, d’après le mien, naturellement, 1084 = d.

2. Je remarque également ici que l’espoir d’obtenir, par les dates de Kahun, d’autres explications sur l’état de la période a été tout à fait illusoire. Voir plus loin la XIIe dynastie.

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julienne a été choisie en réalité, comme l’on a souvent présumé, d’après le calendrier égyptien ; de même que l’année alexandrine, l’année julienne intercale cette année-là, où — dans l’année vague — la fête de Sirius recule d’un jour; seulement, les Alexandrins intercalent avant le jour du nouvel an, et les Romains au mois de février suivant.

Pour la fin de la période ancienne et le commencement de la nouvelle, voici ce qui arrive : (Voir page suivante.)

L’erreur deCensorin ne peut pas s’expliquer par ce fait que, de son temps, le lever de Sirius sous le parallèle normal s’était avancé’ au 20 juillet, car alors il devait dater la nouvelle période à partir de l’an 130. Unger1 2 a présumé avec raison que Censorinus s’était laissé tromper par l’idée que la période se composait de 1460 années (juliennes, mais non égyptiennes), et qu’en 1461 elle revenait à son commencement — eoque fit, ut MCCCCLXI ad idem revolvatur principium (18, 10). Il tint donc l’an 1461 = 139/40 non pas pour la dernière année de la vieille période, mais pour la première année de la période nouvelle. En réalité, l’an 238/39 ap. J.-C. n’a pas été la 100e année, comme il le dit, mais la 99e année anni illius magni.

1. A cela répond la donnée de Solin, 32, 13, sur le lever de Sirius : « quod tempus sacerdotes natalem mundi indicarunt, id est inter XIII Kal. Aug. et XI (20-22 juillet). »

2. Chronol. des Manctho , p. 55 sqcj. Unger fait ressortir que Censorin aussi s’est trompé en réduisant l’alexandrine Æra Aucjustovum . D’après lui (21 , 9), l’année où il écrit (238 ap. J.-C.) est 986 de Nabonassar et 562 de Philippe, c’est-à-dire 238/39, mais, en même temps, = 267 des Augustes, c’est-à-dire 237/38. Il a donc converti l’année consulaire romaine, qui commençait au 1er janvier, avec celle qui commençait dans son cours, et dans les Anni Augustornm, au contraire, avec celle qui finissait dans son cours. Cette dernière est l’équation alexandrine : Théon place dans ses Fastes les consuls de 139 (Antoninus II et Praesens) = 168 Aug., 462 Phi 1 . , et ceux de 238 (Ulpius et Pontianus) = 267 Aug., comme Censorin, mais ici encore =561 Phil.

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Donc une nouvelle période Sothiaque a commencé dans les années :

19 juillet 140/41 ap. J.-C. — 143/44 ap. J.-C.

19 » 1321/20 av. J.-C. — 1318/17 av. J.-C.

Ce qui confirme ces dates, c’est le passage de Tliéon, dont il a été beaucoup parlé depuis Biot, ou il mentionne l’Ere &no Mevôtppewç, qui ne peut être que la période Sothiaque’.

Nous n’avons pas à nous occuper, ici, des difficultés que celle-ci présente en particulier et qui, jusqu’à présent, n’ont pas été toutes résolues (spécialement le compte supplémentaire des 5 jours n’est pas du tout clair). Il nous suffit que Tliéon compte 1605 ans de Ménophris jusqu’à la fin de l’ère d’Auguste. L’ère Dioclétienne commence au 29 août 284 ; la dernière année de l’ère d’Auguste et la 1605e àir o Mevôcppecoç est par conséquent 283/84 ap. J.-C. Puisque Tliéon, dans son calcul, prend expressément des années vagues égyptiennes

1. Le texte porte, d’après Lepsius, Kônigsbuch, p. 123 (= Unger, Chronol. des Manetho, 47 fï. , Brandes, Abh., 124 ff.) : ’Etù toü p' stovç

AtoxXï)Tiavoû 7iepi t ÿjç toû xvvbç ÈmToXïjç Û7ro8£Îy|J.aToç ëvexev Xap.ëàvop.sv ta arco MEVÔtppsoo; so)ç T-pç ÀrjEîwç A-jyojarou. 'Op.où Ta ÈTtttrjvaydp.sva etï) ol%b' (1605)' otç èTUTtpoçuOo'jp.sv Ta à Tri Tr,; àp/r,ç ATÔxXr)Ttavoü etï] p' (100), ycvovTai 6p.o-j ayj.' (1705)' to'jtcov Xap.Sdtvop.EV t'o TÉTaprov p.Époç, o èotiv -jx;' (426)’ to-jtocç Trpoç- Ôévteç s' ytvovrat uXa' (431)’ airo to-jt mv àtpsXtms; ràç tote TETpasrppt'Saç outraç pë' (102; c’est-à-dire les périodes intercalaires de quatre ans de l’année alexandrine à partir de l’an 26 av. J.-C ) Xomov xa' fces mots absolument incompréhensibles sont à rayer], Ta Xstmma, -ppipai xxô' (329), fautas ànâ-

Xutrov àirb Q<ô@, StSdvTE; ÉxxcTtp p.vy v c ÿ|p.Épaç X', 0; £'jpi<TXE<T0at t ï)V èttitoXyiv etu tô <Cp’i> AtoxXï|Ttavoü ’Etptçt x0'.

