‹ Chronologie novenaireChapitre 14 sur 62 · CHRONOLOGIE NOYENAIRB DE PALMA GAYET · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE NOYENAIRB DE PALMA GAYET

(^toit party de Compiegne : ses espions loi rapportèrent avec assearance qu'il n^avoit que mille chevaux et trois mille hommes de pied, saos aucune pièce de canon. Ils disoient vray; car le duc de Longueville lit faire alte à Verbery, et, scachant bien que les espions ne manqueroient point de rapporter qu'il n'avoit point de canon, ne le fit partir de Compiegne que quelque temps après luy , afïïn que le duc d'Aumale Testimast plus foible qu'il n'estoit. En attendant son canon à Yerbery, il fit assembler tous les seigneurs, et leur dit : t Messieurs, quand chacun de vous considérera à quoy tend ceste affaire, et de combien elle importe au Roy et à toute la France en gênerai, je ne doute point qu'il n'y en aura pas un d'entre vous qui n'estimera heureuse la journée en laquelle il respandra son sang pour une si bonne occasion. Toutes choses se doivent faire par conseil. Quoy que je sois vostre gênerai, j'ay commandement exprez de Sa Majesté qu'ez affaires de la guerre j*use du conseil de M. de La Noue : nul d'entre vous n'ignore les grandes charges militaires qu'il a exercées, et desquelles il est venu heureusement à bout. C'est pourquoy en ceste journée si importante à toute la France, je le supplie de prendre la conduite et la disposition de ceste petite armée. Quand à moy , je luy obeyray comme soldat, et je vous supplie tous de faire ce qu'il ordonnera. »

Tous les seigneurs, sur un refus que fit M. de La Noue d'accepter ceste charge, le supplièrent de la prendre, et d'obeyr à la proposition de M. de Longueville, et que.quand à eux, qu'ils ne manqueroient point d'obeyssance , et d'exécuter son commandement en ceste journée. Ainsi M. de La Noué , pressé de prendre ceste conduitte, l'accepta, et, le canon arrivé de Compiegne, ayant disposé de l'ordre et comme dévoient cheminer toutes les troupes, estant au devant d'icelles, il leur parla en ceste sorte : «Messieurs, les bons chefs ont leur espoir, non en une confuse multitude d'hommes , mais en la vaillance et vertu d'une petite troupe de combattans hardis et courageux. Le nombre de nos ennemis est grand ; nous en avons à combattre deux contre un, pour ce qu'ils sont deux fois autant que nous. Mais je vous voy tous François, et tous en bonne volonté de faire paroistre aujourd'huy le devoir que vous devez au Roy et à la France contre une multitude de rebelles, et contre une armée ramassée parmy la lie du peuple, qui ont changé Taune de leur» boutiques en lances , se presumans d'esgorger la noblesse et piller leurs maisons à la campagne aussi bien qu'ils ont faict dans les villes en leurs séditions populaires, et, sur ceste présomption ont osé, sous la conduite

de personnes qui n'eurent jamais aucun bonheur à la guerre, assiéger Senlis, Sealis, messieurs, qui est une place, affln que je vous parle franchement, en laquelle à présent gist le sahrt de toutes les provinces de France qui sont de deçà la Seine; car, si elle n'est seoouraè par vous, et qu'il faille que l'eunemy la reprenne, je vous dis que, outre la perte des bons François qui se sont jettez dedans pour la deffendre courageusement, et l'injure grande qu'en receTra nostre Roy, vous vous pouvez asseurer que le peuple des villes rebelles vous fera la guerre plus cruelle qu'auparavant, et qu'il faut que vous laciez estât, 6 noblesse, de n'avoir plus de maisons et de chasteaux aux champs que le peuple ne pille et abatte, ainsi qu'ils ont desjà foict m plusieurs lieux. Je vous ay dit que l'ennemy atoit en plus grand nombre que nous, il est viay; mais je voy à vostre gaillardise qu'il n'y a pas un d'entre vous qui eust à combattre deux de ces rebelles en particulier qu'il ne s'en promist d'en avoir la victoire. L'ennemy se fie au nombre de ses hommes; et j'espère, avecla grâce de Dieu, que nous ne serons en peine de combattre homme à homme, mais que, suivans toos l'ordre qui vous sera donné, en combattant à tout oultrance vous vous ferez voye par le milieu des escadrons ennemis, leur passerez sur le ventre, et jouyrez de leurs despouilles, et, outre le profit que vous ferez de vos prisonniers, vous aurez pour butin tout le bagage de ces nouveatu soldats. »

