Voir plus haut p
3. C’est en môme temps une preuve que la Pierre de Palerme n’est pas seulement une liste des noms d’années officiels, mais une véritable chronique (malgré ce que dit Sethe, p. 70 sq.). Puisque de telles
« Horus Neteren, fils 1
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son règne embrasse environ 38 ans
urin. il aurait vécu 95 ans). Il fut.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
devait être reconnu comme le dernier roi de la IIe dynastie (ou le premier de la IIIe) et le prédécesseur immédiat de Zoser. S’il était le dernier roi mentionné à la ligne 5, alors il est arrivé jusqu’à l’âge d’environ 63 ans. Naturellement, il peut être mort plus jeune, comme les derniers rois de la IIe dynastie d’après le Papyrus (20 -j- x ans, 34 ans, 40-)- x ans, — pour le dernier l’âge n’est pas indiqué). A la ligne 5, il pourrait y avoir encore son successeur, Zoser, qui, d’après le Papyrus, régna 19 ans ; Cha'sechemoui n’aurait alors vécu que 44 ans.
La mention sur la naissance de Cha'sechemoui prouve en même temps que nous ne devons, en aucun cas, reculer plus loin vers la gauche le fragment conservé. Car, à la ligne prochaine, apparaît déjà Snofrou, et cela avec mention de la 7e et 8e fois du recensement. Comme cette opération ne se faisait pas régulièrement sous son règne, cela ne peut fournir d’indication exacte; toujours est-il qu’il y a au moins 8 à 10 années de lui perdues. Il ne peut donc y avoir eu, à la ligne 6, que peu d’années de son ou de ses prédécesseurs; mais nous devons essayer de faire aussi grand que possible' l’intervalle entre Cha'sechemoui et Snofrou, et, par conséquent, essayer de déplacer aussi loin que possible vers 1; droite, à la ligne 5, l’année de sa naissance. Puisqu’on n< peut songer à reculer le fragment au delà du milieu, auss bien à cause du verso, que pour des raisons empruntée aux lignes 2 et 3 du recto, il résulte que la place adop tée par nous doit être en réalité la bonne.
Le fait le plus frappant peut-être que nous ait fait corr naître la Pierre de Palerme, c’est que la IIIe dynastie n’ figure pas. Aucune des années de la Pierre ne lui appartient à la ligne 5, nous sommes encore dans la IIe dynastie, ( loin avant sa fin ; à la ligne 6, nous sommes déjà au milie
mentions de naissance y figurent, les mentions d’âge qu’on trouve i Papyrus de Turin, pour les premières dynasties, peuvent très bien avo une valeur historique.
lu règne de Snofrou. On dirait presque que la Pierre ait négligé ce règne. On se rangera difficilement à cette opinion : nais, même si nous le plaçons à la fin de la ligne 5 et au commencement de la ligne 6, il se contracte, de toute façon, iur peu d’années'. Ceci forme le contraste le plus frappant ivec les listes et les chiffres de Manéthon et d’Érastothène, nais concorde au mieux avec les tables de rois; ces dernières, comme le Papyrus, ne donnent ici que 4 noms j sur lesquels, d’ailleurs, il n’y a pas accord), et les 4 rois du Papyrus n’ont, au total, régné que 55 ans. La Pierre de Palerme, qui est plus vieille d'un millénaire, confirme la jhose; mais, chez elle, le nombre des années doit être encore plus petit. Ces écarts ne peuvent s’expliquer que par le fait, qu’à cette époque, l’unité de l’Empire a été, à plusieurs reprises, complètement détruite.
Mais la portée de cette constatation est encore beaucoup plus considérable. Nous y trouvons une analogie parfaitement confirmée avec les résultats auxquels nous sommes arrivés pour les temps de la VIIe à la XIe dynastie, et de la XIIIe à la XVIIe. Si nous devons réduire à un quart (55 ans) ou même à moins, l’intervalle entre les derniers Thinites et les premiers rois de l’Ancien Empire (Snofrou et ses successeurs), que Manéthon fixe à 214 ans, l’autorité de Manéthon ne peut être un obstacle pour réduire l’intervalle entre l’Ancien Empire et le Moyen Empire (fin de la VIe dynastie jusqu’à Amencmhet Ier) de 783 ans à 3G0, en chiffres ronds, et l’intervalle du Moyen Empire au Nouvel Empire (fin de laXII0 dynastie jusqu’à Amosis) de 1590 ans à 210, en chiffres ronds.
