‹ Chronologie égyptienneChapitre 19 sur 179 · Cf., par exemple, E. de Rougé, Æ(j. Z., IV, 1866, p · texte numérisé non relu

Cf., par exemple, E. de Rougé, Æ(j. Z., IV, 1866, p

tenait d’après la théorie, et qui correspondait à son nom de fête du nouvel an ^ .

Le calendrier civil repose, certes, sur la fiction qu’il représente une année fixe, et l’on sait pertinemment que tel n’est pas le cas. Il en est exactement de même quand, pour la désignation des mois et des groupes de mois, on emploie les noms des saisons naturelles. Alors même que le « premier mois de l’inondation » tombe en hiver ou au printemps, le « lever de Sirius » ou la fête du « nouvel an » seront liés au premier jour de l’année civile, bien qu’ils ne tombent ce jour-là qu’une fois tous les 1460 ans1. Aussi trouvons-nous assez souvent la désignation du nouvel an civil (1er Thoth) sous le signe comme dans les calendriers et dans l’inscription de Hapzefa, ; il n’y a que les formules d’ofirandes dans les mastabas de l’Ancien Empire2, qui font une distinction précise entre « la fête du nouvel an de Sirius » Xi/ | wep ronpet, et la fête du nouvel an civil | je» tepi vonpet, « premier [jour] de l’ année,».

Il en est un peu autrement avec les célèbres tables d’heures des astres de nuit, conservées aux tombes de Ramsès VI et de Ramsès IX3. Ici aussi, les uns ont admis l’usage d’une année fixe, tandis que d’autres n’ont voulu y voir qu’un comput de ces règnes. C’est le même texte qui se présente dans les deux tombeaux, quoiqu’il soit plein de fautes d’écriture et de négligences : il est donc certain, avant tout, que nous n’avons pas ici des observations contemporaines de ces rois, mais des copies d’un livre beaucoup plus ancien, le Livre de l’ Horoscope, qui sert à déterminer et à faire pro-

1. De môme encore, chez les Égyptiens et chez les Grecs, le mois lunaire est calculé à 30 jours, quoique dans la moitié des cas il n’en ait

! que 29.

2. Parfois aussi, dans les temps postérieurs ; voyez dans Brugsch, Thésaurus, II, p. 231 sqq., les textes, qui pourraient s’augmenter con-

1 sidérablement.

3. Lepsius, Denkmüler, III, 227-228 bis ; commentées par Brugsch, Thésaurus, I, p. 185 sqq., cf. supra p. 20.

40 ANNALES DU MUSÉE GUIMET

clamer les heures de la nuit1. Précédemment on estimait que les étoiles nommées pour chaque heure du 1er et du 16 de chaque mois étaient celles dont le lever était à ces dates2 observé, et comme le lever de Sirius est indiqué pour le 16 Thoth à 12 h. de la nuit (c’est-à-dire au début du crépuscule du matin, v. plus haut p. 24), on devait donc fixer cette observation en l’an 1260 av. J.-C. (ou bien une période Sothiacjue précédente)3, ou admettre qu’une année fixe fut alors introduite. Mais H. Schack-Schackenburg4 et Borchardt 5 paraissent avoir démontré qu’il s’agit plutôt d’une culmination (passage au méridien) de ces étoiles pour les heures indiquées. Dans ce cas, la table — comme Schack- Schackenburg l’a justement reconnu — est de la seconde moitié du XVIe siècle6, ou peut-être une période Sothiaque précédente, en 3000 av. J.-C. Pour s’en servir pratiquement, il était indispensable d’avoir une notice calendérique dans le genre de celle que nous a conservée le papj^rus Ebers ; celle-ci

1. Clément d’Alexandrie, Stromates, VI, 35, énumère quatre livres de 1 (iipOTy-OTtci; : 1“ 7tspt To-j 8tayd(T(J.O'J r <iiv àTiXavriv cpatvo[J.sv<jûV aorptov ; 2°-3° TtEpi t üv <7-jvo8u>v y. ai (pioTKTjxwv ŸjXicrj y. ai '7îXvjvY]ç ; 4° Tiïpi Tcliv àvafoXwv. La table des heures appartiendrait au premier de ces livres.

2. Voir Biot. Lepsius, Brugsch, Gensler (Die Thebanischen Tafeln stündlicher Sternauj'gànge, 1872).

3. Brugsch est arrivé à 1202 av. J.-C., parce qu’il a pris pour l’heure du lever matinal la 11e heure (à sa fin), où Sirius est assigné au 1er Paophi (voir plus haut, p. 25, note 2).

4. Ægyptulogischc Stuclien , I, 1902, p. 57 sqq. (écrit en 1894).

5. Ein altaggptisches astronomisches Instrument, ÆZ XXXVII, 1899, p. 10 sqq. Borchardt paraît avoir expliqué l’instrument, la marche et la nature de l’observation des heures beaucoup plus simplement et plus justement que Schack-Schakenburg.

6. D’après Ptolémée, Apparit., Sirius se lève à Syène le 16 juillet, et s’y couche 142 jours plus tard, le 15 décembre. Comme dans l’intervalle les nuits deviennent plus longues, il y a entre le premier lever et la culmination environ 2 mois 1/4; quand il s’est levé au 19 juillet, il sera au point culminant le 24 septembre environ, — au commencement du crépuscule. C’est, à cette date que tomba le 16 Thoth, dans les années 1529-1526 av. J.-C.

n’a pas été utilisée pour le tableau, simplement décoratif et par conséquent superficiel, destiné aux tombeaux, mais elle ne peut manquer d’avoir servi de base au livre dont il s’agit. Grâce à elle, l’Horoscope pouvait à peu près se rendre compte du déplacement qui se produisait et se poursuivait régulièrement ; il est probable, si insuffisant que cela fût, qu’il avançait simplement d’un demi-mois tous les 60 ans’.

En tout cas, il est clair que, si l’interprétation de Schack- Schackenburg et de Borchardt est juste, il ne peut être question d’une année fixe. Car une année fixe, dans laquelle le 1er Thoth serait tombé environ au 9 septembre julien, est absolument inadmissible. Il est également de toute évidence que, pour la chronologie, il n’y a rien à tirer des tables des heures. Dans les recherches chronologiques, elles se classent à part, comme les calendriers de fête2 3 4 5.

Enfin la chronologie n’a rien d’important à attendre des. plafonds astronomiques du Ramesséum1, où Brugsch ' et Mahler % qui le suit, ont voulu voir une représentation du re-

1. Il n’y a pas à penser à une détermination exacte par les longueurs ! différentes des heures de nuit dans les mois dilïérents. Pour cela, les

indications qui nous sont données sur les étoiles (tantôt « Sirius », tantôt «celle qui suit Sirius»), ni celles sur les positions de l’horoscope placé sous le méridien (« sur le milieu, l’œil droit ou gauche, l’oreille, le bras, la cuisse », etc.), ne sauraient suffire.

2. Ce que l’on dit des tables des heures vaut probablement pour les listes des étoiles Décan, qu’ont étudiées à fond Brugsch et Lepsius; il ne paraît pas nécessaire de les examiner ici.

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