Toute ceste petite armée, voyant l'opinion que leur conducteur avoit d'elle, marcha si allaigrement, que l'on eust dit qu'elle alloit à quelque beau festin. Avec M. de Longueville estoient plusieurs seigneurs et capitaines, entr'autresles sieurs de Humieres, de Givry, de Bonnivet, de Mesvilier et de La Tour. Arrivez à demye lieué de Senlis, marchans tous en bon ordre pour s'ouvrir le chemin avec les armes, M. d'Aumaie, adverty de leur venue, se résolut d'aller au devant. Il estimoit, selon le rapport des espions, qu'ils n'eussent point de canon ; ce fut pourquoy il préjugea qu'avec sa cavalerie seule ilestoitassez fort pour desfaire tout ce secours ; mais il se trompa, car ayant mis d'un costé le sieur de Mayneville avec de belles troupes de cavalerie, de l'autre le sieur de Balagny avec ses cinq compagnies de Cambraisiens et de Walons, et luy tenant le milieu avec plusieurs compagnies de cavalerie marchant en assez belle ordonnance, il alla droict pour deffaire le duc de Longuevilte' La Noué, qui le void venir, le contemple, et fait faire alte. Il avoit rengé les troupes royales de ceste façon : le duc de Longueville avec un

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escadron de cavalerie tenoit la bataille entre deox gros d'hifftnterie qui avoient chacun deux pieeesde campagne^ et à l'un de leurs costez estoit la cavalerie de Sedan, avec laquelle se rengea ledit sieur de La Noué, et de Tautre, les compagnies de csTalerie des garnisons de La GapeUe et du Gastelet.

Si tost qu'ils eurent veu leur ennemy de loîng, ils boûilloient dans l'ame de venir aux mains. La Noué va d'escadron en escadron leur dire : I Je voy bien, messieurs, que Ton n'a que faire de vous exb<Nrter au combat; mais ayez un peu de pati^iee» vous voyez aussi bien que moy le sauvais ordre que tiennent nos ennemis, vous les voyez bransler ; laisgez les venir, ils sont à Q0Q5, je vous en asseure sur ma vie, et aurons meiflleur marché d'eux que je n'eusse jamais pensé. ■ Aussi, autant que Tordre et l'obeysanee fat grande de ce costé-cy, autant le désordre et la confusion estoit du costé de Tunion, ce qui fbt cause de leur desroute. Balagny avec ia eavalerie de Gambray alla pour entamer le combat; mais, estant à deux cents pas des royaux, Tinfanterie royale s'ouvrit, et Tartillerie , qui estoit au milieu d'eux , perça tout outre son balaillon de Gambresiens, qui, pour le grand nombre qu'elle en renversa, furent contraincts de s'esearter et reculer un peu arrière. Le duc d'Aomale, qui avoit creu qu'ils n'avoient point de canon, fut asseuré du contraire par le son qu'il en ouyt, ce qui fut cause qu'il résolut de le gaigner, et commanda au sieur de MayneîiUe d'aller à la charge, et au sieur de Balagny de s'y acheminer, et que luy s'y en alloit aussi. Ib donnèrent tous en mesme temps. L'infanterie royale s'estant derechef ouverte, le canon fit eneor jour au travers de leurs troupes; et nonobstant cela, estant advancez à cinquante pas prez des royaux, ils se trouvèrent encor saluez d'QD nombre de mousquetaires que l'on avoit rengés aux flancs de la cavalerie, ce qui Ait cause de la mort d'une grande quantité de chevaux et du renversement de i>eaucoup de cava- Im, lesquels en mesme temps se trouvèrent chargez de tous cotez par la cavalerie royale, et alors la medée fut grande et le combat quelque peu opiniastré ; mais les gens du duc d'Aumale incontinent commencèrent à prendre l'espouvaale; les royaux , la teste baissée, poursuivirent leur pointe, et en mesme temps ceux de la Tille de Senlis, qui voyoient le combat de dessus leurs murailles, sortirent et renversèrent les premières barricades : l'espouvante estant au camp de l'union, ce ne fut plus qu'une desroute générale. Le duc^d'Aumale et Balagny, ne pouvans retenir les tay ards, furent contraincts de les sui-

