LIVRE CINQUIESME
[ 1 593] L'aoteur du second discours libre , descrivant quel estoit Testât de la France , addres* sant sa parole au roy sainct Louys, dit :
Repasse l'ÂcheroQ , ô père du pays ,
De DOS princes Tbouoeur , sage et vaillant Louys,
Et \iens vcuir estonnc nos villes furieuses
Arracher de leurs tours tes fleurs victorienses ,
Et , au lieu da beau lis sans honte et sans bouueUr ,
Arborer lascbement la niarranae couleur !
Viens Toir que maintenant , an centre de la France,
Tes enfans mescognus n'ont plus d'obeyssance .
Que PaHs est frouliere , et que dans tes palais
Le tyran d'Arragon a logé ses valets.
pion , non , ne t'enquiers point qui fut ce veillant prince
Qui osa par le fer conquester ta province;
Il est encor à naistre , et , eans la trahison ,
Jamais le bazané u'eust surpris ta maison :
Son fer n'y faisoit rien sans l'ayde coustumiere
De son or indien , dont la jaune lumière
Esbiouit des François et les yenx et le cœur.
Et du front leur traça la Oddie blancheur.
Eux mesmes insensés, à leurs roaistres rebelles,
Yvres de la boisson des civiles querelles.
Et ne souspirant rien qu'un mutuel venger ,
Eux-mesmes ont receu le soldat estranger.
Regarde par pitié les lièvres de Lorraine ,
Et le dain de Piedmont qui rogne se pounnene
Autour du grand Lyon que le mal intestin
Et le poison brusiant réduisent à la On.
Jadis d'un seul regard , d'une menace flere ,
Quand tu le gouvernois , loin , loin de sa barrière ,
Il les cust rechassez , pasles de froide peur ,
Jusqu'aux monts renommez d'éternelle blancheur.
Et traistres, maintenant qu'il ne se peut deffendre,
A luy, qu'ils craigooient tant, ils osent bien se prendre.
L'un luy tire la barbe et l'effroyable front.
L'autre luy mort la queue , et un autre luy rompt
Sa griffe aux crocs d'acier, autrefois redoutée
De tous les animaux de la terre habitée ;
Luy couché les regarde , et tirant è la mort ,
De se venger encor fait il tout son effort :
n hérisse sa jubé , et , d'uue horrible plainte ,
Monstre que de despit il a son ame atteinte.
Et que , s'il peut jamais r'avoir sa guerison ,
De Nice , et de Nancy il aura sa raison.
Yoylà comme cest autheur descrit le misérable estât de la France, disant que la continuation des maux qnll a enduré depuis le commencement des guerres civiles , et principalemet la foiblesse qui luy arriva après la mort du duc de Guise, luy a osté le pouls, la coguoissance, la mémoire, la parole et presque la vie; qu'il n'y avoit point
d*antre remède pour sa guerison que de luy donner la paix ; qu'elle estoit plus nécessaire au Roy qu'à aucun autre de son royaume ; mesmes quand Dieu luy aurolt fait tumber tous ses en* nemis entre ses mains, luy auroit donné autant de victoires qu'il y avoit de jours en Tan, toutesfois que la paix luy estoit nécessaire pour ramener ses subjects à une obeyssance volontaire, plustost que de les dompter par le fer, ce qui ne se sçauroit faire que par violence ; que la paix avoit cest advantage , que nécessairement les subjets apportoieut leur volonté et leur consentement en Tobeyssance du prince , autrement il n'y auroit pas de paix , la guerre et la force ne pouvant faire cest effect là : aussy le vray obeyr dépend du libre vouloir, et non du forcé. Ce sont les raisons que l'autheur de ce discours allègue pour persuader au Roy de recercher la paix. Puis , s'addressant aux villes du party de l'union, il les exborte de prendre garde quel restablissement ils ont apporté à l'Estat depuis la prise des armes Fan 1685, et leur demande quel soulagement en a eu le peuple, en quelle seureté ils ont mis la religion, quel ordre a esté estably au royaume, et quel repos ont eu