Au surplus, il est indiqué avec raison que Tliéon ne sait plus que l’ère àub M EvdppEtoç est la période Sothiaque, car il croyait que l’àTtoxa- Tà(7Tao-t; de l’année égyptienne, c’est-à-dire le point de départ des 1460 années fixes, est survenu en la première année du cycle intercalaire alexandrin, l’an 5 d’Auguste = 26 av. J.-C. (v. le texte dans Usener, ap. Chron. minora, III, 372).

pour base, nous pouvons convertir les années d’iUiguste (— années alesandrines fixes) immédiatement (et non pas seulement avec Théon dans la suite du calcul), et placer ainsi cette année du 14 juin 283 au 12 juin 284. 1605 années vagues font 1604 années juliennes moins 36 jours; la première année de Ménophris va donc du 19 juillet 1321 au 18 juillet 1320 av. J.-C., ce qui correspond exactement à la première année d’une période Sothiaque.

Pourquoi Théon a-t-il appelé ainsi cette période? Nous ne le savons pas : le nom de Ménophris ou Ménophreus pourrait être en égyptien 0 <c=r> Merenre ', avec l’article

AA/VNAA

(p) intercalé devant le nom du dieu. Nous ne connaissons de rois de ce nom que dans la VIe dynastie, à laquelle on ne peut penser ici ; d’autre part, il n’existe au XIVe siècle et généralement dans le Nouvel Empire aucun souverain de ce nom. Si l’on veut donc chercher ici un nom de roi, et non celui d’un particulier, par exemple, d’un astronome, il ne nous reste plus qu’à corriger le nom. — On y a très souvent vu Me(r)neptah, le fils de Ramsès II; mais il est tout à fait impossible de placer celui-ci dans l’an 1321, vu que Ramsès II n’a pu arriver au trône que vers 1300, au plus tôt. On pourrait aussi penser à Menpehtire', prénom de Ramsès Ier, ou même à Menma'atre' (ou Ma'atmenre' ?), prénom de Séti Ier. Mais c’est ouvrir la porte à l’arbitraire; pour fixer le règne d’un souverain d’Egypte la donnée ne vaut rien.

Le fait que 1461 années égyptiennes correspondent à 1460 années fixes est une mention assez fréquente dans la littérature. Par contre on ne nomme que très rarement la période Sothiaque ou de l’étoile du Grand Chien, sauf dans Censorin (p. 24), ou dans un passage de Chalcidius1, et

1. Chalcidius, Comni. in Plaignis Timœum, éd. Wrobel, ch. 12ô :

« canis hanc stellam Ægyptii Sothim vocant,cujusconipleturannis,

qui Cynicus vocatur, annis mille quadringentis sexaginta. » — 11 n’y a

encore dans Clément d’Alexandrie (Strom., I, 21, 136), qui place l’exode xa rà "Iva /ov 345 ans upo ScoOiaxrjç Tcspiôêou. Dans la suite, on trouve, selon la chronologie fabuleuse des Grecs, les dates jusqu’à la première Olympiade, dates d’après lesquelles on pourrait calculer l’année de la période Sothiaque, si les chiffres étaient intacts et complètement transmis. Mais comme tel n’est pas le cas et que des conjectures, quelque vraisemblables qu’elles puissent être, ne peuvent pas nous aider, je n’irai pas plus loin sur ce sujet.

Manéthon avait parlé sans doute de la période Sothiaque, et le falsificateur du Livre de Sothis, que Panodoros et après lui le Syncelle (qui seul nous en a conservé quelque chose) ont pris pour le vrai Manéthon, a utilisé la période Sothiaque pour ses listes falsifiées de rois'. Cela ne peut avoir aucune valeur pour nous. Finalement, on doit faire ressortir que l’année fixe de Sirius n’a pas été plus utilisée pour les dates, que la période Sothiaque ne l’a été comme ère (sauf par l’astronome Théon). C’est ce qui explique qu’on la mentionne si rarement, et qu’elle ne se présente jamais dans les textes égyptiens. Toutes deux ne sont que des systèmes chronologiques, qui déterminent la relation de l’année vague avec le moment des saisons. Cette relation est maintenue par la « fête du nouvel an de Sirius » qui se déplace d’un jour tous les quatre ans ; mais elle ne sert pour ainsi dire pas pour la notation du temps, vu que le calendrier de l’année vague y suffisait parfaitement.

aucune mention à faire, dans une recherche chronologique, de la période du Phénix, sur laquelle Tacite ( Ann ., VI, 28) et Pline (X, 4 sqq.) donnent des renseignements fantastiques de toute sorte, tout en la confondant par moment avec la période Sothiaque.

1. D’après le Syncelle (p. 193, Bonn), elle commença en l’an 2776 du monde [= 2718/17 av. J. C.], avec Mestraim, le premier roi d’Égypte. Sa 700' année = 347D1- du monde fut la 5' et dernière du roi Koncharis, le dernier roi de la XVp dynastie. Ensuite vinrent les Ilyksos. — C’en est assez pour caractériser ce fatras. Dans le IlaXat'ov Xpovixbv, on mentionne aussi le xwtxi à; x-jx),o; (le Syncelle, p. 96).

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