‹ Chronologie novenaireChapitre 32 sur 62 · SS · texte numérisé non relu

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ancim bon et heureux succès. Estans délivrez des accideus et périls que les gens de bien prevoyent et craignent, à cause du mal que i'heresle produict, nous ne rejetterons aucun conseil qui nous puisse aider pour amoindrir ou faire finir nos misères , car nous recognoissons assez et sentons trop les calamilez que la guerre civile produict, et n'avons besoin de personne pour nous monstrer nos playes : mais Dieu et les hommes sçavent qui en sont les autheurs. Il nous suffit de dire que nous sommes instruicts et enseignez par la doctrine de l'Eglise que nos esprits et consciences ne peuvent estre en tranquUité et repos , ny Jouy r d^aucun bien , tant que nous serons en crainte et soupçon de perdre nostre religion , dont le danger ne se peut dissimuler ny éviter si on continue comme on a commencé. Cest pourquoy nous jugeons comme vous que nostre reconciliation est très-necessafre. Nous la désirons aussi de cœur et d'affection; nous la recherchons avec une charité et bien-veillance vrayment chrestienne , et vous prions et adjurons, au nom de Dieu, de nous Toctroyer. Ne TOUS arrestez point aux reproches et blasmes que les hérétiques nous mettent sus. Quant à Tambltion qu'ils publient estre cause de nos armes, il est en vostre pouvoir de nous voir au dedans et descouvrir si la religion nous sert de cause ou de prétexte. Quittez les hérétiques que vous suivez et détestez tous ensemble. Si nous levons lors les mains au ciel pour en rendre grâces à Dieu, si nous sommes disposez à suivre tous bons conseils , à vous aimer, honorer, rendre le respect et service à qui le devrons , louez nous comme gens de bien qui ont eu le courage et la résolution de mespriser tous périls pour conserver leur religion » et de Tintegrité et modération pour ne penser à chose qui fust contre leur honneur et devoir. Si le contraire advient, accusez nostre dissimulation et nous condamnez comme meschans. Vous mettrez , en ce faisant , la terre et le ciel contre nous , et nous ferez tomber les ar* mes des mains comme vaincus , ou nous laisserez si foibles que la victoire sur nous sera sans péril. Blâmez cependant plustost le mal qui est en rheresie qui vous est cogneu , craignez plustost ce chancre qui nous dévore, et gaigne tous les jours pais, que ceste vaine et imaginaire ambition , qui n'est pas ou qui se trouvera seule et mal assistée quand elle sera despouillée de ce manteau de religion. C'est aussi une calomnie sans raison de nous accuser que nous introduisons les estrangers dans le royaume. Il faut souffrir la perte de la religion , de l'honneur , de la vie et des biens, ou opposer la force aux hérétiques ausqoels ri^ ne peut plaire que nostre ruine.

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