I, C. D. M. T. III
tous les points concemans la religion catholique, les despesches en ont esté faictes avant que lesdits sieurs de Scliombert et Revol soient partis de Mantes. Elle a outre ce résolu de faire en mesme temps une assemblée du plus grand nombre que faire se pourra des princes et autres grands personnages de ce royaume , pour rendre l'acte de son instruction et de sa conversion plus solemnelle et tesmoignée dans le royaume et parmy toutes les nations chrestiennes. Ainsi, messieurs , ce que nous vous avons cy devant dit que nous espérions touchant sadite conversion , nous ozons et le pouvons à présent asseurer, comme le sçachant par si exprez , par la déclaration que Sa Majesté a fait aux princes, officiers de sa couronne et autres seigneurs catholiques qui sont près d'elle, et eux à nous, parce que lesdits sieurs Schombert et Revol nous ont apporté de leur part , qu'il ne nous peut plus demeurer aucune occasion d'en douter, y estant Sa Majesté résolue , non comme à chose qui dépend du succez et événement de ceste conférence , mais pour avoir cogneu et Jugé estre bon de le faire. Nous sommes très-ayses de vous pouvoir donner ceste nouvelle , croyans que vous la recevrez pour bonne, selon ce que nous avons cogneu de vos cœurs et intentions , et espérons aussi que vous ne ferez plus de difficulté de traicter des conditions et moyens de la paix, avec la seureté de la religion catholique et de l'Estat , qui est la fin pour laquelle ceste assemblée a esté faicte et accordée. Nous n'entendons vous presser d'entrer pour ceste heure en traicté avec Sa Majesté; mais il nous semble que voua le pouvez et devez faire sans scrupule avec les princes et seigneurs catholiques que nous représentons ; autrement seroit en vainque vous avez accepté l'offre et semonce qu'ils vous en ont faicte, et le pouvoir que nous en avons de leur part, après en avoir eu coppie et communication d'iceluy. Ce sera pour gaigner temps et commencer de se rapprocher de la réunion à laquelle il nous faut venir, si nous n'aymons mieux rendre les estrangers maistres de nos biens et moyens que les posséder nous mesmes. Et neantmoins , pour ne vous eogalger plus avant que ce que vous voudrez en ce qui touche le Roy, vous pourrez réserver, s'il vous semble , que rien ne sera effectué de ce qui seroit accordé Jusques à ce qu'il soit catholique. Et, à fin que son Instruction ne soit interrompue ny empeschée pour les occupations de la guerre , Sa Majesté est contente d*accorder une trêve générale pour deux ou trois mois, encores qu'elle cognoisse bien qu'elle puisse porter beaucoup de préjudice à ses affaires ; ce que nous estimons devoir estre d'autant
GHBONOLOGIB HOVBNÀIBB DB VÀLUk CAYBT. [169B]
plas volontiers embrassé de vostre part, que, avec le bien que apportera ce bon œuvre , chacun pourra faire sa récolte en liberté , et sera un grand heur pour tous s'il plaist à Dieu nous donner la paix , et qu'elle nous trouve pourveus des fruictsque Ton aura serré par le moyen de ladite trêve : ce qui n'adviendra si l'on ne met ce tempérament au desordre de la guerre. •
Après que M. de Bourges eut dit ce que dessus, l'archevesque de Lyon respondit qu'il pen- Boit que messieurs ses condeputez le dispenseroientde dire qu'il estoit bien aise de la conversion du roy de Navarre, et en loûoit Dieu, et desiroit qu'elle fust vraye et sans fiction, et pria de trouver bon qu'il prinst advis de sa compagnie pour faire response : ce qu'ayant fait, et, après avoir long temps consulté et délibéré , ledit archevesque de Lyon , avec plus de véhémence que de coustume , dit aux royaux qu'il leur rendoit nouveau tesmoignage , et pour ses condeputez et pour luy , du plaisir et contentement qu'ils avoient de la conversion du roy de Navarre, deflirans qu'elle fust bonne et saincte , mais qu'ils leur laissoient Juger quelles asseurances et conditions on pouvoit prendre en affaire de telle conséquence; qu'il ne vouloit entrer en discours des moyens que les princes , une fois recognus , avoltdese desmeler des promesses qu'ils avoient données , et des maximes d'Estat qui estoient receoës sur ce subjet; que l'histoire ecclésiastique n'estoit qu'une narration du succez de pareilles promesses et evenemens , ce qui leur devoit servir de miroir et exemple pour en faire certain jugement; mais que, pour leur roonstrer ce qu'ils pouvoient espérer dételles conversions, promesses et seuretez , ils leur vouloient bien monstrer ce qu'ils avoient receu depuis deux Jours en çà, avec extrême regret. C'estoient des lettres patentes expédiées par le roy de Navarre, portans assignation