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Dans le même papyrus de Kahun, la fête Neheb-Kaou

tombe au 1er jour du Ve mois ; de même dans le fragment de calendrier de Thoutmes III (ap. Brugsch, Thésaurus, p. 362), et dans le calendrier de Medinet-Habou. Au contraire, dans le calendrier d’Edfou, c’est la « fête du nouvel an d’Horus d’Edfou » qui tombe sur ce jour;

1. On ne peut décider avec certitude, si elle durait au moins 15 jours, ou si c’était une fête lunaire dont la place variait dans le calendrier, bu s’il s’agit ici uniquement d'un nom de mois (le 15e jour du XII' mois, en Epi phi) comme (jardiner propose de traduire. Mais il faut absolument exclure l’hypothèse que cette fête ait été intercalée dans le calendrier civil ; ainsi que (jardiner l’observe avec raison, toutes ces fêtes appartiennent à l’année civile, et non point à l’année de Sirius (cf. * Deere t de Canope, 1. 21).

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

tandis que la fête de Neheb-Kaou tombe le 29 IY (Brugsch, Thésaurus, p. 369, col. 9, 10; 373, col. 7; cf. p. 1125). Gardiner pense, avec raison, qu’elle est identique avec la fête de Kahirka, qui a donné plus tard son nom au IVe mois (Clioiak).

5. Brugscb a déjà montré ( Thésaurus , p. 303 sq.) que la fête de la déesse Renenoutet, qui plus tard a donné son nom au VIIIe mois (Pharmouthi), tombe le 1er jour du IXe mois, aux tombeaux de Cha'-em-het et de Neferhotep (XVIIIe dynastie).

Ces dates montrent que les fêtes, d’où dérivèrent les noms de mois employés à l’époque postérieure, étaient réellement célébrées un mois plus tard aux temps plus anciens, sous la XXe, XVIIIe et même parfois dès la XIIe dynastie. En d’autres termes, vers la fin du Nouvel Empire, il s’est produit un déplacement, d’un mois en arrière, des fêtes et des noms de mois correspondants. Sans doute, ce fait ne se laisse prouver, jusqu’ici, cpie pour cinq mois. Mais, comme ces noms et ces fêtes ont conservé leur place relative l’un vis-à-vis de l’autre, il faut admettre que le déplacement n’a pas affecté seulement certaines fêtes isolées, mais s’est étendu au système tout entier. La seule perturbation qu’il ait subie s’explique par cette raison, depuis longtemps connue, que les fêtes mensuelles postérieures sont, en partie, d’origine récente, et ont supplanté les anciennes : nous en avons déjà cité un exemple, le remplacement de l’antique fête de Neheb-Kaou par celle d( Kahirka (Clioiak), et nous en verrons d’autres par la suite

Mais ce qu’il y a de plus important, c’est que la fête d<

« la naissance de Re‘ », (pii a donné, plus tard, son nom ai XII" mois Mesore, marquait, à l’origine, le commencemen de l’année, c’est-à-dire était le jour même du nouvel an : c< <pii explique, comme Brugsch l’a déjà démontré (cf. supra)1 qu’aux temps postérieurs, le nom de Mesore, avec l’épithèt « fête du nouvel an » soit passé du Ier mois a

XIIe mois de l’année précédente. D'où il résulte des lumières nouvelles non seulement pour ce nom, mais aussi pour la nature même de l’année égyptienne. Evidemment, la fête de naissance du dieu solaire, au jour de l’an, correspond aux jours de naissance des 5 dieux du cycle osirien, aux 5 Kpagomènes qui précédent ce jour immédiatement ; tous ont été établis en même temps. L’année appartient à Rec; les jours supplémentaires , qui n appai tiennent pas à l’année de 12 mois, mais qui sont « placés en avant d’elle’ » comme jéléments isolés, appartiennent aux 5 autres dieux ; ceux-ci

« les 5 cjui se trouvent sur l’année», c’est-à dire

placés en avant (en tête) de l’année, ai xzî'i-.i ai iTtayép-Evai srpb xo 0 vécrj

ïxo-jc. és. c=^> Vi> (décret de Canope). Aussi la fin de l’année est-elle. a IW

non pas le 5e épagoruène, mais le 30, XII (cl. p. 8); dans la plus ancienne liste (document de Tehne. début de la Ve dynastie, ap. Sethe,

§ tx n •

viennent en tête

es ( .

