‹ Chronologie égyptienneChapitre 71 sur 179 · Fr. 11, verso, 1. 5 et 6; ir. 3U, verso, dernière ligne · texte numérisé non relu

Fr. 11, verso, 1. 5 et 6; ir. 3U, verso, dernière ligne

La partie écrite des colonnes avait comme hauteur, vérification faite sur les fragments, 400'nm. Le scribe a écrit les cinq premières colonnes (=I-YI des éditions) à grands, traits, avec une large interligne (É6-29 lignes par colonne). Puis il s’est aperçu que, pour la longue liste de noms, qu’il avait encore à copier, l’espace allait lui manquer: alors il commence, dès la 6e colonne, à écrire plus petit (col. G VII, 30 lignes; 7 — VIII et 8 — IX, 31 lignes, v. plus haut p. 83). Les colonnes deviennent aussi plus étroiles. Les deux colonnes qui suivent se rétrécissent encore et laissent beaucoup plus à désirer pour l’écriture (X, XII =9 ou 9, 10). Puis un autre scribe a remplacé le premier, écrivant avec des traits plus gros, plus épais; c’est de lui qu’est la dernière colonne X = 10 ou 11, sur laquelle se trouvent les noms indiqués p. 84, note 1. qui vraisemblablement appartiennent aux Hyksos. Le fait que cette colonne est évidemment d’une autre main que celle qui a écrit les. col. XI-XII prouve qu’elle appartient à la lin du Papyrus',

La dernière colonne du Livre royal peut d’ailleurs n’avoir été réellement la dernière, car dans les fragments conservés, il n’y a pas un seul nom du Nouvel Empire : on ne peut vraiment pas supposer qu’une liste de cette sorte ait été interrompue plusieurs siècles avant le temps où elle a été écrite. Il ne reste pas non plus de morceaux se rapportant au total final ni à la subscription du scribe, développée certainement en plusieurs lignes, qui ne pouvaient manquer dans le manuscrit. Et voici une autre preuve (pie le Papyrus s’étendait encore plus loin; le fr. 110, qui appartient à la marge gauche de la col. X (il contient la lin des chiffres de règne; comp. aussi fr. 107, 109, 111, 113), au verso, où il forme le début de ce (pii a été conservé, contient la lin de plusieurs lignes. Il a donc été perdu, depuis le début du

1. Déjà Lauth a mis en avant la transposition. On ne pourra d'ailleurs obtenir complète certitude sur le contenu cl l’ordre des dernières colonnes que par une étude exacte du verso.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

verso, toute une colonne jusqu’à ces signes : au revers de cette colonne, il devait y avoir la lin du Livre royal, environ 2o noms du Nouvel Empire, et la conclusion de tout l’ouvrage.

Il est évident que le Papyrus royal de Turin est la copie d’un document et non pas un travail original; cela confirme ce que nous avons vu plus haut, à savoir que le total de la XIIe dynastie n’a pas été calculé par le scribe du Papyrus d’après les chiffres de chaque roi, mais emprunté à une autre source. De quelle époque date le document, on ne peut le dire. Le seul fait clair, c’est que de telles listes ont dû être rédigées une première fois et continuées par la suite, comme par exemple le Canon ptolémaïque. La façon dont on a incorporé la XIVe dynastie à la XIIIe semble prouver que la rédaction a eu lieu au plus tôt au commencement du Nouvel Empire : en voyant tous ces règnes éphémères énumérés l’un à côté de l’autre, on peut difficilement reconnaître l’œuvre d’un contemporain; le classement n’a dû être fait qu’après la lin de cette période. On l’a vu déjà d’après les rapports du Papyrus avec la table de Sakkara : le Papyrus semble donner là une liste royale telle qu’on la dressait officiellement dans la Basse Egypte.

