‹ Chronologie égyptienneChapitre 31 sur 179 · Par Mallier, Æg. Z., XL, 1903, p. 78 sqq · texte numérisé non relu

Par Mallier, Æg. Z., XL, 1903, p. 78 sqq

2. Les dates sont données pour le méridien de Memphis, d'après les jours astronomiques qui courent de midi à midi (par conséquent 12 heures plus tard que le jour civil), les parties du jour sont en décimales; ainsi, février 10. 88 indique, d’après notre expression, le 11 février, ii 9 heures du matin. La nouvelle lune, c’est-à-dire l'apparition

1 visible de la lune, est indiquée 1 jour 1/2 après la nouvelle lune astronomique. Si elle avait lieu dans la nuit ou vers le matin, la lune, natu- I Tellement, ne devenait visible que le soir suivant.

polzer, la date Sothiaque de l’an YII tombe dans les années 1879/78 à 1876/75, et la seule année qu’on puisse lui comparer serait l’année 1852/51 (alors l’an VII serait 1876/75). En cette année on a :

An XXX

26 Payni

26 Épiphi

25 Mesori

20 septembre

20 octobre

18 novembre

Nouvelle lune astronomique

Septem. 21,00

Octobre 20,79

Nov. 19,59

IS'ouv. lune civile

21 Thoth

20 Paophi

20 Atliyr

Idem

19 décembre

17 janvier

16 février

Décem. 19,32

Janvier 17,93

Fév. 16,43

An XXXI

19 Choiak

19 Tybi

18 Mechir

17 mars

16 avril

15 mars

Nouvelle lune astronomique

Mars 17,82

Avril 16,13

Mai 15,41

Nouv. lune civile

18 Phamenoth

17 Pharmouthi

17 Pacbon.

Idem

14 juin

13 juillet

12 août.

Juin 13,71

Juillet 13,06

Août 11,51.

On le voit, dans la première moitié de l’année, la nouvelle lune astronomique elle-même est placée trop tard (d’après notre calcul, 21 septembre, 21 octobre, 19/20 novembre, 19 décembre, 18 janvier, 16/17 février, 18 mars, 16 avril, 15/16 mai, 14 juin, 13 juillet, 11/12 août), de sorte que cette année ne peut, dans aucun cas, être la véritable.

Et pourtant il doit toujours y avoir, dans la période lunaire de 19 ans, une année qui cadre à peu près, surtout si les dates données ne reposent pas sur l’observation, mais sur un calcul brut. Ainsi l’année 1860/59 concorderait assez bien. En cette année, on trouve (je n’indique que le; huit derniers mois) :

An XXXI :

Nouvelle lune .

astronomique •

Nouv. lun. civile I

20 Paophi 19 janvier Janvier 16,31 » 17,8

20 Athyr 18 février Février 14,96 » 16,5

19 Choiak 19 mars Mars 16,44 » 17,9

Idem

Idem

19 Tybi 18 Mechir

18 avril 17 mai

Avril 14,82 Mai 14,13

18 Pkamenoth 17 Pharmouthi 17 Pachon.

16 juin 15 juillet 14 août.

Juin 12,41 Juillet 11,71 Août 10,07.

Les nouvelles lunes visibles (d’après notre calcul, 18 jan- I vier, 17 février, 18 mars, 16 avril, 16 mai, 14 juin, 13 juillet, 12 août) tombent, il est vrai, généralement 1 à 1 2 jours avant la date donnée, mais au besoin, on pourrait , le tolérer. Si c'était là l’année cherchée, l’an VII irait du 7 décembre 1884 au 6 décembre 1883 et le lever de Sirius du 16 Pharmouthi tomberait au 20 juillet 1883. Alors, ce j serait au plus tard l’année du 20 juillet 138 au 19 juillet 139 ap. J.-C. que commencerait la période Sothiaque suivante,

| et, dans l’année du décret de Canope (239/38 av. J.-C.), le 1 lever de Sirius devait tomber au 20 juillet = le 2 Pavni 238. Cette combinaison est donc aussi à éliminer.

Comme il n’y a pas d’autre année qu’on puisse utiliser1, le résultat est que notre hypothèse est fausse; c’est-à-dire, ou bien les années XXX et XXXI appartiennent à un autre 1 roi (Amenemhet II ou Amenemhet III), ou bien, ce qui I est tout à fait invraisemblable, les dates ne sont pas des nouvelles lunes. En fait, cette supposition est aussi tout à fait indémontrable : les fonctionnaires du temple pouvaient

1. En l’année 1863/62, les dates mensuelles du Papyrus correspondent à la nouvelle lune astronomique, mais l’année se trouve beaucoup trop haut, pour qu’on puisse la rapprocher.

