‹ Chronologie égyptienneChapitre 83 sur 179 · IV. Necherocheus et alio · texte numérisé non relu

IV. Necherocheus et alio

rum VII 214

(Comme Iru dynastie, Bar-

barus compte les Ecyniorum reges = Nixueç.)

fr. 44, 1. 2; fr. 61, I. 7 ; col- A'II, fr. 7Zi in fine ; col. IX, fr. 97, 1. 5; fr. 99, 1. 2 ; c'est plutôt , mais il doit rendre le son : 30. — 7. Arm. : Wavenepliis. — 8. /§m..'Memphses. — 9. Arm. .-Wibethis.— 10. S// ne. . Kol Ssû«jo; Xiüo; ; Arm. : Kekhoug.

fr. 46, qui ne contient au bord extrême gauche qu’une couple de commencements de lignes (appartenant à la col. 4), on constate que le côté gauche de la col. 3, du moins dans les 9 à 10 dernières lignes, n’a pas porté d’écriture sur une largeur d’environ 40mm.

Les listes de rois des 7re et IL dynasties

Le Papyrus de Turin groupe en une division unique les rois de l’Ancien Empire, ceux des cinq premières dynasties de Manéthon. A l’intérieur de cette division, il n’y a que deux sections indiquées par une rubrique rouge et la répétition des mots : « il régna », placée entre le nom et le chiffre d’année : col. 3, 1. 5 à Zoser et 1. 20'. Par conséquent le Papyrus suit une autre division que celle des dynasties manéthoniennes : aux cinq dynasties de Manéthon ne correspondent chez lui que trois dynasties.

Je donne maintenant la liste des 18 rois jusqu’à Zoser, qui correspondent aux deux premières dynasties de Manéthon et au premier roi de la troisième, et je place vis-à-vis les listes des tables d’Abydos et de Sakkara, la liste de Ma néthon d’après Jules l’Africain4 et Eusèbe1 2 3, et la liste d’Eratosthène (voir le tableau). La transcription n’a d’autre but que de permettre une orientation à ceux qui voudraient se servir de ce tableau, sans pouvoir lire les hiéroglyphes: on ne peut d’ailleurs donner pour plusieurs de ces noms une transcription véritablement correcte.

1. La rubrique rouge a disparu ici, mais lr nj m èinji est conservé. La col. 3 n’a sûrement pas usé de cette formule pour d’autres rois; la col. 2 ne présente nulle part de rubrique rouge.

2. A]», le Syncelle, p. 1U0, 16-102, 7; 101, 3-7. (Ce dernier morceau est faussement attribué à la fin de la IL dynastie d'Eusèbe, tandis que le morceau d’Eusèbe qui appartient à cette place n'arrive que p. 106. 3 et suivantes. |

•t. Citron., I, p. 137 Scliome Sync., p. 102, 10-104,2; 106, 3 H.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

Il apparaît ici très clairement que la liste d’Eusèbe n’est qu’une variante corrompue et superficielle de celle de l’Africain1. Pour quelques noms (I, 8; II, 2) Eusèbe a gardé la forme la meilleure; les variantes pour les nombres tiennent généralement à des négligences et à des fautes d’écriture, surtout dans les totaux. Le total du tomos nous apprend que la somme originale pour la Ire dynastie a dû être 263. Les noms Oûtjatpâtôoç et MiSphÔôç dans l’Africain, en regard de Qvgol'çcuç et XtejBaîç (lisez MtSjSiç) dans Eusèbe, Aca(3tr^ (lisez Miajâr/jç) dans Ératosthéne, paraissent montrer (pie le document où a puisé l’Africain donnait les noms des rois au génitif. Nous avons déjà parlé plus haut des interpolations commises par Eratosthène sur le fond de Manéthon.

Il n’est pas possible de dire jusqu’à quel point la forme la plus ancienne qu’on puisse atteindre de la liste reproduit réellement le Manéthon authentique. D’après ce que nous j avons appris des dynasties XIIe-XIXe, nous ne pouvons, a cette époque, nous attendre à trouver des chiffres utilisables fj pour l’histoire. On a souvent mis en évidence que la somme totale des deux premières dynasties, 565 ans pour 17 roif (en moyenne plus de 33 ans pour chacun), était historique ment inadmissible. L’essai que vient de faire Sethe 2 pou la justifier, trouverait difficilement des approbateurs.

Les quelques dates conservées dans le Papyrus paraisse!!1

1. Dans les courtes notices historiques sur les rois, Eusèbe et l'Air c-ain sont complètement d’accord, jusqu’à l’adoucissement caractéri tique de la donnée sur1 la taille de Sesochris dans Eusèbe (voyez pli haut p. 75, n. 1 ).