les familles particulières. * Vous voyez, dit il, Paris, la capitale du royaume, celle qui devoit estre la plus secourue, celle à qui tous ceux de la ligue avolent plusd'interest, remplie maintenant d*effroyables marques de tous les fléaux de Tire de Dieu tumbez l'un après l'autre sur ceste belle et autresfois florissante ville, sçavoir, la guerre et la famine en un temps , puis la peste et les longues maladies, après le froid sans remède, la pauvreté extrême à la veuê de Vabondance, lescruautez, les divisions, les forces, le deshonneur de plusieurs femmes et filles ausquelles la nécessité ostolt la honte, les ruynes, les feux, la désolation dedans et dehors les murailles , par les amis et les ennemis, sur tant de beaux bastiments que Topa* lence, la grandeur, le lustre et le luxe de tant d'années avoient eslevez à l'entour de ceste troisiesme Babel, de ceste seconde Rome. Que toutes ces choses, dit-il , vous facent sages, et vous rendent désireux de recercher la paix. SI vous songez à vous , il ne faut point d'autre chose
CHHONOLOGU lIOVBIlAIfiE DB PALUA CAYBT. [l693]
poor vous esmonvoir à ceste recercbe , sinon qae de considérer la peine que prennent les estraogersà vous entretenir en guerres civiles, et lacraiote qu'ils ont que l*on parle seulement de ce mot de paix ; ce qui vous doit estre une marque certaine que c*est vostre bien que la paix, et vostre rayne totale que la continuation de si pernicieuses guerres. »
Quant au duc de Mayenne , chef du party de 1 union, il luy dit : c Pense, prince, que tu auras tOQSjours meilleur traictement de ton roy que d'unestranger. Songe à ta condition : si le Hoy est victorieux , tu ne peux esviter, s'il te dénie saciemence, on d'estre fugitif un jour et errant par le monde, on prins et desfaict et conduit à QD spectacle public. Puis que tu dis n'aspirer aocanement à la couronne de France, il faut ou que tu travailles à la dissiper, ou à la conquérir. I)e la dissiper, jà ne t'advlenne I De la conquérir, qui t'en pourra mieux recompenser de la conqneste, que celuy à qui elle appartient? Tu es prince françois de par ta mère, yssu de la légitime race des roys de France, germain du Roy â présent régnant, et toutesfois nul n'ignore les bravades que tu as receuês du duc de Parme , petit prince d'Italie, valet du roy d'Espagne. Qaest-ce que te fera son Boy mesmes , quant, l^QDy et chassé de la France , peut estre tu seras contraint de te trouver en sa Cour pour mendier, non plus le secours, mais le vivre? Si les âfiaîres estoient aujourd'hui aux termes qu'elles estoient après la mort du feu Roy, tu pourrois Bperer, de beaucoup de divers succez , TespeniDce d une grande fortune. Mais où en es- tu? Les peuples, et sur tout la France , perdent entres plustost Tepinion d'un homme qu'ils ne (ont couceuê. Il faut aucunefois le labeur de ^Qt une vie pour y acquérir de la créance, et ••eux malheurs de suitte la font perdre : princi- Nement quand le peuple cognoist que celuy en {ui ils avolent mis leur espérance est si foible |uH est contraint de recourir à un plus grand, «wdain ils laissent le premier pour al 1er à l'autre. La raison , c'est que les peu|[>1es ignorans ne se s[oavernent que par l'apparence ; dez que cela enr manque, et qu'ils ne voy eut plus auprès de ^' d armée, de canons , de Suisses et de laus- IQeoets, et que tu as ton seul recours au roy ^l^spagne, ils estiment que tout est perdu pour scx, et que tout leur secours ne des pend que de ^ Roy : ce qui a causé en ton party tant de destbevssances contre tes intentions, que tu n'as peu mesmes trouver aucune forme de justice 'ûtr'eax , car chasque ville , ayant son dessein à [^rt, a fort bien sceu retirer toute Tauthorité et ^ en faire croire , sans vouloir estre contraints