de six vingts mille escus pour l'entretenement des ministres et escholiers en théologie, avec Testât de la distribution, et qu'ils estoient fort esbahis comme ceux qui estoient eatholiques pouvoient veoir cela, et y participer sans appréhension d'en estre grandement coulpables devant le Jugement de Dieu ; que c'estoit pour envenimer non seulement le royaume, mais pour infecter toute la chrestienté du venin de l'heresie , à la perte d'un nombre Innumerable d'ames. Ceux de l'union , parlant fors presque tous ensemble, eslimans avoir trouvé un grand subject, dirent beaucoup de paroles sur cela. Les royaux pour leur respondre requirent d'en conférer ensemble; ce qu'ayant faiet, ledit sieur arehevesque de Bourges demanda à ceux de l'union d'estre ouy , et leur dit que véritable-
ment ceux de ceste religion là avoient &K im* portuné le Roy d'accorder telles as8igDatioD8,€t en avoit esté parlé au conseil , mais que le sieor de Revol et autres sçavoientbien que M. lecu^ dinal de Bourbon et luy qui parloit l'avoleot empesché, et remonstréan Roy oombieaeeia serait préjudiciable à son service, et avoit esté rsolu de ne l'accorder , et ne sçavoit comme d^ puis il estoit passé, et croyoit que lesditei patentes estoient de l'année 1591. Alors ceux de l'union Iny répliquèrent qu'il y enavdtd'aiitrtt de l'année présente , qui estoient signées, mib n'estoientencoresellées. A ces parollesles royiax cognurent qu'ils n'avoient faict ceste quettioa que pour trouver quelque subject pour ealomnier la conversion de Sa Majesté; ce que voyant, ils leur remonstrerent qu'il falloit bien-toit reiMdier à cela tous ensemble pour ne tomber en ea malheurs et crainte de voir encores pis, les print aussi de faire que la susdite proposition fostbia considérée en leur assemblée de Paris. Sur le point du départ, le sieur de Revol la àam mesmes par escrit à un desdits députes de l'a* nion pour la communiquer k ses autres ooDd^ putez.
De ceste proposition ainsi faicte par M. de Bourges touchant la conversion du Roy, et baillée par escrit à ceux de Tunion, ploslenrscaptf en furent divulguées par tonte la France. Ea mesme temps le Roy rescrivlt aussi à plusieurs prélats et docteurs ecclésiastiques, tant de cens qui tenoient son party que de ceux de I'ubIod. Voicy la teneur de la lettre.
<r Monsieur, le regret que Je porte des mi* seres où ce royaume est constitué par aocos qui , sous le faux prétexte de la religion dQqad ils se couvrent, ont enveloppé et traisncntlil avec eux en ceste guerre le peuple ignorant leon mauvaises intentions , et te désir que J'ay deia* cognoistre envers mes bons subjeets eatholiqatt la fidélité et aflection qu'ils ont tesmoigné il continuent chaque Jour à mon service, partes les moyens qui peuvent dépendre de wfff m'ont fait résoudre , pour ne leur laisser aoea scrupule , s'il est possible , à cause de la ditv* site de ma religion , en Tobeyssance qu'ils ■> rendent, de recevoir au plustost instnictioB sir les differens dont procède te schisme qui est tt l'Eglise, comme J'ay tousjours fait oognolstrtA déclaré que Je ne la refùseray , et n'ensse tat tardé d'y vacquer sans lesempescheineiis*' toîres qui m'y ont esté continnellement dona^ Et , combien que l^estat présent des afM« m'en pourroit encores Justement dispenser, je n'ay toutesfois voulu différer d'avannge d> entendre. Ayant à ceste fin advisé d*appeUw ■
CHBONOLOfin NOTEtfAIBB DB PALMA CAYBT. [150S]
Dombre de prdats et docteurs catholiques par
les boDS eoseignemens desquels Je puisse, avee
le repos et satisfaction de ma conscience , estre
esclaircy des difficultez qui nous tiennent sepa*
m en l*exercice de la religion , et d'autant que
je désire que ce soient personnes qui , avec la
doclriae, soient accompagnez de pieté et preud'-
jioiDinie, n'ayant principalement autre zèle que
ritoimear de Dieu y comme de ma part J*y ap-
porteray toute sinoerité , et qu'entre les prélats
et personnes ecclésiastiques de mon royaume ,
TOUS estes l'un desquels j'ay ceste bonne opinion,
à ceste cause je vous prie de vous rendre près
de moy en ceste ville le quiziesme Jour de juillet,
où Je mande aussi à aucuns autres de vostre pro«
fessiOD se trouver en mesme temps, pour tous
eosemble rendre à l'effect les efforts de vostre
devoir et vocation , vous asseurant que vous me
trouverez disposé et docile à tout ce que doit un
roy Très-Clirestien , qui n'a rien plus vivement
gravé dans le cœur que le zèle du service de
Dieu et manutention de sa vraye Eglise. Je le
$Qpplie, pour fin de la présente, qu'il vous ait en
sa saincte garde. Escrità Mantes, ce dix-huic-
tiesmejourde may 1593.