vre et se sauver tous deux blessez, d'Aumale a Sainct Denis, et Balagny à Paris. Les dix canons, les boulets, et toutes leurs munitions de guerre furent gaignez ; les sieurs de Mayneville et de Gbamois furent trouvez morts au champ du combat avec deux mille autres; plusieurs en fuyant furent mesme tuez par les paysans, et d'autres ne se purent retirer des marescages qui sont auprès de l'abbaye de La Victoire. Les victorieux entrèrent dans Senlis, où M. de Longueville fit rendre grâces à Dieu dans l'egtise Nostre Dame. Après que l'on fut retourné de la chasse des fuyards, toutes les troupes furent logées aux villages d'alentour. Quelques-uns remarquèrent lors de M. de La Moue qu'ayant conduit une telle entreprise à une heureuse fin , et recognu qu'il n'y avoit plus d'ennemis en campagne, il se retira en son quartier, où, ayant en une court fait ranger quelques pierres pour s'asseoir et manger de ce que ses gens avoient aporté dans ses paniers, plusieurs seigneurs et capitaines le vindrent trouver : il les pria de s'asseoir comme luy ; tous le gratitlent de l'honneur de ceste victoire; luy s'en excuse, et leur dit qu'elle appartenoit à leur gênerai , et non à luy. Puis, luy ayans demandé que c'est qu'ils feroient, il leur dit : « Messieurs, je m'en vay avec vous à Senlis, où M. de Longueviile vous dira, et à vous et à moy, ce qu'il faut que nous fassions. »

Les Parisiens se trouvèrent merveilleusement estonnez de ceste desfaicte ; l'on leur faisoit accroire que ce n'estoit qu'une petite desroute. Le sieur de Balagny , au lieu de Mayneville , fut estably gouverneur de Paris, et M. d'Aumale receut les fuyards à Sainct Denis, avec resolution de deffendre ceste place en cas d'un siège ; mais le dix-neufiesme de may, cependant que M. de Longueviile et le sieur de La Noué allèrent renvitailler le chasteau du bois de Yincennes, le sieur de Givry fit saluer la ville de Paris de plusieurs volées de canon, ce qui occasionna madame de Montpensier de rescrire à M. de Mayenne, qui estoit devant Aiençon, à ce qu'il revinst en toute diligence : ce qu'il fit. Mais cependant que \eà\t duc de Longueviile et les seigneurs qui l'accompaguoient allèrent recueillir les Suisses en Bourgongne , qu'amenoit M. de Sansy, il print en Brie le chasteau de La Grange Le Hoy et quelques autres chasteaux, et puis s'en alla assiéger Montereau-Faut-Yonne que le duc d'Espemon avoit pris, lequel après ceste prise s'estoit retiré à Blois, et celuy qu'il y avoit laissé dedans rendit Montereau audit duc de Mayenne, qui depuis s'en retourna à Paris pour se préparer à se deffendre contre le Boy, ainsi que nous dirons cy après.

CHBONOLOGIB NOVENAIBE DE PALMA GAYBT.