par toy à rien qui ne leur plust de faire. Qui te demanderoit maintenant ton opinion sur ce que le feu admirai de Ghastillon [ayant esté chef de part aux premières guerres civiles , et obtenu le troisiesme edict de pacification] respondit à celuy qui luy conseilloit de sortir blessé de Paris, le vendredy d'auparavant ceste funeste journée de la Sainct Berthelemy où il fut tué, luy disant : Mon atnyje n'en puis sortir sans rentrer en la guerre, etfayme mieux mourir que de retourner jamais là, il est aysé à juger que tu louërois ceste response, pour la peine qu'il y a de conduire ceste confusion de peuples , ce qui t'a empesché souvent de dormir à ton ayse. Le duc d'Aumale, dez l'an 1589, lors qu'il vint en Touraine, voulut commander en l'armée de l'union À son tour, ce que luy ayant esté refusé , il s'en retourna pour commander luy seul en Picardie. Devant Diepe le marquis du Pont voulut commander absolument comme estant l'aisné de la maison de Lorraine : ce qui en advint, et comme ledit le marquis s'en retourna mescontcnt en Lorraine est sceu d'un chacun. Les jalousies du duc de Nemours et ses desseins qu'il a de se faire seul chef de part dans le Lyonnois n'est que trop véritable. Le peu d'obeyssance que le duc de iVfercœur vous a rendu comme au chef du party de l'union n est que trop cogneuê. La division d'entre les gouverneurs des villes de ce party, et le peu d'obeyssance et secours que vous avez tiré des grandes villes , vous doit faire désirer, ô prince, la paix , qui est le seul moyen de restaurer l'Estat françois. » Yoylà comment cest autbeur discouroit sur la nécessité que les François avoient de la paix. Voyons maintenant ce qui en advint.
L'Espagnol , ayant espérance parmy tant de confusions de se rendre maistre de la couronne françoise, ne songea pas tant à la conquester par le fer et par la force, que de l'avoir par la praticque et par intelligences. Yoicy ce qui en a esté escrit. Don Diego d'Ibarra et les ministres d'Espagne, avant l'arrivée du duc de Ferla en France, avoient pour maxime en leur conduite qu'il faillolt diviser tous ceux du party de l'union les uns des autres, et persuader aux particuliers qui avoient quelque pouvoir et authorité dans ce party de n'avoir intelligence qu'avec eux et non point avec le duc de Mayenne ; dequoy le sieur de Yillars , gouverneur de Rouen, en advertit ledit duc de ce que l'Espagnol avoit voulu traicter avec luy de ceste façon ; ce qui fut cause que non seulement ledit sieur de Yillars , mais les autres gouverneurs qui avoient Tame fran* çoise, trouvèrent mauvais que les Espagnols les voulolent ainsi séparer les uns les autres de leur
CRB0N0L06IB lIOVBNAIBft DB PALMA CAYBT. [l&93]
chef. Ledit dom Diego, continuant tousjours ses pratiques, proposa aussi au due de Guyse de se fBdre chef du party de Tunion , faire bande à part et amis à part, et que c*estolt sa grandeur que de ne despendre que du roy d Espagne, iuy promettant mille belles espérances s*il suy volt ce conseil ; plus, il Iuy remonstra sa ruyne s'il s*attachoit d*amitié avec le duc de Mayenne , et passa si avant que de Iuy conseiller d'entreprendre sur la vie de ce duc son oncle. Ce mauvais conseiller eust esté plus retenu, s*il eust bien considéré que le sang et Finterest de la maison de ces deux princes les tenoit trop coojoincts, et que les dissentions qui naissent entre parens de telle qualité pour la conduite des affaires, trou* vent tousjours du remède pour les assoupir , et passent peu souvent jusques à ceste fureur de se vouloir desfaire Fun l'autre.
