‹ Chronologie égyptienneChapitre 53 sur 179 · Epjxaiov et 'Epixâv L., Hermetum et Hermeum Lat · texte numérisé non relu

Epjxaiov et 'Epixâv L., Hermetum et Hermeum Lat

3. Je n’attache pas d’importance (d’après le § 231) à ce que le règne de Séthos ait pu être compté d’abord à dater de l’expulsion d’IIermaios (Sv èxêaMiôv ô SéOw; Èêa<Tt),Eu<rev ëtr) vû); cela peut être quelque abréviation erronée due aux auteurs des résumés.

4. § 231, Tapi'J/r,; L., Rapsis Lat. ; au génitif, § 245, 'Pa^ov; L., Rapso L«(.;au§251, le petit fils s’appelle ‘Pap^rjî L., Ramsis Lat. Il est visible qu’il faut écrire, dans les trois passages, Txp'j/r,;, gén. 'Pap^rjoC;. Dans Eusèbe, le deuxième roi de la XIX' dynastie s’appelle aussi Tapipr,ç et chez l’Africain Ta'J/âxï);.

5. Le roi Aménophis tôv uiov EsOu), tôv xai ’Papsdirfi àtnb *Pa<]/ov; toû rcaTpo; ùvopa<rpîvov, TtEvTaîTŸj ovra ISUOeto upb; tôv éa-jïoG fftov.

ANNALES DU MUSÉE GU IM ET

la liste de rois IV a et l’histoire de Séthos et de Har'mais (IV b). De ceci nous ne pourrons tirer les conclusions que» plus tard (cf. p. 120). - ; >

Dans ces fragments parfois défigurés de Manéthon, il n’y a d’authentique, à part la liste des rois, que la relation des Hyksos, I, § 75-82’ ; l’histoire de Séthos et de Harmais,î IV b, § 98-101 ; et l’histoire d’Osarseph, V, § '232-251. Tous ils portent si profondément l’empreinte caractéristique des récits égyptiens qu’il ne serait pas le moins du monde étonnant qu’ils réapparaissent au grand jour mot à mot dans un papyrus hiératique. Le manque dé précision, la divagation, cette phraséologie qui sort le plus possible des faits réels, — caractéristique malheureuse des témoignages égyptiens tels que les fournissent les inscriptions royales, le papyrus Harris sur Ramsès III, les biographies, comme par exemple celle d’Ouna, et d’autre part les récits populaires, comme ceux des papyrus relatifs à Chéops et aux Ilyksos, — tous ces traits apparaissent en relief dans les Extraits2 3. Ainsi l’histoire du sage Aménophis, fils de Paapis, est complètement authentique, on en a la preuve1. L’influence

1. Peut-être aussi le noyau du pseudo-manéthonien fragment III, sur la prise d’Avaris (§ 88 sq.) mais en substituant le nom d'Amosis.

2. Renvoyons, en outre, à l’exorde èm to-jto-j ojx oiS' citcw; o ôe'o; àvTÉtive-jtsv etc. (6 6ïb; d’après Eusèbe ; L. ne donne pas d’article avant

et Niese imprime ainsi, mais il pourrait bien y avoir ; d’ailleurs

il me semble trouver quelque chose d'égyptien dans cette façon de donner le nom de dieu avec l’article ; Voir aussi la description

des crimes des Hyksos, au § 76, et des Lépreux au § 249 ; l’expressioir Av avco •/. ai v.y.xw /wpxv du § 77 ; l’explication mythologique du nomt Avaris (§ 78 = 237) ; les grands chiffres absurdes, et les phrases creuses sur les expéditions militaires de Séthos au § 99 ; le développement Oç xpbvo; Exav'oç SopC/sv au § 237, et bien d’autres passages.