Urk. A. R., p. 24 sq.), les épagomènes

I des 12 mois de l’année. Plus tard, il est vrai, on les cite toujours à la 1 fin de l’année. — Dans les notices concernant la chronologie et le calen- ! drier à la fin du papyrus Rhind (pl. XXI, 2 ; cl. Erman, Æ. Z., XXIX, 1891, p. 59), on trouve sous la 11' année d’un roi non désigné, au 2' jour i du I" mois « la naissance de Seth (en ce jour la majesté de ce dieu fit entendre sa voix », c’est à-dire il tonna) — et ensuite, également en rubrique, «la naissance d’Isis (grâce à qui la pluie tomba du ciel) ». Comme ces deux jours, selon les témoignages nombreux et de toutes les époques de l’histoire égyptienne, sont sûrement le 3' et 4' épagomène, il ne peut y avoir ici qu’une erreur de date de la part du scribe. — La mention bien connue, qui se trouve à la ligne 9 de la stèle des bannis 1 (datée de Mencheperre', XXI' dyn., lirugsch, Recueil, I, 22), reste i tout à fait obscure; Breasted, après une nouvelle collation du t-xte {Ancien! Records, IV, (55 lj, a traduit : « [Now, after] the fourth month of the third season, on lhe lifth day of lhe (feast) « Birtli of

Isis », correspond]’ ng to the feast of Amon at fhe new Ycar» (Mil

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turellement le 5' épagomène (ci. I indication analogue M-<ropr, :-a. : pour ; le 5" épagomène, ap. Wilcken, Ostrakn, I. 8)9); mais la naissance d’Isis tombe le 4' épagomène ; comment celui-ci peut-il correspondre à la fête d'Amon, au jour de l’an ? Est-ce une erreur du lapicide transcrivant sa copie? La fête d’Amon de Tlièbes, au jour de l’an, est connue aussi par ailleurs, et encore à Napata, cf. Stèle de Pianchi, 1. 25.

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ont ajouté à l’année solaire normale de 360 jours, commençant avec la naissance du démiurge Rec, ces 5 jours qui marquent leur propre naissance, en dehors et de l’année et du domaine de Re\

Noms et fêtes appartiennent à l’année civile et se déplacent avec celle-ci, selon une marche régulière, au cours de la période sothiaque, au travers du cycle des saisons. Mais l’année civile vague n’est qu’une reproduction imparfaite de l’année vraie et fixe, qui est caractérisée par le lever de Sirius ; en théorie celle-ci seule est reconnue, et toujours représentée, à l’exclusion de l’autre, dans les calendriers et les textes qui s’y rapportent (tables horaires des culminations d’étoiles, tableau au plafond du Ramesséum). Pour pouvoir fixer la position relative de l’année civile dans chaque cas, il fallait la comparer avec l’autre pour chaque année en question ; alors, lorsqu’on savait le nombre d’années écoulées depuis ce moment, on pouvait trouver exactement, pour chaque cas, l’état du calendrier. On avait certainement recours à ce procédé de comparaison afin d’établir les tables horaires des levers d’étoiles pour l’usage pratique des horoscopes, mais il n’en est pas fait mention dans les deux tombes royales où on a retrouvé' de

1. Il sera dilticile de calculer exactement l’année normale dam laquelle ces tables horaires ont été dressées; les dates nous conduisent à peu près à la deuxième moitié du XVI' siècle (et. p. 46), c’est-à-dire vers l’époque, où, après l’expulsion des Hyksos, la réorganisation dt l’État s’accomplissait. Est-ce que l’an 9 d’Aménophis Ier, donné au pa pyrus Ebers (1550-46 à 1547-46 av. J. C.), serait cette année même, oi une régulation astronomique générale eut lieu ? En d’autres termes y eut-il, cette année-là, une remise au point générale des données astro nomiques et calendériques, et une adoption d’un plan type? Autrement il devenait inutile d’indiquer que le papyrus avait été écrit précisémeir cette année-là; et le calendrier était au contraire le calendrier normal, qu’on recopiait aussi bien que le reste de l’œuvre. — Dans les table: horaires la culmination de Sirius tombe au début du crépuscule, h 16 Thot ; j’ai supposé (p. 46, n. 5) que cela correspondait environ ai 24 septembre jul., et je suis arrivé ainsi aux années 1529-26. Si, au lier de cela, nous adoptons 1550 49 à 1547-46, le jour de culmination serai

es tailles. Par contre, ce calcul nous est conservé dans le lalendrier du papyrus Ebers, qui désormais nous devient omplètement intelligible.