Or le duc de Mayenne fut adverty des pratiques des Espagnols. Il se vit lors entre deux pulssans roys, sans se pouvoir résoudre d'embrasser à bon escient le party de Tun ou de Tautre. Il eust bien désiré de demeurer comme neutre, et conserver son authorité de chef dans le party de Tunion, mais il ne le pouvoit faire sans se rendre ennemy de tous les deux. Ce fut pourquoy il se résolut , affin de maintenir son authorité de lieutenant de TEstat , d'user de dilaye* ments, tant envers le Roy qui le faisoit tousjours soliciter d'ayder à faire donner la paix à sa patrie, qu'envers le roy d'Espagne qui desiroit que sa fille l'Infante fnst déclarée royne de France ; mais les agents d'Espagne, qui avoient praetiqué en toutes les provinces de France, résolus de le démonter de sa dicte authorité de chef de ce party, pensans avoir assez de partisans pour empiéter l'Estat tout d'un coup , le pressèrent fort de faire publier une convocation d'estats afûn de procéder à Teslection d'un roy. Le Pape, suy vant en cela la volonté du roy d'Espagne, en avoit fait publier une bulle. Ils estoient entr'eux deux d'accord que l'eslection de ceste royauté devoit tumber sur Tinfante d'Espagne et sur l'archiduc Ernest (1 ) d'Austrichequi la devoit espouser ; tellement que, suy vant l'opinion de Tautheur de la suitte du livre intitulé le Manant et le Maheustre, le duc de Mayenne estant pressé par le Pape, par le roy d'Espagne et par les Seize, qui l'en importunèrent , il fat contraint de faire publier ceste déclaration suivante.
• Charles de Lorraine , duc de Mayenne, lieutenant gênerai de l'Estat et couronne de France, à tous presens et advenir, salut. L'observation
(I) Troiffième Dis de l'empereur Maiimil.en H,
perpétuelle et inviolable de la religion et pieté eo ce royaume a esté ce qui l'a faict fleurir si long temps par dessus tous autres de la chrestieDté,et qui a faict décorer nos roys du nom de Très- Chrestiens et premiers enfans de l'Eglise, ayans les uns, pour acquérir ce tiltre si glorieux et le laisser à leur postérité , passé les mers et couni Jusques aux extremitez de la terre avec grandes armées pour y faire la guerre aux inûdelles , les autres combatu plusieurs fois ceux qui voulolent introduire nouvelles sectes et erreurs contre la foy et créance de leurs pères. En tous lesqaeb explolcts ils ont tousjours esté assistez de lear noblesse, qui très-volontiers exposoient leurs biens et vies à tous périls , pour avoir part ea ceste seulle vraye et solide gloire d'avoir nyûé k conserver la religion en leur pays ou à l'establir es pays loingtains èsquels le nom et l'adoration de nostre Dieu n'estoit point encore cognuê ; qui aurait rendu leur zèle et valeur recommendables par tout , et leur exemple esté cause d'exciter les autres potentats à les ensuivre en l'honneur et au péril de pareilles entreprises et conquestes , ne s'estant point depuis ceste ardeur et saincte intention de nos roys et de leurs subjects refroidie ou changée Jusques à ces derniers temps que l'heresie s'est gli^ée si avant dans le royaume et accreuê par les moyens que chacun sçait et qu'il n'est plus besoin remettre devant nos y eux, que nous sommes en fin tombez en ce malheor que les catholiques mesmes , que l'union de l'Eglise devoit Inséparablement conjoindre , se sont par un exemple prodigieux et nouveau , armei les uns contre les autres , et séparez au lieu de se Joindre ensemble pour la defencede leur religion : ce que nous estimons estre advenu par les mauvaises impressions et subtils artiflces dont les hérétiques ont usé pour leur persuader que ceste guerre n'estoit