Loc. cit., p
2. Aa = fr. 34 a, au commencement (à compléter par le signe d’Horus, au milieu duquel passe la brisure); Bb = fr. 97, morceau du milieu ; Ce = fr. 108 à gauche en bas. Les écarts de l’original ne sont pas plus grands que pour les autres fragments, l u est le verso du fr. 1 en bas — comme le dit Champollion-Figeac lui-même.
3. Les deux dernières lignes sont très semblables au morceau central du fr. 59 à droite.
4. Champollion-Figeac, p. 468. Les deux rivaux ont fait preuve de courtoisie dans leurs rapports personnels et se sont communiqué les matériaux. — Ce qui n’a pas empêché Seytîarth, après la mort de son rival, auquel il n’avait pas osé opposer de sérieux arguments, de faire imprimer contre lui les affirmations les plus extravagantes, par ex. : « Cliampollion, en l’absence de l’inspecteur, aurait fait jeter à l’égout la moitié (du contenu de la caisse) » ( Les principes de la Mystique et de l'histoire ancienne des reliyions, 1843, 265). L’essai d’une réhabilitation partielle de Seyffarth, par Ebers, ZDMG XLI, p. 193 sq., dépasse le but.
partie' tout à fait fautives. Champollion a donc essayé, dans sa traduction, de donner le plus de cohésion possible à ces fragments ; par exemple, le nombre 60, attribué à Ménès, il l'a indubitablement emprunté à Eusèbe, comme aussi le nombre 200 .... pour la dynastie. Ceci posé, je ne doute pas que ce qu’il ajoute au Papyrus' ne soit de simples restitutions, pour lesquelles il a peutêtre, à titre d’essai, utilisé parfois d’autres fragments. En tout cas, sa « copie », là où elle s’appuie exclusivement sur Seytïarth, n’a, vis-à-vis de l’original rétabli par celui-ci, aucune valeur intrinsèque.
Chez des écrivains, qui ne se sont jamais occupés sérieusement de la question, il n’est pas rare de trouver cette affirmation que la reconstruction du Papyrus par Seytïarth n’a pas de valeur, et qu’on devrait s’en tenir à l’étude des tout petits fragments tels qu’ils ont été trouvés’. Le Papyrus deviendrait absolument ainsi inutilisable pour établir la suite des rois et fixer la chronologie'. On a même fait à Seytïarth le grave reproche d’avoir osé rapprocher les morceaux les uns des autres de telle façon que les joints ne laissaient que peu et meme pas de traces! Un pareil re-
1. Le plus étonnant c’est qu’il donne, avant le fr. 11, trois lignes, tpii ne sont pas clans le Papyrus :
« le roi ... années 300 ...
» le roi ... années 300 ... mois ... jour total 1 ...
» le roi ... années 200 ...»
Pour les deux rois suivants (en réalité (leb et Osi ris), il donne à cha-
cun 300 années; pour Ma'at 3140, pour Horus qui les suit 1400 + x années + x mois; ensuite vient : « Total des règnes 23, durée en années 5623 . . . jours 28 [ceci tiré de la colonne voisine, fr. 20. 1. 1| », et à la ligne voisine (~ fr. 12) « total des années 13218 ».
2. On peut voir dans Budge, Hislonj uf Eyi/pt, 1002, 1, 115 sep, un recueil amusant d’arguments de cette sorte. L’auteur croit très sérieusement en avoir fini avec le Papyrus.
3. C’est le vrai fondement de ces théories. Le Papyrus est très gênant pour beaucoup de savants; s’il disparaît, on p>ut s’aventurer tranquillement sur la merdes chiffres manéthoniens.
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proche se juge de lui-même; déjà Wilkinson a remarqué avec juste raison, que c’est une preuve évidente du soin avec lequel la reconstitution a été opérée. Quant à moi, depuis que j’ai appris à connaître la copie de Champollion de l’année 1824, mon respect pour le travail exécuté par Seyffarth n’a fait que croître. En effet, jusqu’à lui, on ne savait absolument rien des rois du Moyen et de l’Ancien Empire', et sa première confirmation lui a été apportée par cette table de Séti Ier à Abydos, que les monuments découverts depuis ont complétée de plus en plus. Si aujourd’hui la suite régulière des rois dans le Papyrus a été brillamment établie, si les chiffres et la série des rois de la XIIe dynastie et des premiers rois de la XIIIe 2 qui s’y rattachent, ont été reconnus absolument corrects d’après les documents contemporains, c’est tout simplement parce que Seyffarth a observé avec le soin le plus minutieux tous les points de contact qui permettaient d’assembler les morceaux du Papyrus, et parce que nous pouvons considérer sa restauration comme absolument certaine.
En fait, il n’y a que très peu de places où les fragments n’ont pas été rapprochés correctement1 2 3.
1. Seyffarth a, par ex., cherché les rois Othoes et Pliios (VI' dyn.) dans le fr. 20 (col. 2, 16, 17), c'est-à-dire parmi les premiers rois de la I" dynastie : v. son mémoire Remarks upon an Egyptian History in Egyptian Char aciers ; ap. London Literary Gazette, 1828 (tirage à part à la Bibliothèque royale de Berlin), où il a lu les noms des dieux du fr. 11, pour la plupart très exactement.