Ces deux grandes disgrâces que récent l'union les dix-septiesme et dix-huictiesme de may, haussèrent de beaucoup le courage aux royaux. Le roy de Navarre, comme nous avons dit, estoit lors à Boisgency. Le 22 may il eu rescrivit àcettx d'Orléans, et leur mandoit qu'il estoit bien marry, en s*approchant si prez d'eux, d'estre contraint de leur monstrer Feffroy et les Incommoditez que la guerre apportoit; et, après leur avoir remonstré qu'ils n'avoient point eu encorde, crainte ny de nécessité qui pussent excuser ny la prise de leurs armes, ny leur rébellion, il leur dit: • Cest vous donner des peurs trop vaines de vous persuader que nostre Roy, le plus catholique qui fut jamais, vous contraigne à quitter vostre religion catholique; trop eslongné de vous menasser que moy je le feray , je ne suis point vostre roy, je ne le seray, s'il plaist à Dieu, jamais. Quand j'y serois appelé, je ne serais pas si peu sage que je ne fuye toutes ooca> sions qui peuvent apporter la guerre civile et division en un royaume. Or je suis bien aise de vous en pouvoir parier de si près et si vostre voisin. Vous avez veu il n'y a que deux jours, mercredy etjeudy dernier, les eommencemens de bénédictions que Dieu envoyé sur nos armes à Senlis et icy auprès de Bonneval. h la veuë des deux plus grandes \iiles de France : jettez les yeux là dessus. Ce n'est point à vous à débattre, contre vostre Boy, s'il a eu occasion ou non de punir M. de Guise ; il y en a eu en France autresfois d'aussi grande maison que luy plus honteusement traictez, pour qui neantmoins les peuples n'ont point pris la mauvaise querelle. Les souverains ne rendent qu'à Dieu seul compte de leurs sceptres, c'est à nous à y obeyr quand les choses sont faites. Jamais vous ne vous trouverez bien d'un si mauvais fondement. Que si vous vous plaignez qu'on vous voulust donner des gouverneurs, ou mettre une garnison qui vous fouleroit, qu'on vous voudroit faire des citadelles et autres telles choses, combien que ce soyent plaintes ordinaires de toutes villes, qui ne sont pas loisibles en un royaume bien paisible et en un Estât bien obeyssant, neantmoins les desordres du nostre les ont rendues plus recevables : quand vous ne désireriez que cela, j'ay peu de crédit auprès du Roy mon seigneur ; mais je me fais fort qu'oubliant vos foutes il l'accordera, si vous vous mettez en vostre devoir de le recognoistre et de luy demander pardon, et de ceste façon vous n'aurez point peur qu'autre que vous mesmes vous contraigne à quitter vostre religion qu'autre vous bastisse des citadelles que vous mesmes , qui serez vous mesmes vostre garnison. 9

Ainsi le roy de Navarre taschoitparescritnres de r'amener ceste ville en son devoir; mais il n'y avoit rien de tel en leur cœur. Deux jours après il partit de Boisgency, et ayant faict vingtcinq lieues il arriva à Tours. Donnant le boD> soir au Roy, il luy dit qu'il ne failloit plas tarder là , et qu'il failloit suivre M. de Mayenne qui s'en retournoit en haste asseurer les Parisiei» de leur estonnement. Sur eest ad vis le Roy commanda au mareschal de Biron de faire advancer toutes les troupes vers Boisgency , et les faire passer du costé de la Sologne. Tous les royaux s'y rendirent incontinent. Les munitions de guerre y furent conduites avec les six eanoos qu'avoit r' amenez M. de Nevers de l'armée de Poictou, lequel au commencement d'avril estoit party de Tours pour s'en aller à Nevers , et ne fut point en ceste armée. LaRoyne fut conduite à Chinon. Messieurs les cardinaux de Vendosme et de I^noncourt , M. le garde des seaux et autres seigneurs du conseil, furent laissez à Tours pour donner l'ordre requis à tout ce qui s'y pourroit esmouvoir. Ainsi le Roy ayant ordonné à la seureté de quelques provinces de ces quartiers là, prest à partir de Tours, joyeux de tant d'heureux succez , receut encor une traverse de fortune. Il avoit envoyé , comme nous avons dit, M. le comte de Soissons en Bretagne {K)ur y commander, car la ville de Renés s'estoitd'ellemesme remise du party royal , et plusieurs seigneurs avoient levé des troupes de cavalerie et d'infanterie , lesquelles , amassées et conduites par un chef, et unies en un corps d'armée eussent donné de la peine au duc de Mercœar ; mais il en advint autrement, car M. le comte de Soissons partant d'Angers avec une troupe de trois cents chevaux , accompagné du sieur de Lavardin , du comte d'Avaugoor et autres seigneurs, pour aller d'une traicteà Renés, qui en est distant de vingt-deux grandes lieues, sur i'advis que receut M. de MercŒur de ce voyage, il se résolut de le traverser en ce passage. Il manda tous les partisans de Tunion de ces quartiers là, lesquels se rendirent à Angry. Ylcques mesmes. qui avoit tant remué en la basse Normandie , s'y trouva avec ses troupes. Ainsi assemblez à huict lieues d'Angers, ils faillirent de rencontrer ledit sieur comte de Soissons : ce que n'ayant peu faire, ils le suivirent dix grandes lieues; mais il passait» roide, que, désespérez de raconsuivre,ilsadvisoient à se retirer, quand le duc fut adverty que ledit sieur comte n'avoit point passé Chasteaugyron , et qu'il y logeoit : ce qui estoit vray, car, sur i'advis qu'on luy avoit donné de loger dans ce bourg pour rafraischir ses gens d'une si grande traictei et qu'il y pouvoit demeurer en seureté