2. Bcit. ;nr attestai Ge.sch. Æ y y pions, p. l(j et suivantes. — Fra chôment, il serait prodigieux que les trois premiers lois, qui sont e' pressément indiqués connue père, (ils el petit-fils, aient régné ensenib 151 ans. 11 aurait fallu alors que Menés fût monté enfant sur le trôr comme Louis XIV, dont l’arrière-petit-fils n’est mort que 131 ans api < son avènement (1(143-177 1), ou comme Louis XV, dont le plus jeu! petit-lils, Charles X, mourut 117 ans après son avènement (1715-183 . Donc même ces rapprochements ne prouvent rien.

beaucoup plus croyables. Les quatre derniers rois régnent ensemble 66 ans, 1 mois, x jours. Les trois premiers d’entre eux n’ont pas atteint un grand âge. Le premier, Nefersokar, si le nombre 20-j-x pour son âge est juste, (au besoin on pourrait lire 30), dans l’hypothèse la plus favorable est arrivé sans doute au trône à peine majeur, son successeur Haizefa à l’âge de 22 ans, et Zazai, alors qu’il était encore enfant. Pour les rois qui les ont précédés, on trouve une durée de vie beaucoup plus élevée; mais les nombres sont encore admissibles. Il n’y a que deux rois, dont les noms sont d’ailleurs très semblables, Beounoter et Benoteren, qui auraient atteint le même âge élevé de 95 ans, ce qui est peu vraisemblable. Quand bien même il y aurait sur ces faits une tradition dont on puisse se servir réellement — ce que semble indiquer la Pierre de Païenne où l’année de naissance de Cha'sechmoui est indiquée — on peut supposer qu’il y ait eu parfois des inexactitudes et des exagérations. En faveur de l’existence d’une tradition, citons ce fait que pour l’âge do Kekaou aucun chiffre n’est donné : pour lui il n’y avait pas de tradition connue. Si les données concernant l’âge des rois n’avaient reposé que sur des fictions, on aurait assurément trouvé un nombre pour lui aussi’.

Il est particulièrement remarquable que Nebka, le dernier roi de la dynastie, ait 19 ans pleins, sans mois, ni jours en plus; on ne donne pas non plus son âge. Comme on ne peut guère (ni conclure qu’il est mort au dernier jour de sa 19e année, cela veut dire (pie l’on a ajouté sa 20° année à la première de son successeur Zoser, et qu’on n’a pas compté son temps de règne jusqu’à sa mort. Nebka peut très bien s’être maintenu plus longtemps dans une autre partie de l'Egypte, de même qu’inversement Zoser peut avoir régné précédemment n'importe où. La liste officielle de rois, que le

1. Ou s'explique que les chiffres d’âge aient pu être donnés en années pleines sans mois ni jours, car cela n'avait aucune importance pour la chronologie.

ANNALES DU MUSEE GUIMET

Papyrus reproduit, ne reconnaissait pas ces règnes, mais datait le changement de règne du 1er jour de l’an de la 20e année de Nebka. Zoser était donc un usurpateur ; ainsi s’explique ce fait que le Papyrus commence avec lui une nouvelle dynastie marquée par la rubrique rouge.

Si maintenant nous comparons les noms et la suite des rois, il apparaît que le Papyrus a compté 18 rois avant Zoser, comme Manéthon, et les tables d’Abydos et de Sakkara contiennent ensemble 19 noms. Dans le détail, à côté de nombreuses concordances, on trouve les écarts les plus extraordinaires. La XIIe dynastie nous a déjà montré combien peu la concordance dans le nombre total des règnes d’une dynastie prouve pour l’identité des noms en particulier; c’est ce que nous apprennent aussi, par exemple, les listes de l’Africain et d’Eusèbe, pour les dynasties XXVIe et XXVIIe.

D’abord, dans Manéthon le 18e roi, le prédécesseur de Tosorthos --Zoser1, n’est pas le dernier roi de la IIe dynastie, thinite, mais le premier de la IIIe dynastie, memphite. Comme son nom Necherophes ou Necherochis ressemble peu à Nebka, nous n’avons vraisemblablement pas à chercher ce premier roi dans le second; ce premier roi nous semble plutôt un prédécesseur de Zoser, qui s’est rendu indépendant et qui, d’après Manéthon, ici en opposition avec le Papyrus, fut déjà reconnu comme roi légitime à la place de Nebka. C’est peut-être pour cela que la table de Sakkara a passé Nebka. Mais, naturellement, ceci n’est qu’une hypothèse.