Ce calendrier est basé sur l’année de Sirius, dont les \-> mois sont désignés par les noms des fêtes des mois ; on | joute à ces mois le jour du calendrier civil, (pii, en l’an 9 i’Aménophis I, correspond à leur début. En tête, on trouve \ « fête du nouvel an » qui coïncide avec le lever de brius, et qui est identique naturellement à la « fête de la iaissance de Re' » ; nous voyons maintenant, qu’en fait elle lésigne le premier mois de l’année ((pii sera appelé plus lard Thoth)'. Techi, qui plus tard correspond matériellement Thoth. désigne ici le IIe mois, et ainsi de suite jusqu’à la été d’Epiphi, (pii dénomme ici non pas le XIe, mais le vlle mois. En l’an 9 d’Aménophis, la fête du nouvel an et le lever de Sirius tombèrent le 9, XI de l’année civile; bar suite, le Techi de l’année civile commence le 9, XII, et insi de suite. Si dans le tableau, (pie je reproduis ci-dessous, le signe qui sert à indiquer une répétition se retrouve à eûtes les lignes sous les mots « lever de Sotliis », cela ne loit pas être pris à la lettre; mais cela signifie que toutes ■es équations reposent sur la date observée du lever de brius.

Voici la traduction du calendrier, (pie je donne une fois

le plus :

An 9 sous S. M. le roi Zoserkere' (Aménophis 1)

ètjdu nouvel an (= Mesore) mois XI jour 9 lever de Sotli

Ba • (= Thoth) » XII » 9 »

e 30 (ou 29) septembre, différence très petite en fait, puisque toutes ces ndications ne pouvaient être que très vagues, d'après leur nature, et ne wuvaient être comparées à nos calculs précis.

1. Ainsi Hrugsch avait complètement raison quand au Thésaurus,

). 473, il proposait dans le papyrus Ebers la lecture Mesore. Ni lui. ni jersonne à ce moment, ne pouvait soupçonner que c’était autrefois le nom du premier mois de l’année.

308 ANNALES DU MUSÉE GUIMET

Menchet

(= Paophi)

mois

jour

lever de Sc

Hathor

(= Athyr)

Kah i rka

(= Choiak)

Sef-bedet

(— Tybi)

Rekeh

(=. Mechir)

Rekeli

{= Phamenoth)

Renenoutet

(= Pharnioutlh)

Chonsou

(— Pachon)

Chentechtai

(= Payni)

Epet 1

(= Epi phi)

Le calendrier ne témoigne pas, d’ailleurs, que les fêtes qu’il cite au début, soient tombées aux dates indiquées du calendrier civil ; au contraire, leur place à toutes est une pure fiction. Elles suggèrent à quel moment les fêtes devraient tomber, en théorie, si justement l’année' civile était l’année véritable. Dans la réalité, elles sont toutes célébrées le jour du mois où elles prennent rang dans le calendrier civil, et sont par conséquent en rapport avec l’année solaire, sans être toutefois des fêtes mobiles dans le calendrier. Cela est vrai aussi du jour de l'an civil, lt « jour de naissance de Re' » ; mais ici, et ici seulement, or distingue de celui-ci la vraie fête du nouvel an, le lever dt Sotl iis , qui, par conséquent, dans le calendrier civil est une fête mobile, précisément pour cette raison qu’il tomb< toujours le même jour de l’année solaire (julienne), li 19 juillet. C’est donc à bon droit que l’expression « lever d< Sothis » n’accompagne pas les fêtes fictives de l’année di Sirius, mais se place à la suite de la date calendérique d> l’année civile vague, où il tomba en l’an 9 d’Aménophis I.

Les 5 épagomènes ne trouvent pas davantage place dan cette liste. Dans l’année civile, ils précédent naturellemen le Ier mois; mais le calendrier idéal les ignore, ici, connu au plafond du Ramesséum ou dans les tables horaires d

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