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Il y a aussi de petits restes de deux autres années

2. Comme l’auteur utilise pour la 2” et la 3r année trois lignes verticales, ces deux années sont d’égale largeur; mais la première année comprend 4 lignes verticales.

3. A ce qu’il paraît, l’année de èepseskaf, conservée en partie, n’avait pas encore pris autant d’espace que celle de ses successeurs ; cependant, elle était déjà du double plus large que la première et la plus large des trois années de Snofrou.

les choses que l'espace rempli par les années soit de dinension à peu près égale; mais on ne peut plus admettre ju’il y ait eu, comme aux lignes 2-5 du recto, une volonté irrètée d’égaliser les sections annuelles ; ici, cela s’est proluit par hasard.

A la fin du recto, il manque les règnes de Cheops jusqu’à Vlykerinos, qui devaient remplir 2 ou peut-être 3 lignes’. Üela permet d'ailleurs d’estimer, au moins d’une manière ipproximative, la hauteur du monument ; l’on voit qu’à la in du verso (qui est rompu dans le milieu de la lig. 5) il n’y i pas, au maximum, plus de deux lignes perdues. Donc, ;’est à peine si l’inscription peut avoir dépassé le règne de Xewoserre' Ini ; elle peut, au contraire, avoir été composée ;ous ce roi.

Sethe5 a reconnu que les mentions d’années aux lignes 2-5 sont, en substance, identiques avec les dénominations ifïicielles usitées pour les années dans la plus vieille ïgypte, comme à Babylone, d’après les événements, les êtes, etc. (v. plus bas); ces dénominations, on les a con- ;ervées telles quelles fréquemment sur les tablettes d’anîées de la lre dynastie et aussi dans le formulaire des lates, aux temps postérieurs. Il est facile aussi de reconwitre ces noms d’années partout sur la Pierre de Païenne, iour les règnes qui suivent celui de Snofrou, mais ils sont iccompagnés de nombreuses notices particulières. Cepenlant, on ne s’est pas proposé de réunir ces noms d’années mir des buts pratiques, comme le font, par exemple, les tables babyloniennes portant des listes de la Ire dynastie. Telle n’est point la caractéristique de notre document; c’est

1. Un petit fragment avec le reste du nom de la mère s’est conservé lans le titre, au-dessus de la ligne 7.

2. D’après Schæfer, p. 8 sqq. Schæfer lui-même (Æ. XXXIX, |>- 153) note que Maspero {lier, crit., 1901, 381) avait fait la même remarque. Depuis, Sethe a poussé plus loin ses recherches et réuni tous les matériaux sur ces dénominations d’années ( Beitrüije sur dites le n G es ch ichte Æi/yptcns).

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

bien plutôt une véritable chronique d’un caractère analogue à celui des autres chroniques de l’antiquité et du moyen âge. Au début, pour les origines, il y a uniquement une liste de rois, sans aucune mention d’années. A partir du roi Ménès, — car personne ne pourra douter que la ligne 2 ne commence par lui, — on commence à désigner chaque année, d’abord exclusivement sous le nom officiel, comme pour les archontes et les consuls des Atthides, des annales de Rome, des chroniques du moyen âge, sous lesquelles, au cours de dizaines et de centaines d’années, on trouve à peine quelque mention d’événement particulier. Plus le chroniqueur se rapproche de son propre temps, plus augmentent les matériaux et l’intérêt qui s’y attache ; alors il développe tellement les détails, qu’à la fin, tout événement récent, même sans intérêt, y sera décrit. C’est exactement ainsi que l’annaliste égyptien a procédé. Il s’intéresse, dans les temps présents pacifiques, presque uniquement aux fondations du roi en faveur des Dieux du pays et à ses constructions ; s’il survient des événements plus importants, comme il arrive sous Snofrou (ou tels que l’arrivée des produits de Pount, ou de la presqu’île de Sinaï, sous Salioure'), il les décrit également. Ensuite vient le nom officiel de l’année. La spécification des hauteurs du Nil indique l’intérêt fondamental de l’annaliste pour les événements de la vie de tous les jours. Voilà ce qui correspond au quntiens annonce cara (quotiens lunœ aut solis lumine caligo aut quid obstiterit) de la tabula, apud pontijîcem maximum ; c’est ce que Caton ne voulait pas relever dans ses Origines.

Il est très significatif que ces informations plus précises commencent avec le roi Snofrou. De même qu’il a été pour nous, avant ces quinze dernières années, le premier roi égyptien dont nous savions quelque chose, et que les découvertes les plus récentes n’ont en rien diminué, il était déjà, pour les Égyptiens de la Ve dynastie, le souverain, avec qui commençait l’intérêt de la vivante histoire.

D’autre part, la Pierre de Palerme est un témoignage de l’antiquité et de la continuité de la civilisation de la vieille Égypte, qui a dépassé de bien loin nos prévisions les plus hardies. Elle prouve, qu’au moins depuis Ménès, il y a eu non seulement une organisation d’État absolument réglée, mais aussi une documentation continue, d’année en année, dont la chronique sur pierre est un extrait1 2. L’empire de Ménès est déjà un État de forte civilisation, développé en tout sens. Mais, les connaissances historiques, basées sur une documentation contemporaine, remontaient encore plus loin; car il est évident que c’est beaucoup moins le manque de connaissances que le manque de curiosité qui a déterminé l'annaliste à ne donner exclusivement qu’une liste des rois avant Ménès. La composition du calendrier égyptien nous avait obligés d’en faire remonter l’origine jusqu’au 5e millénaire av. J.-C. ; nous trouvons ici de nos inductions la confirmation la meilleure et la plus complète.

Il serait maintenant du plus grand intérêt de pouvoir déterminer, d’après le fragment conservé de la Pierre, quelles étaient les proportions en largeur du monument entier. En effet, puisque dans les lignes 2-5 du recto les espaces d’année sont d’égale grandeur, nous pourrions déterminer, approximativement, combien il y avait d’années dans ces lignes, c’est-à-dire combien d’années se sont écoulées de Ménès à Snofrou. C’est Sethe le premier qui, de la façon la plus pénétrante et la plus savante, a commencé les recherches à ce sujet’, et nous n’avons qu’à l’approuver. Il a débuté par le verso et avec raison ; c’est là aussi qu’il y a lieu de rechercher si les données du papyrus de Turin

1. Dans quelques cas particuliers, les renseignements manquaient; ainsi, comme on l’a déjà remarqué, les hauteurs de la crue du Nil, au début, ne sont pas régulièrement indiquées.

2. Beitr. zur àUesten G ose h. Ægi/ptons, 1903 (Unters. zur (îcsch. Ægyptens, III), p. 42 sqq.

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s’accordent avec celles de la Pierre de Palerme, qui est plus vieille de plus d’un millénaire1.

Mais tout d’abord il est nécessaire de tirer au clair le procédé employé ici pour compter les années.

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