2. De Bougé en 1850 a déclaré la restauration de Seyffarth inadmissible ( Reçue archéologique, VII, 2e partie, p. 561 et suiv.). Dans ce travail, il s’exprime d'une façon très défavorable sur le travail de Seyffarth. Plus tard, il a porté un jugement tout autre : « l’arrangement du à M. Seyffarth, qui, en ce point comme en beaucoup d’autres, a tenu un compte scrupuleux des indications matérielles », Six pr. dyn., p. 154; ce qui n’a pas empêché Budge de ne s’en tenir qu’au jugement suranné de De Rougé en 1850.
3. A la col. VII, le fr. 74 ne peut se raccorder avec les fragments 72 + 73; de même, comme l’a reconnu Pieper, le petit morceau qui se trouve entre les fr. 78 et 79. A la col, V, les fr, 45 et 48 sont à séparer
Quant aux fragments isolés qu’on n’a pu assembler à d’autres par contact immédiat, leur classement dans chaque colonne est en général étonnamment heureux1. On s’est guidé surtout sur l’écartement des lignes et le caractère de l’écriture. Dans le détail, par suite du progrès des connaissances, il y a beaucoup de changements à faire; avant tout, on a reconnu, que la col. II doit se placer avant la Col. I, que les fragments attribués aux col. I, III, IV doivent être répartis en deux colonnes. La .col. X appartient en toute vraisemblance à la fin, et les fragments épars qu’on a répartis aux col. XI et XII, appartiennent peut-être à une seule colonne. Quant à maints petits fragments qui sont distribués sur toutes les colonnes et desquels on ne peut tirer rien ou si peu que rien, du moins tant qu’ils restent isolés, leur place restera sans doute toujours douteuse.
De nouvelles recherches sur l’original faites par un technicien, au courant de la science aujourd’hui si développée de la reconstitution des papyrus fragmentaires, et qui pousserait plus loin ce travail avec le concours d’un égyptologue initié à toutes les finesses de l’écriture hiératique de cette époque, donneraient sans doute des résultats inappréciables. Il serait grandement à désirer que l’éminent directeur actuel du Musée de Turin, Ernesto Schiaparelli, prêtât la main à une entreprise de ce genre. Le verso du papyrus, que personne jusqu’à présent n’a essayé d’utiliser, laisse encore beaucoup à espérer; ce serait un grand avantage, si, grâce à lui, on pouvait encore classer et réunir quelques fragments plus grands, et avant tout contrôler l’adaptation et la concordance des morceaux principaux. Pour la lecture du recto, l’excellent fac-similé de Lepsius publié par Wilkinson
fies fr. 46 + 47. Ce sont les seuls changements qui me paraissent à faire flans le rapprochement immédiat des morceaux raccordés.
1. Par exemple, il est étonnant que Seyfîarth ait pu placer correctament un fragment comme les n”* 46 + 47; la preuve qu’il est bien à sa place est faite, depuis qu’on y a reconnu le nom d'Achtoes. I.a reconstruction de la col. VI n'est pas moins admirable.
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paraît offrir une base complètement sûre; il n'y a que très peu de places, par exemple dans les noms de rois fr. 20, I. 5 et fr. 47, 1. 3, où un spécialiste éminent de l’écriture hiératique pourrait peut-être encore faire de nouvelles trouvailles sur l’original.
Le Livre royal de Turin, d’après Wilcken1, forme en réalité le verso d’un papyrus, sur le recto duquel sont indiqués, dans une écriture extraordinairement négligée, les comptes d’un bureau royal (livraisons de l’Oasis) du temps de Ramsès II!. Quoique j’aie conservé la désignation habituelle de verso pour ce côté du papyrus, cette désignation même reste douteuse, s’il faut admettre sans restriction la règle posée par Wilcken, à savoir que les lignes horizontales d’un papyrus indiquent le recto dont on s’est servi d’abord, et que les lignes verticales indiquent le verso et n’ont été écrites que beaucoup plus tard.
En tout cas, il est certain que le Livre royal n’est pas un document privé, ni une copie faite pour un usage domestique. Le Papyrus a bien plutôt, même extérieurement, l’aspect d’un livre manuscrit ; il est beau, d’une écriture exceptionnellement belle, dans les premières colonnes surtout, avec de grands traits, fermes et des lignes largement espacées. Il est donc a présumer qu’il appartenait au bureau désigné; on y avait besoin d’une liste de rois authentique, puisque tous les documents étaient datés d’après les années de règne. Quand l’exemplaire dont on s’était servi jusque là était hors d’usage et devait être recopié, on prenait sans doute pour cet usage un rouleau d’actes plus vieux, dont le contenu n’avait plus de valeur. — Les anciens, comme on sait, étaient très économes de papier ; n’en sommes-nous pas nous-mêmes quelque peu avares, si bon marché qu’il soit devenu ?
t. Hcr mes, XXII. 492.