3. Cf. Wilcken, dans les Aeijijptiaca (1896) p. 147 sq. Sur Amènes phis, cf. Sethe, ibidem , p. 107 sq. Dans son mémoire sur Imhotep,

( Untersuch . sur Gcschichle und 'AUerthumsffun.de Aqg., II, 4, 1902)' Sethe a placé en son vrai jour le pendant d’Aménophis, le s$ige, Imhotep. Un exemple analogue est fourni par les Prophéties d’Apou, publiées .

des Grecs ne se montre que dans la combinaison de l'histoire des Hyksos avec le prétendu grand royaume des Assyriens (le royaume de Ninus et dé Sémiramis), dans l’introduction du nom de Jérusalem 1 , dans le dénombrement des peuples que Sethos-Ramesses soumet, tels que les Chypriens, les Phéniciens, les Assyriens, les Mèdes (vagues généralités, qui sont de pur style égyptien). Il en est de même pour les récits que font, à Thèbes, les prêtres exposant à Germanicus les hauts faits de Ramsès II d’après les monuments*. C’est ainsi encore qu’au décret de Canope, on traduit Phénicie par Kaft, et Syrie par Routhenou oriental.

Donc, lorsque Josèphe prétend, § 228 (= 104 sq., 287) que Manéthon a traduit (p.£Ôcpp.'/]V£Ù£tv Û7T£cr/6p.£voç) tous ses autres récits éx tüv Upôv ypap.p.aTcov, c’est complètement juste, s’il s’agit de documents écrits égyptiens, mais c’est absolument faux dans le sens de Josèphe, qui comprend par là des àpyaïat àvayparpat de teneur authentique, par opposition aux sources incertaines d’où l’on a tiré l’histoire d’Osarsepli. Celle-ci contient aussi beaucoup d’histoires qui sont aussi peu exactes que les récits sur les Hyksos, sur Sétlios et Harmais, ou même sur le roi Bocchoris et l’agneau3

j par Lange {Sitzungsber. d. B fri. AI, ‘ad. d. Wiss., 1903, p. 001 sq.). La I « chronique démotique » paraît être de la même famille.

1. On ne sait pas avec certitude, si c’est Manéthon lui-même qui a identifié les Hyksos ou les Lépreux d’Osarseph avec les Juifs, ou si c’est une invention attribuable à ceux qui l’ont utilisée dans le sens antijuif.

2. Tacite, Ann., Il, 00: avec une armée de 700.000 hommes, Ramsès conquiert Libye, Éthiopie, Médie, l’erse, Itactriane, Scythie, Syrie, Arménie et L’appadoce et pénètre en ltithynie et Lycie jusqu’à la mer. Suit la mention de tributs et de présents aux dieux.

3. Cette allusion, jusqu’ici tout à fait obscure, a été éclaircie par K rail (Voni K uni g Bocchoris, ap. Festgahcn fur Büdingcr , 1897, cf. A. Moret, /Je Bocchori rege, 1903), d’après un papyrus démotique où se trouve conservé un fragment de la prophétie. Voir aussi le roman déinotique de Petoubastis, publié par Krall, ap. Wiener Z. fur Kunde des Morgenlnndes , XVII, dont on trouverait certainement des traces dans Manéthon.

ANNALES DU MUSEE GUIMET

prophétique. Nous voyons clairement que la source principale de Manéthon a été l’ensemble des légendes populaires; celles-ci constituaient la littérature « historique » des Égyptiens, en opposition aux Annales, sèches mais authentiques, des Babyloniens, où Bérose a puisé.

Les courtes notices que l’épitomé a conservées ont, pour la plupart, le même caractère. Il est possible que Manéthon ait accidentellement recueilli aussi des documents authentiques, peut-être même des inscriptions, mais il n’en apparaît rien dans les morceaux qui nous sont parvenus. Par contre, une liste de rois, dans le genre du papyrus de Turin, a pu lui fournir un canevas, et il en a tiré sa liste et les années des règnes et des dynasties. Son ouvrage tout entier est popr ainsi dire réduit à cette liste dans l’épitomé que nous ont conservé Jules l’Africain et Eusèbe.

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