c Henby. »
Ceste lettre receuë par ceux ausquels le Roy renvoya , ils se rendirent incontinent auprès de Sa Majesté. Entr'autres sortirent de Paris les docteurs Benoist, curé de Sainct Eustache, Chavignae, curé de Sainct Suplice, et de Morenne, curé de Sainct Merry , lequel depuis est mort evesque de Sez , et ce , nonobstant les deffences que fit publier le cardinal de Plaisance , ainsi que nous dirons cy après.
Or cependant ceux de la religion prétendue reformée qui eatoient lors en la cour, ayant, dez le commencement de ce mois de may, augmenté la crainte qu^ils avoient eu de long temps que le Roy quitteroit leur religion, firent plusieurs discours fomiliers sur ceste conversion et sur la con- >erence qui se faisoit à Suresne, ce qu'ils faisoient )ar assemblées particulières; quelques ministres !D parlèrent en leurs prescbes. Sa Majesté, adertie de cela , fit appeler lesdiu seigneurs de «sic religion et les ministres quiestoient en cour, t les ût assembler par trois fois devant luy : I. le maresebai de Bouillon s'y trouva aux eux premières fois. A la dernière, le Roy leur yant dit la resolution de sa conversion , le miistre LaFayelay dit assez timidement: c Noos ommes grandenaentdesplaisans, Sire, de vous oir arracher par violence du sein de nos giises: ne permettes point, s'il vous plaict, o*un tel seaDdale nous advienne. • Le Boy luy
fit responce : « Si je suyvols vostre advis, il n'y auroit ny roy ny royaume dans peu de temps en France. Je désire donner la paix à tous mes subjets et le repos à mon ame ; advisez entre vous ce qui est de besoin pour vostre seureté, Je seray tousjours prest de vous contenter. »
Sur la plainte qu'ils firent que l'on pourroit traiter à la conférence de Suresne quelque chose contr'eux ou à leur préjudice, les princes et seigneurs catholiques du conseil du Roy leur firent la promesse soy vante :
« Nous princes, officiers de la couronne, et autres sieurs du conseil du Boy sous-nommez , voulans ester à ceux de la religion dite reformée toute occasion de doubter qu'au traicté qui se fait de présent à Suresne entre les députez des princes , officiers de la couronne , catholiques recognoissans Sa Majesté , par sa permission , et les députez de rassemblée de Paris, soit accordé aucune chose au préjudice de ladite religion dite reformée , et de ce qui leur auroit esté accordé par les edicts des defùncts Roys , attendans la resolution qui pourra estre prise pour le restablissement et entretenement du repos de ce royaume , avee l'advis des princes, seigneurs, et autres notables personnages, tant de l'une que de Taotre religion , que Sa Majesté a advisé faire venir et assembler en ceste ville de Mante au 20 juillet prochain , promettons tous , par la permission de Sadite Majesté, qu'en attendant ladite resolution il ne sera rien fait et passé en ladite assemblée, par lesdits députez de nostre part, au préjudice de la bonne union et amitié qui est entre lesdits catholiques qui recognoissent Sadite Majesté et ceux de ladite religion, ny desdits edicts ; promettons aussi d*advertir lesdits députez estant À Suresne de npstre présente resolution et promesse par nous faite, comme jugée nécessaire pour éviter toute aliénation entre les bons subjets de Sadite Majesté , à fin que de leur part ils ayent À leur y conformer. En foy dequoy nous avons signé la présente le seiziesme jour de may, l'an 1593. Signé François d'Orléans, comte de Sainct Fol, Hurault, chancelier, Charles de Montmorency, Mem, Roger de Beliegarde, François Chabot, de Brion, Gaspart de Schombert et Jean de Levis. »
Nonobstant cela, aucuns de ceste religion ne laissèrent de faire publier plusieurs livrets contenant , ce disoient-ils , les raisons d'Estat pour lesquelles 11 n'estoit pas bien séant à Sa Majesté de changer de religion. « Je me contente , dit l'autheur de ces raisons d'Estat , de parler politiquement à ces politiques , à ces barbes grises qui sont autour de Voitre Majesté , et leur dire que comme tous changements ez affaires du monde
