VII. « ac deinde manium et semideorum1 regnum annis
Comme somme totale pour les dynasties I1I°-VI1P, Eusèbe donne 11000 ans, chiffre arrondi pour le total exact 11025.
Nous trouvons donc encore ici, comme dans le Papyrus, entre les dynasties de Dieux et les Nsxueç r^ibeoi ■ Semsou Hor, un nombre (4) de dynasties, partie de demi-dieux, partie de souverains terrestres de Memphis et de Thinis. La concordance du Papyrus avec Eusèbe est souvent si grande que l’on a essayé de les mettre tous les deux encore plus en harmonie2; mais la chose n’est pas réalisable, surtout dans l’état morcelé du Papyrus qui ne laisse pas reconnaître avec sûreté à qui appartiennent les chiffres partiels. Il n’y a qu’une chose absolument claire aujourd’hui : c’est que toutes les tentatives sans cesse renouvelées3 de présenter la tradition d’Eusèbe comme altérée et faussée, sont insoutenables. Entre les Dieux et les Se insou Ho v (dans lesquels Sethe retrouve avec raison les souverains, encore perceptibles pour l’historien, des deux royaumes d’Hiérakonpolis et de Bouto qui ont précédé immédiatement Ménès), la tradition égyptienne a connu plusieurs dynasties de souverains terrestres; et je n’hésite pas à reconnaître ici un souvenir, sans doute affaibli, mais au fond correct, de la préhistoire égyptienne, qui nous ramène loin en arrière des temps qui ont précédé Ménès, et même avant les temps des deux royaumes. Nous reviendrons à ce sujet quand nous en serons à la Pierre de Païenne.
1. C'est ainsi sans aucun doute qu’Eusèbea écrit (p. 133, 25; 135, 11. 15. 31 ; 137, 8 ; ^.Eià vj/.ja: /.al -rj-jç tt, jjuôsouç, Sijnc., p. 102, 10) au lieu des mots corrects vây/jsç r,y.tbétn conservés par l’Africain ( Sync ., p. 100, 16 jj.îrà véitvaç tov; r^ibé ou; = Barb., p. 38, a post liée Ecyniorum reges interpretavit imitheos vocans et ipsos, fortissimos vocans).
2. Par ex., les IIe et IIP Dyn.du Papyrus =20 + 10 = 30 rois correspondraient aux 30 Memphites d’Eusèbe (V) ; les 330 ans de la IVe Dyn. du Papyrus aux 350 ans des Tliynites d’Eusèbe (VI).