Pourquoi la liste de Sakkara a-t-elle laissé de côté les cinq

1 . Il n’y a pas de doute sur l’identité des deux noms. Le ô égyp

tien (scientifiquement transcrit cl) se retrouve par ex. dans le nom d. Tanis (égypt. Z'/i, hébr. [Dît) transcrit par t, (on transcrivait précédera ment V). Pour Tosortliros ( Afr .) Eus. arm. donne Sosorthos [Sesorthos S ij ne. \ ; ici l’s au début du nom est une tante d’écriture, par contre 1' ne doit pas exister dans la syllabe finale, de sorte que la forme correct est TdcropÔo;.

premiers rois? On ne peut le dire. Le Papyrus est d’accord pour leurs noms avec la table d’Abydos; par contre tous les deux, pour le troisième et quatrième nom, s’écartent très fortement de Manéthon. Remarquons que dans ces deux listes, le deuxième, le troisième et le quatrième roi' ont des noms tout à fait semblables que nous pouvons bien prononcer tous les trois Athothis — et ici le témoignage d’Ératosttiène concorde d’une façon étonnante, puisque le premier et le deuxième roi s’appellent aussi chez lui tous deux Athothisb Dans Manéthon, par contre, ces rois s’appellent :1e deuxième Athothis, le troisième Kenkenes, le quatrième Ouenephesb On peut affirmer avec certitude que Kenkenes et Ouenephes ne sont pas seulement d’autres noms pour les Atetj (j et niais vraiment d’autres rois, qui ré-

gnèrent dans une autre partie de l’Egypte qu’ Athothis 11 et Athothis III. Nous ne saurions rien dire de plus précis, d’autant que les noms trouvés pour les successeurs de Ménès dans les fouilles d’Abydos ne peuvent nous sortir d’embarras.

Pour les rois 5 et G, il y a concordance unanime. En

effet le nom du cinquième ffl£ = hspti devait se

prononcer en fait Ousaphais (Ousaphaidos), puisque c’est la lecture correcte, d’ailleurs diflicile, du nom ; et le sixième, Mrbopn, correspond à Miebis (Miebidos).

Nous ne savons pas comment prononcer*^ dans A* [omis dans SJ, et le nom écrit phonétiquement, qui se trouvait à cette place dans T, est par malheur complètement détruit. Aussi est-il possible que tous deux rendent le même nom,

1. Ou tout au moins dans le Papyrus, le second et le quatrième; le nom du troisième n'est pas conservé.

2. Le troisième Athothis est omis chez lui, île même que Ousaphais.

:i. Les trois noms "AOwGi;, Ksvxsvti; et o-jswsÿr,; (avec les années 2>S, 30

et 42) sont au Line de Sot/iis sous les n"' 50-01 (Svnc., p. 320).

4. J’userai des initiales : T pour Papyrus de Turin, A pour table d’Abydos, S pour table de Sakkara, M pour Manéthon, E pour Eratosthène.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

qui dans Manéthon (et Ératosthène) parait être Scineuipses; il est possible aussi qu’ici se trouvent deux ou trois noms différents (ef. p. 179) et que l’omission de ce roi dans S tienne à ce qu’aucun ne passait pour légitime. A la huitième place apparaît dans T, A, S un roi Qebl.iou, dont le nom manque dans Manéthon, et à la neuvième place dans T et S, Beounoter, — dans A.Bazaou. Le nom Beounoterest évidemment identique avec celui du huitième roi de Manéthon OûêtevGiç (Eusèbe arm. Wibethis; défiguré par l’Africain en 13 ir^zy-^ç): le nom de Bazaou est identique au huitième roi de la IIe dynastie, Boethos de Manéthon et de l’Africain (dans Eusèbe et Barb., mal écrit Bto/oç, Bokhus). Nous avons donc ici le même phénomène qu’à la fin de la IIe et au commencement de la IIIe dynastie de Manéthon — un peu plus compliqué seulement : les listes égyptiennes nomment tout d’abord un roi Qebl.iou que Manéthon passe; viennent après lui deux rois concurrents, Beounoter, le dernier rejeton de la vieille dynastie que T et S seuls reconnaissent, et Bazaou, le fondateur d’une nouvelle maison régnante, dont A seul fait mention. Manéthon a, cette fois, admis les deux noms, mais à cause de cela il a omis Qebl.iou.

Pour les rois suivants, où il y a des divergences, et comme dans le cas présent, T est le plus souvent d’accord avec S', et non pas avec A. Les rois qui suivent sont identiques dans toutes les listes :

Page 1