CHRONOLOGIE NOYSNJLIBB
sont très dangereux , qn^il n'y en a point de plus chatouilleux et de plus sensible que celuy de la religion, et qu'au vostre qu'ils veulent précipiter, vos réputation , Sire , y recevra une tasche signalée d'inconstance, et que chacun croira trèsaisement qu'il ne logea Jamais zèle quelconque de religion dans vostre ame , que vos deportemens passez n'ont esté qu'hypocrisie pour establir vos affaires particulières dans vostre party, que vous avez esté nourri aux blasphèmes détestables des machiaveiistes, qui se masquent de toutes sortes de religions favorables pour régner, qu'il ne vous chaut en fin nullement de Dieu , lequel vous servez à la poste des hommes et de vous-mesmes , comme par risée et mocquerie de chose que vous ne croyez point. Si c'est pour vostre utilité particulière, Sire, que voulez vous rendre catholique romain, vous l'intéressez entièrement , et vous coulez , comme sans y penser, dans la ruîae non seulement de vos asseurances présentes, mais aussi de toutes vos espérances à venir. Premièrement, ne doutez point qu'abandonnant vostre ancien party des reformez , ils ne vous abandonnent tout aussi-tost. Vous cognoissez leur promptitude et leur resolution. Un royaume plus fleurissant et plus fort que le vostre ne les a jamais esbranlez ; et croyezvous qu'ils en craignent la fletrisseure et les maehures? Combien de peuple, combien de villes, avec peu de peuple , avec peu de villes , aurezvous à combattre ? Mais quel peuple , Sire , mais quelles villes 1 Peuple aguerry sous vos estendards , sous vos conduites , sous vostre magnanimité ; villes fortifiées , munies , rasseurées à outrance par vostre soin merveilleux, par une longueur de temps suffisante, par un artifice assez curieux et travaillé. Vous perdrez tout cela en perdant ce party. Avec quoy le voulez-vous reposseder de leurs mains? Quelle ressource trouvez-vous dans cest Estât tary de catholiques? Estât divisé, Estât incertain , mais plustost haillons d'un Estât, pourris et deschirez au possible. Avez-vous ville catholique bien asseurée à vostre dévotion qui tienne longuement en cervelle une puissante armée , comme feront les moindres bicoques terrassées des reformez? Et quand vous en auriez quelcune , c'est si peu et si mal à propos, que vostre sain jugement ne vous permettra jamais d'en faire estât. Une en Picardie, une en Normandie , une enTouraine, une en Xaintonge , une en Guyenne, quelle communication attendez vous de choses si esloignées et si mal appointées ensemble ? C'est quelque chose pour se deffendre, et tout y sera bien besoin ; mais ce n'est rien pour attaquer cinquante ou soixante places remparées à toutes preuves et
BB PALMA CAYST. [1593]
d'hommes et de boule vers , tels que voos vmut sçavez. Ainsi vous aurez fort aisément perdue* que vous ne sçauriezregaigner qu'avec on monde de difficultez , qui se peuvent esgal» à nae impossibilité. Car quelle fideUtévouieK.voosqoe vos subjets vous rendent si vous leur rompez la vostre , vous , Sire , qui avez acquis ce beau los d*estre le plus entier et le plus véritable prinee qu'on aye jamais veu ? Voy là donc un dommage et une perte bien signalée , qui seule encore , selon le monde , devroit arrester tout court ceux qui vous hastent si fort, s'asseurant que, s ils vous despeschent de la besoigne d'un co8té,iis vous en taillent beaucoup plus de l'autre, et ne font par ce moyen qu'entrechaisner vos encombres d*un continuel desespoir. Un mot k Toreille, Sire : plusieurs voudroient , et il vous en souvient, que vous eussiez faict ce saut pour leur laisser Ja carrière franche. Vous n'auriei pas si tost desrobé vostre espaule à ce ciel que quelque nouveau Hercule ne luy présente la sienne; et Dieu en feroit plustost naistre de ces pierres, dont la deurelé viendroit facilement à bout de vostre mollesse. Les factions assoupies par vostre prudence, vostre imprudence les resveillera: ces hydres repousseront un nombre de testes qui