CHBONOLOOUI NOVXNAIRS DB PALMA CA¥£T. [l589]

n'estantdistant de BeDes que de trois lieues, d*où 00 tireroit des forces bastantes pour empescher le duc de Mercœur quand il voadroit entreprendrequelque chose, il y log^. Ceque le duc ayant 8cea,il commanda à Vicquesde prendre la pointe droict à Ghasteaugyron, et qu'il le soyvroit. Ils marchèrent si diligemment qu'ils y arrivèrent, et, ayant tué quelques sentinelles, entrereut dans le bourg , où le peu de loisir qu'ils donnèrent aodlt sieur comte de se r'allieravec les siens, qui estoient desjà tous descendus de cheval et logez, fut cause que, nonobstant la grande résistance qu*il leur fit, ils le prirent prisonnier avec le ileur d*Avaugour et autres seigneurs : le sieur de Laverdin avec quelques-uns des siens se sauva iBenes.

Le duc de Mercœur voyant en sa puissance un prince du sang de France son prisonnier, avec le eomte d*A vaugour, Tun des quatre principaux barons de Bretagne , lesquels il envoya mettre sous bonne conduitte dans lechasteau de Nantes, pensant que ceste deffaicte donneroi t de la crainte à ceux de Rennes, s'en approcha à demie lieuè, et les ayant envoyé sommer , ils ne luy respondirent qu'à coups de canoo. Luy, qui n'en avoit point, fut contraint de se retirer , ce qui ne fut sans Mrt des hostilitez en ces quartiers là.

Nonobstant la nouvelle de ceste prise, le Roy ne laissa de partir de Tours, et , estant arrivé à Bk)is, il depescha incontioent M. le prince de Dombes pour aller gouverner la firetagne, où il fut, et y arriva sans aucun destourbier, et lÀ où du depuis la guerre se remua vivement entre les royaux et l'union. Nous dirons en leur ordre le snccez de tant de confusions.

Le Roy, arrivé à Boisgency , ayant passé le pont du Gosté de la Solongne, alla assiéger Gergeau. Le sieur de La Chastre s'estoit jette dans Orléans, d où sa cavalerie ayant faict une sortie (ut incontinent recognée Jusques dans les fauxbourgs par les troupes royales , après en avoir tué et pris prisonniers quelques-uns. 11 avoit mis dans Gergeao le puisné des Jalanges^ui vouloit l'opioiastrer ; mais après quelques volées de canon, il se rendit à discrétion et fut pendu.

Le Roy , après la prise de Gergeau , où il y a un pont sur Loy re, receut les habltans de Gyan et La Charité , où il y a aussi deux beaux ponts, et y mit garnison. Du depuis ces places ont tous- Jours esté royales , et par ce moyen il eut en sou obeyssance tous les ponts de dessus la rivière de Loyre, excepté ceux d'Orléans et de Nantes.

Après la prise de Gergeau, l'armée repassa la Loire pour aller en Beausse et en Gastioois, afln de ae saisir de Pluviers, où les habitanss'estoient animez en leur révolte, et mesmes ils

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