Le Papyrus commence, comme toutes les listes similaires postérieures, par les Dieux. Ensuite viennent les rois humains, rangés par dynasties, qui parfois s’écartent fort des dynasties manéthoniennes. L’auteur distingue même des groupes plus grands, délimités par des totaux, et des dynasties

séparées, qu’on distingue par les mots « il a régné », intercalés entre le nom du roi et les années de son règne; ailleurs ces mots n’apparaissent point, même au commencement d’une colonne (col. 3— III; 7 = VIII;

8 = IX’), à l’exception de la colonne 6 = VII, où, contre la

1. Je désigne les colonnes de Seyttarth, dans les éditions de Lepsius

règle, ils sont écrits derrière Amenemhet IV. Les chiffres des ans de règne sont donnés en années, en mois, en jours, à très peu d'exceptions près, où les règnes sont comptés par années pleines, sans mois en plus. Pour les rois des trois premières dynasties de Manéthon, on avait aussi indiqué leur âge; plus tard, on ne le fit plus. Les totaux sont annoncés par le signe « total » écrit en rouge; ils sont également donnés en années, mois et jours, excepté pour la VIe dynastie. En règle générale, qui offre cependant des exceptions (par ex. pour la XIIIe dynastie et pour Ménès), après une division dans les dynasties, le titre de roi est aussi écrit en rouge1. Certaines inscriptions particulières désignent la dynastie suivante; telle que « les rois depuis Ménès » (dyn. Ire-Ve), les Hérakléopolitains (dyn. XIe, XIIe, XIIIe); par contre la VIe dynastie n’a pas de subscription, parce que le scribe a commencé la col. 4 une ligne plus haut que les autres.

Entre la dynastie VIe (-f- VIIIe), c’est-à-dire la fin de l’Ancien Empire, et les Hérakléopolitains, se trouvent plusieurs lignes, qui en plus des totaux avaient contenu des notices. De semblables données se rencontrent à la col. 9 (XI, XII) (v. plus haut p. 85; ; plus loin on trouve de courtes remarques, pour nous inintelligibles, après les nombres d’années de règne (la col. 3 (III), 1. 8 et col. 6 (VII), 1. 6). Quelques-uns des fragments 35-39, isolés et absolument incompréhensibles pour nous, peuvent avoir aussi contenu de semblables notices.

Les colonnes suivantes, à partir de la XIIe dynastie, ont été examinées plus haut. Les colonnes précédentes vont être analysées et autant que possible reconstituées dans le

et 4e Wilkinson, par des chiffres romains, et par des chiffres arabes les colonnes telles que je les reconstitue.

1. Des signes se trouvent aussi écrits eu rouge au fr. lül), pour des chiffres d’années (et aussi col. ff = VII. fr. 72 a, à gauche et sur les fragments isolés n°* 4 et 45).

chapitre suivant1. Les tables II à V adjointes ci-après sont calquées sur le fac-similé de Wilkinson, et réduites aux 5/6 par la photolithographie. Les lignes sont numérotées d'un bout à l’autre. La longueur des colonnes est mesurée jusqu’à la ligne d’écriture de la ligne la plus basse. Audessus de la ligne supérieure, pour avoir un point de départ uniforme, on a compté partout une marge de 15mm. On aurait pu facilement, en resserrant les fragments séparés, diminuer encore la faible différence de longueur que présente la partie écrite des colonnes (qui naturellement, même sur l’original, ne sont pas égales à un millimètre près). Voici ces longueurs : col. 2, 400mra ; col. 3, 391nim ; col. 4, 398mra; col. 5, 393mm. Pour la lecture des passages les plus difficiles, surtout col. 2, je dois à M. le D' G. Moller mes plus vifs remerciements.

1. De Rougé a déjà restitué en substance et correctement la 2r et la :1‘ colonne (Six premières ch/nasties, pl. III). Lauth ( Munetho und dcr Turiner Knnii/spapi/rus, 18(55) a essayé de donner un nouveau classement pour tout le Papyrus. Sa reconstruction est parfois excellente, mais parfois aussi tout à fait inadmissible Surtout, il a beaucoup trop peu tenu compte de la distance des lignes, du caractère de l’écriture et de la longueur des colonnes.

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