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arrivent dans le cours de l'année, donc cette année ne peut recevoir son nom que plus tard. Chez les Babyloniens, où de telles appellations sont très fréquentes, ce sont plutôt de petites ères qui s’y rattachent : alors, les années suivantes sont désignées comme seconde année, troisième année après tel événement, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’un événement nouveau permette de créer une appellation nouvelle. Il est plus commode de désigner l’année d’après un événement dont on connaît d’avance l’arrivée, tel qu’une fête des Dieux, une fête royale, une construction, etc. C’est ce que les Égyptiens ont fait régulièrement.
Sous les deux premières dynasties, l’événement d’après lequel on datait le plus ordinairement c’est la fête du « Service d’Horus » (j (Semsou Hor ), qui date beau-
coup de tablettes ; sur la Pierre de Palerme, elle se rencontre régulièrement, aux lignes 2, 4, 5, tous les deux ans ; le fait ne se présente pas sous le roi seul, auquel appartient la ligne 3, et à partir de Snofrou, l’usage disparaît. Cependant on n’a pas eu l’idée, qui en dérive naturellement, de compter les fêtes. Aussi est-il nécessaire, pour l’indication des années, d’avoir encore recours à une autre fête, ou à un autre moyen. Ces fêtes (naissance d’Anubis, de Min, et autres) se suivent et reviennent toujours irrégulièrement ; pour quelques-unes, comme la fête de Zet, la fête d’Apis, la fête de Sokar, on compte aussi les répétitions : première fois, deuxième fois,
troisième fois. D’autre part, apparaissent, à partir de la ligne 4 I # D ^
du recto de la pierre, les « comptes » a — > tnwt, c’est-
à-dire « les recensements des biens des sujets » et ces opé-
1. A l’occasion, ces recensements sont spécialisés; sous Binothris (dyn. IIe) on les désigne sous le nom de « compte de l’or et des champs »: sous la Ve dynastie, « compte des bœufs » ou «des bœufs et de tout le petit bétail » (v. Sethe, p. 75 sqq.). Il doit y avoir, à la base de cela, un déplacement économique, qui est très significatif : sous la IIe dynastie, l’impôt est levé d’après la propriété foncière, et (probablement pour les habitants des villes) d’après les biens meubles, dont la valeur est estimée en métal noble ; sous la Ve dynastie, c’est
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
rations sont généralement accompagnées d’une mention qui note combien de fois elles ont eu lieu sous le règne en question. Sous Binothris (recto, ligne 4), elles se renouvellent régulièrement tous les deux ans, conjointement avec le service d’Horus, et il en est de même sous le premier roi de la ligne 5 ; par contre, elles manquent sous son successeur. Sous Snofrou, deux années qui se suivent sont désignées comme les 7e et 8e fois ; l’année précédente, il n’y a pas de mention. Sous la Ve dynastie, elle paraît avoir lieu régulièrement chaque deuxième année ; et l’année suivante est indiquée comme « année après la xme fois du recensement ». A cela correspondent les formules de dates réunies par Sethe pour la Ve et la VIe dynastie. On a donc adopté une façon de compter continue pour chaque règne, d’après laquelle on ne comptait que chaque seconde année. Sethe a parfaitement raison de supposer que le signe pour © « fois », qui, dans les dates, est si souvent le déterminatif de ronpet « année » ^- j"^ ), doit dériver
de cet usage originel de compter les années d’après les années de recensement.
Mais l’année civile n’est nulle part l’unique en usage. A côté, il y a des années cultuelles, qui se rattachent à une fête des Dieux, et d’après lesquelles, comme en Grèce, on peut dater les comptes des temples ; et surtout, il y a les années royales, qui commencent avec l’avènement au trône, et dont le renouvellement est chaque année l’objet d’une fête. Il est naturel que, dans les monarchies, l’état et la cour, et par conséquent les actes officiels, et enfin les sujets, comptent d’après ces années du roi. De là, plus tard, et ailleurs comme en Égypte, l’habitude de compter les années
d’après le bétail. Nous nous serions attendus au développement contraire; mais en Égypte, la forme, en apparence évoluée, de l’impôt est beaucoup plus ancienne que celle que nous regarderions comme la plus primitivé.
d’après les années du roi; depuis le Moyen Empire, ce procédé a remplacé les manières de compter antérieures'.
L’année du roi n’a pas seulement l’inconvénient de faire double emploi avec l’année civile ; mais elle a un autre désavantage, c’est que son début se déplace à chaque changement de règne. Cela amène l’idée d’établir une compensation ;ntre les deux années. Plus tard, il en est résulté, comme on e sait, ce fait que l’année, dans laquelle un roi monte |;ur le trône, est comptée comme étant sa première année ; nais au prochain 1er Thot, sa seconde année commence, don année est donc antidatée (contrairement à l’usage les Babyloniens qui post-datent) et la dernière année, ncomplète, d’un roi est absorbée par la première année de jon successeur. Nous avons vu que l’on comptait déjà ainsi ous la XII0 dynastie. Si cependant les rois du Nouvel dmpire, au lieu de cela, comptent d’après leurs années de |ègne réelles, à partir de leur avènement au trône, je ne egarde pas comme impossible qu’à côté, dans la vie civile, autre manière de compter se maintenait encore. Et il n’y vait pas de confusion possible, car tout le monde savait jtic les différents débuts d’année revenaient l’un à côté de :autre, chacun dans son cours2 3.
Sur la pierre de Païenne1 l’usage n’est pas encore fixé. Y la ligne 2, un règne finit avec une division d’année, où on n’indique que « 6 mois, 7 jours » ; l’année suivante, la •remière du nouveau règne, contient la notice : « 4 mois, 3 jours, réunion des deux pays, procession autour des
1. Il en arriva de môme à Babylonc, un peu plus tard, sous les Cosiens. — Dans le Moyen Empire en Égypte, on trouve aussi le compte les dates d’après les années des princes de nomes; ce qui correspond u caractère féodal de cette époque.
2. Je rappellerai les commencements d’année différents, qui dans le lioyen Age chrétien, et en Angleterre jusqu'en 1752, subsistaient l’un à Hé de l’autre; d’où il résultait que, pendant les premiers mois de année, il y avait en usage deux numérations d'années.