vous engloutiront ou lasseront à tout le moins» fort , que vous serez contraint de leur présenter une tardive repentance pour vostre accord. Je vous donne encore , Sire , que vous en veniez à bout ; mais quand? Au bout de tout cela est» vous bien asseuré qu'il vous reste beaucoup d*aih nées pour vous baigner dans ceste conqoeste? Et jusques là quel profit aurez vous dans vostre peine ? Car il vous faudra sans doute beaucoop de peine à racquerir ce repos que vous anm laissé. Ce changement vous coustera bon, ctccnx qui le vous auront conseillé seront ceux qui es répandront les premiers les sanglantes iarmess la pitié de vostre estât les espoinçonne en aucuiv sorte. 9
Après que cest autheur s'est dilaté à moostrer que les ligueurs ne rendroient pas à Sa Majesté l'obeyssance qu'ils luy dévoient pour avoir este à la messe , non plus qu'à son prédécesseur qoi n'avoit jamais eu faute de ceste dévotion, il conclud:
t Cependant, Sire, consultez, consultez longuement ces ilctions qui ne sont pas d'une jon^ née, et ne dépendez pas de trois on quatre pe^ sonnes en chose qui touche à tant de millions de vos subjects. Jettez l'œil tout à Tentour de rostre royaume , et considérez tant de puissans ^^ sins qui jettent rœil sur vous , gardez de les offenser par vostre inconstance soudaine, ne vooi privez point du secours que Tous en poaves c^
CHfiONOLOGIB NOVBNÀIBB
perer , s'ils peuvent rien espérer de vostre persévérance , et croyez que les ligueurs ne se fieront pas mieux à un nouveau et incertain catholique qu'à un vieil et asseuré liuguenot. »
Voyià les propres termes dont use Tautheurde ces raisons d'Estat. Tous les huguenots n'approuvèrent pas son dire. Il y en avoit toutesfois qui se repaissoient de ces discours ; mais les prudents d'entr*eux rejetterentceste forme d'escrire comme trop présomptueuse , et dangereuse d*estre republiée durant le règne d'un prince qui portoit lors pour sa devise : Quœro pacem armis (1). Aussi ce qui arriva de toutes ces choses ne fut que quelques conférences entre M. du Perron , depuis evesque d'Evreux , et à présent cardinal et archevesque de Sens , et quelques ministres, ainsi que nous dirons cy-après ; tellement que Sa Majesté appaisa, par le moyen de la déclaration de son instruction pour sa conversion; toutes les divisions qui se preparoient dans le party royal.
Au contraire ce ne fut plus qu'augmentation de divisions au party de l'union, car, aussi-tost que l'archevesque de Lyon eut leu en leur assemblée à Paris , le 24 dudit mois de may , la proposition faicte par l'archevesque de Bourges à la conférence de Suresne, Tautheur du livre intitulé le Discours de la conférence dit qu'en la lisant il s'arresta sur quelques points pour informer ceste assemblée de la vérité des choses passées , particulièrement sur la qualité des paroles qu'ils disoient avoir trouvé bien aigres , qu'il expliqua n'estre que pour avoir tousjours soustenu que ceux de l'union ne vouloient avouer et recognoistre un hérétique pour roy , et qu'ils ne vouloient user d'aucune prière ny semonce envers le roy de Navarre pour le faire catholique ; et aussi , sur ce qu'ils disoient qu^on estoii demeuré d'accord y c'estoit qu'on leur avoit dit qu'il avoit peu se faire instruire s'il eust voulu, n'ayant eu faute de prélats et docteurs. Plus , ledit archevesque dit qu'il avoit ouy d'aucuns qui se plaignoient de luy, que c'estoient des fruicts de la conférence, et qu'elle avoit conduit les afûdres en Testât qu'on les voyoit ; mais que ce n'estoit pas là qu'il le falloit rapporter , ny l'imputer à la conférence, car on n'y avoit traicté que par l'advis et suivant l'intention de l'assemblée ; mais que le roy de Navarre avoit résolu de faire ceste promesse et déclaration , comme il estoit aysé à voir, pour retenir les catholiques de son party , desquels il craignoit estre abandonné , et aussi pour empescher les divisions secrettes qui croissoient insensiblement, et estoient
(I) Je cherche la paii les armes à la maio.