pour la religion , mais poor usurper ou dissiper l'Estat , combien que noos ayons pris les armes , meus d'une si Juste douleur , ou plustost contralncts d'une si grande nécessité , que la cause n'en puisse estre attribuée qu'aux autheurs du plus meschant , desloyal et pernicieux conseil qui fut jamais donné à prince , et la mort du Roy advenue par un coop du ciel et la main d'un seul homme , sans l'ayde ny le sceu de ceux qui n'avoient que trop d'occasion de la désirer ; nous ayons encores tesmoigné que nostre seul but et désir estoit de con8e^ ver TEstat et suivre les loix du royaume, en ce que nous aurions recogneu pour roy monseigneor le cardinal de Bourbon , plus prochain et premier prince du sang , déclaré tel , du vivant du feu Roy, par ses lettres patentes vérifiées ea tous les parlements ; et , en ceste qualité f dasi-
CHBONOLOOIE NOYSNAIBB DE PALNA CAYET. [1593]
gné son successeur où il vfendroit à décéder sans enfans masies ; qui nous obligeoit à luy déférer cest honneur et à luy rendre toute obeyssance, fidélité et service , comme nous en avions bien l^intention , s*il eust pieu à Dieu le délivrer de la captivité en laquelle il estoit. Et si le roy de Navarre, duquel seul il pou voit espérer ce bien , eust tant obligé les catholiques que de le faire , le recognoistre luy-mesmes pour son roy, et attendre que la nature eust faict finir ses jours, se servant de ce loisir pour se faire instruire et reconcilier à FËglise, il eust trouvé les catlioliques unis disposez à luy rendre la roesme obeyssauce et fidélité après la mort du Hoy son oncle. Mais, persévérant en son erreur , il ne nous estoit loisible de le faire , si nous voulions, comme catholiques , demeurer sous Tobeyssance de TEglise catholique , apostolique et romaine , qui Tavoit excommunié et privé du droict qu'il pouvoit prétendre à la couronne; oultre ce, que nous eussions , en le faisant , enfraint et violé ceste ancienne coustume si religieusement gardée par tant de siècles en la succession de tant de roys, depuis Ciovisjusques à présent, de ne recognoistre au throsne royal aucun prince qui ne fust catholique, obeyssantfils de T Eglise, et qui n'eust promis et juré à son sacre et en recevant le sceptre et la couronne d'y vivre et mourir, de la deffendre et maintenir, et d'extirper les hérésies de tout son pouvoir : premier serment de nos roys, sur lequel celuy de Tobeyssance et fidélité de leurs subjects estoit fondé , et sans lequel ils n'eussent jamais recognu, tant ils e&toient amateurs de nostre religion, le prince qui se pretendoit appelle par les loix à la couronne : observation jugée si saincte et nécessaire pour le bien et salut du royaume par les estats généraux assemblez à Blois en Tannée 1676 , lors que les catholiques n'estoient encores divisez en la défense de leur religion, qu'elle fut tenue entr'eux comme loy principale et fondamentale de TEstat, et ordonné , avec Tauthorité et approbation du Boy, que deux de chacun ordre seroient députez vers le roy de Navarre et prince de Condé pour leur représenter, de la part desdits estats , le péril auquel ils se mettoieut pour estre sortis de l'Eglise, les exhorter de s'y reconcilier, et leur dénoncer, s'ils ne le faisoient, que , venant leur ordre pour succéder à la couronne , ils en seroient perp^taelle/iie.'iit exclus comme incapables. Et la déclaration depuis faicte à Bouen en Tannée 1588, confirmée en l'assemblée des derniers estats tenuz au mesme lieu de Blois , que ceste coustume et loy ancienne serait inviolablement gardée comme loy fondamentale du royaume, n^est qu'une simple approbation du