ANNÉE VAGUE, ANNÉE SIRIUS ET ANNÉE SOLAIRE VRAIE
Les noms des trois saisons de l’année, inondation, semailles (ou hiver) et moisson', nous apprennent que les Egyptiens ont cru avoir trouvé la véritable durée de l’année solaire en fixant l’année à 365 jours. Mais la supposition était notoirement fausse. Il fallut peu de temps aux observateurs des astres pour découvrir que le calendrier était en retard sur la position du soleil et des étoiles d’un jour tous les 4 ans, et, après un espace de temps un peu plus long, ce retard du calendrier fut sensible par rapport aux saisons, c’est-à-dire aux travaux des champs et au cours de l’inondation. Mais cette observation n’a eu pour conséquence ni un changement dans le calendrier, ni l’introduction d’un jour intercalaire chaque quatrième année. La raison en est la crainte qu’on eut de faire ainsi une année boiteuse et de jeter à nouveau du trouble dans le calendrier. Et puis il y avait la force de la tradition. Avant tout, la grande utilité pratique du nouveau calendrier plaidait pour sa conservation intégrale. Si, en regardant un long espace de temps, l’inconvénient nous paraît à nous très sensible, n’oublions pas qu’il a bien peu d’importance dans la vie d’un individu ou d’une génération. En 60 ans, ce qui est la plus haute moyenne pour l’activité effective d’un paysan, la différence ne porte que sur 15 jours, et se produit si lentement et si régulière-
1 . Dans Diod., I, 26, 5, sap (= somou, moisson), Osp&ç (= echout, débor dement) et xsi|amv (= projet). Au décret de Canope, les saisons naturelles
de l’année et ôspoç sont traduites (1. 41 sqq.) dans le texte hiéro-
glyphique par 0 projet et © somou. Nous apprenons aussi,
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par une inscription de la presqu’île de Sinaï, qui date de la XII" dynastie, et dont je suis redevable à Breasted (cf. IV, à la fin), qu’en ce
temps, a le troisième mois de l’hiver »