Sethe, dans la reconstitution du recto, a pris pour base
1. Si Zoser se trouvait encore à la ligne 5, nous aurions, d’après les chiffres du Papyrus de Turin, à placer à la ligne B, avant Snofrou, encore 36 ans. Pour cela la place est à peine suffisante, même si nous admettons que les cases annuelles aient été aussi étroites qu’à la ligne 4. - Je ferai encore remarquer que le résultat, pour la IIP dynastie, n’est
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les nombres de Manéthon pour les dynasties I et II (253 ans = lignes 2, 3; 302 ans = lignes 4, 5) ; il leur a donc donne une valeur historique. Cependant nous ne possédons aucur moyen de les contrôler, et ils se sont montrés inacceptables partout où nous possédons des témoignages authentiques Nous avons vu que ces nombres supposent à la pierre une largeur notablement trop grande (10 fois 1/2 le fragment conservé). Dans notre reconstruction, nous obtenons :
I.. 2 + 3, c’est-à-dire vraisemblablement dyn. Irc =93 + 117 = 210 ans L. 3+4, » » dyn. I Ie = 135 + 108 =243 »
453 ans
Dans le nombre pour la IIe dynastie, peut-être les 19 ans de Zoser (de la IIIe dynastie) sont-ils encore contenus, dt sorte qu’il faudrait évaluer la IIe dynastie à 224 ans, et le; deux dynasties Ire et IIe à 434 cases annuelles. Pour h IIIe dynastie, s’ajouteraient alors à la ligne 6, au maximum environ 30 ans; ce qui donne au total, pour le temps qu va de Mènes à l’avènement de Snofrou, 480 ans, au plus'
Plus haut, page 117, nous avons eu d’après le Papyrus: pour les Ire et IIe dynasties ensemble, environ 420 ans
pour la IIP dynastie, » 55 ans x moi
Total des dynasties I1' à IIIe 475 ans.
Comme on le voit, ces résultats concordent aussi exacte ment qu’il est possible à l'heure actuelle.
Certes, je suis très loin de croire que cette concordano presque complète soit quelque chose de plus qu’un hasard Notre calcul des années de la Pierre repose sur l’évaluatioi à un neuvième du fragment conservé, évaluation qui, évi
pas essentiellement changé, même si, avec Sethe, on donne à la pieu une largeur plus grande que celle que je crois admissible. Le fait qu’i compte encore Snoi'rou à la III' dynastie (v. plus haut p. 198, n. 2 ne change rien à la question
1. Il faut prendre en considération, que, pour la première dynasti tout au moins, les mois en excédent étaient comptés comme des année entières.
idemment, n’est pas absolument certaine. Dn moins, cette concordance prouve-t-elle que nous sommes sur la bonne voie. En conséquence, je crois que l'on pourra regarder comme historiques les nombres que nous avons obtenus pour la Ire dynastie, avec une marge de quelques dizaines d’années. C’est tout ce que nous pouvions espérer obtenir avec les moyens dont nous disposons.
Les prédécesseurs de Mènes
La première ligne du recto contient, dans le morceau conservé, les noms des rois de la Basse Egypte comme tels ils sont caractérisés par le déterminatif rj| écrit audessous d’eux, tandis que, derrière le nom de Binothris, à la 'ligne 4, vient un roi avec la double couronne ^j. Sethe tient ces rois pour les Sernsou Hor, les «serviteurs d’Horus », qui correspondent aux Xé/.usç de Manéthon et qui ont régné immédiatement avant Mènes; il admet qu’une liste analogue des rois de la Haute Egypte les aurait précédés’, de I sorte qu’il y avait ici, comme nous disons, des listes des I rois des deux royaumes particuliers du Sud et du Nord.
En gros, cela me parait certainement juste ; mais, cependant, je ne puis me rallier à cette interprétation, d’autant moins que, d’après notre reconstruction, les noms conservés loccupent la partie droite de la pierre (et non pas la gauche, comme Sethe l’admettait). Par conséquent, les rois de la Haute Egypte suivraient; et on n’admettra pas davantage une suite de 120 rois de la Basse Egypte. En outre, je ne crois pas soutenable l’idée qu’une chronique égyptienne ait jamais pu commencer autrement que par les Dieux. Dans la première ligne, les souverains des temps primitifs ont dû se trouver placés exactement comme nous les avons trouvés, concordant en leurs grandes lignes et dans le Papyrus de Turin et dans