ANNALES DU MUSÉE GUIM HT

tout aussi bien entrer en fonction et recevoir leur traitement à n’importe quel autre jour du mois lunaire, par exemple, à la pleine lune ou à un jour du mois lunaire où il y avait fête au temple. Dans ce cas, les distances mensuelles restent naturellement toujours les mêmes, mais les dates seraient faciles à calculer, si nous connaissions le jour en question1.

Ainsi la date Sothiaque est la seule qui soit utilisable pour fixer l'époque de la XIIe dynastie. On sait d’ailleurs qu’aucune dynastie n’est aussi bien connue chronologiquement par les monuments que celle-ci. Comme les quatre premiers rois ont pris leurs fils pour corégents et qu’il y a pour cette raison plusieurs dates doubles sur les monuments, les années à leur attribuer se trouvent tout à fait certaines. Enfin les papyrus trouvés à Kaliun, à l’entrée du Fayoum 2, fournissent dans les règnes suivants un matériel assez riche pour que l'incertitude ne porte que sur une couple d’années. Les doubles dates, aussi bien que ces documents, nous apprennent que, dans la vie civile, les années du roi étaient adaptées aux années civiles, et commençaient aussi au 1er Tliotli 3 :

1. Voici d’autre part, une nouvelle confirmation de l’impossibilité de considérer les dates comme des nouvelles lunes. Le Dr Borcliardt a eu l’amabilité de me communiquer un nouveau fragment qu’il va publier dans Æg. Z., XLI, 1904, — et d’après lequel, en l’an IX, deux ans après la date sothiaque, une nouvelle classe de prêtres entre en fonctions le 10 Phamenotli. Mais, en l’an VI, les classes se succèdent d’après les mois de l’année civile. Comment expliquer cela? Je ne sais. — Mais il est évident que ces dates ne peuvent servir aux calculs chronologiques.

2. Griffith, Hiorcttic Paprjri front Kaliun and Guvob, 1898 (dans le texte, p. 85, il donne une reconstruction de la dynastie et des dates du papyrus de Turin). Borchardt, Dcr zwcitc PapgrusJ’und von Kaliun, dans Æg. Z., XXXVII, 1899, p. 89 sqq.

3. Il peut paraître douteux que les rois eux-mêmes comptaient ainsi, spécialement dans les cas où ils n’arrivaient pas au trône du vivant de leurs pères. Je ne regarde pas comme impossible que, dans leurs documents et inscriptions, ils n’aient pas suivi le calcul civil, mais que, comme Thoutmosis III, ils aient compté leurs années à partir du jour de leur couronnement.

tel est le calcul des années XXX et XXXI (Borchardt, p. 92 s.) et aussi le calcul « depuis l’an XIX, Pharmouthi (jour 1er') jusqu’à l’an I, Mechir, dernier jour », dans lequel des dates de Pharmouthi, dePachon, de Payni, d’Épiphi, de Mesori sont indiquées sous les mots « an XIX » et ensuite « an I, Thoth, jour 1 ». Le document provient donc de l'année d’un changement de règne; les deux rois sont Sésostris II et III, et le papyrus de Turin aussi indique que le premier a régné 19 ans. Le jour de sa mort, d'après les documents de Borchardt (p. 91), fut le 14 Pharmouthi. La question est de savoir s’il est mort dans sa XIXe ou dans sa XXe année, c’est-à-dire si le règne de son successeur a été antidaté ou postdaté. Plus tard, sous la XXVIe dynastie, sous les Ptolémées et les Romains, on sait que cette coutume d’antidater était adoptée sans exception, de même que dans le canon ptolémaïque, et, comme c’est la seule naturelle, nous la suivrons ici. Sésostris II est mort le 14 Pharmuthi de sa XXe année; cette année-la, ensuite, a été comptée comme la Ire de Sésostris IIP.

Le papyrus de Turin nous a conservé les dates pour cette dynastie au moins par portions, et la somme totale, soit 213 ans, 1 mois, 17 jours.

Mais il est hors de doute que le papyrus de Turin dans les doubles règnes n’a pas donné ces nombres qui, chronologiquement, doivent seuls être comptés, mais les nombres d’années que chaque souverain a eues pour son règne personnel. Ainsi Amenemhet Ier, dans sa XXIe année de règne, a élevé son fils Sésostris Ier à la royauté, et a régné à ses côtés jusqu a sa XXX' année. De même Sésostris II,

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