ANNÉES CIVILES, ANNÉES DE ROI, ANNÉES DE RECENSEMENT
Les années civiles se suivent sans se distinguer l’une de l’autre. Quelle est l’année présente ou l’année passée? le contemporain le sait; mais, après quelques années, il lui est impossible de les différencier l’une de l’autre. Et pourtant le besoin d’une distinction et d’une indication exacte de chaque année particulière se fait sentir toujours plus impérieusement dans l’administration publique comme dans la vie civile — par exemple, en ce qui concerne les crus annuels des vins, pour lesquels nous voyons dans les tombeaux royaux de la Ire dynastie qu’on employait les noms d’années. Comme on n’est arrivé partout que très tard et difficilement à l’idée d’une ère, c’est-àdire d’un compte d’années continu, il ne reste pas d’autre moyen à employer que de donner à chaque année un nom particulier. Pour cela, là où il n’y a pas de fonctionnaire public qui change annuellement, on se sert, comme désignation, d’un événement qui est arrivé cette année-là. C’est ainsi qu’ont procédé les Égyptiens sous l’Ancien Empire, et que les Babyloniens ont fait pendant des milliers d’années. Des exemples nombreux se trouvent sur les monuments; Sethe les a récemment réunis et commentés2.
On peut prendre un événement de l’histoire extérieure, par ex. a l’année de la victoire sur la Basse Égypte » ou « sur les Nubiens ». Cela s’imprime facilement dans la mémoire. Mais il y a un inconvénient : c’est que de tels faits