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CHRONOLOGIE NOVBNAIAB DC PALMA ÈAYBT. [1594]
Or, affin quil pleust à Dieu envoyer une fa- Torable assistance do ciel , et donner quelque bon soulagement A ceste ville , le Jeudy de la my-caresme, 17 de mars, on fit une procession gène* raie et descendit on la chAsse de saincte Geneviefve. Après cette procession il courut utf bruit parmy les politiques que les Seize et les Espagnols avoient résolu de courir aux armes et se délivrer des principaux de la ville qui n*estoient de leur party , et piller Paris comme lesdits Espagnols avoient faict Anvers. Les Seize, au contraire j disoient que c'estoit les politiques qui les voulolent exterminer. Les uns et les autres estans en ceste trance , deux jours après ceste procession f ledit sieur comte de Brissac, avec les susnommez , résolut de Tordre que Ton devoit tenir en la réduction de Paris. Il futcognu lors, bien que ledit sieur Langlois en ses deportemens n'eust faict aucun semblant de se mesler d'affaires, allant tous les Jours d'ordinaire exercer sa charge au Palais, qu*il avoit d'un long temps et dextrement practiqué en tous les quartiers de Paris nombre de personnes de tontes qualitez , et que ceste entreprise reûssiroit à bonne fin. Premièrement ils advertirent le Roy que la veille de Texecutlon ils feroient oster les terres qui bouchoient une partie de la Porte-Neufve , et feindroient de la vouloir clorre de murailles pour n'estre plus en crainte d'une surprise de ce costé là ; que la nuict de l'exécution ledit sieur comte de Brissac et lesdits eschevins Langlois et Neret se saisiroient avec leurs amys de ladite Porte- Neufve et de celles de Sainct Honoré , Sainct Denis et Sainct Martin, et y mettraient des corps de garde à leur dévotion; que les premiers des royaux qui entreroient par la Porte-Neufve, s*estans saisis incontinent des remparts, donneroient droict à la porte Sainct Honoré pour la desboucher et en haster l'ouverture ; comme aussi feroient ceux qui entreroient par celle de Sainct Denis , qui se saisiroient des deux costez des remparts, et puis, entrans dans la ville le long de ceste grande rué y se mettraient comme en barrière contre les Espagnols, qui tenoient deux corps de garde A la Craix Sainct Eustache et près ladicte porte Sainct Denis , et les Valons qui tenoient le leur au Temple ; que le capitaine Jean Grossier seroit en mesme temps au boulevert des Gelestins avec nombre de bourgeois et basteliers qu'il avoit A sa dévotion pour faciliter rentrée aux garnisons de Melun et Corbeil qui descendroient de ce costé lA par basteau, et seraient accueillies par le sieur de La Chevalerie, lientenant de l'artillerie demeurant A l'Arsenal , pour les employer où besoin seroit; et qu'aux autre sendraicts de la ville Ton tascheroit A se
saisir des lieux forts le plus que Ton poomiL Le Roy, ayant receu l'advis de cette cotation A Senlls , arresta que l'execotion s'en ferait le mardy 23 mars A la pointe du Jour; dont S lit advertir le comte de Brissac, et manda ao siaor de Vie , gouverneur de Sainct Denis, son intation , pource que ce seigneur, depuis qu'il lot pourveu de ce gouvernement, avoit esté eeloyqiii avoit eu cognoissance de toutes les entreprises des politiques dans Paris , et qui prudemment les avoit tousjours encouragez A se délivrer do Espagnols ; il donna aussi le rendez- vous à tmtes les garnisons voisines pour se trouver en certains lieux aux environs de Sainct Denis , où il arriva aussi luy mesme le lundy au soir. Se;vaut son mandement il s'y trouva de quatre i cinq mille hommes , tant de pied'que de cheval. Ce mesme lundy au soir le comte de Brissac dit au capitaine Jacques Ferrarois , qui avoit qadques compagnies de son régiment en garnisoo dans Paris, qu*il avoit eu advis qu'un convoy d'argent que Ton menoit au Boy estoit passé ven Palaiseau , et s'en allolt par Ruel A Sainct Denis; qu'avant qu'il eust passé le bac il estoit aysé de rattraper, le priant de prendre tous les siens et d'y aller le plus fort qu1l pourroit afin qu'un tel butin ne luy eschapast. Ce capitaine aesti-tort monta A cheval , et sortit sur le soir avee \m les siens par la porte Sainct Jacques , qui fot à l'instant refermée, et eut tout loisir de oouir toute la nuit sans empeschement. Il estoit partizan de l'Espagnol , et n'eust Jamais failly de se vouloir remuer. Le comte inventa ceste nise pour se délivrer d'un tel homme. Il estoit tm entré nombre de gens de guerre dans Paris le dimanche et le lundy, faisans semblant d'estre de l'union , et les avoit-on logez par les quartien en quelques grandes malsons afRdées , poers'es servir selon les occasions nécessaires.
Aussi le soir du mesme lundy on fit eoorlrai bruit que la paix estoit accordée entre le Bo; et le duc de Mayenne , et firent envoyés des liHlets signez Luillier et Langlois aux principna des quartiers qu'ils sçavoient estre aflëctiOQDes A la paix, par lesquels on lesadvertissoitde^l^ cord , et les prioit-on de scanner avec tons tesn amis pour tenir main'-forte A l'introduction dfl députez de part et d*autre qui se presenteroksl le lendemain au matin pour faire publier la paix* afin de résister aux Espagnols et A tous ceux q» s'y voudraient opposer.
Ce soir mesme aussi le due de Feria etdoo Diego d'Ibara forent adverUs avec eertitode qu'il y avoit entreprise sur Paris et sur eux aussi» et qu'elle se devoit exécuter sans doute enviroD minuit ; car, parmy tant de sortes de gens que l'os
C1U0N0L06» MOVBNAIBB D£ PÀLMA CAY£T. [1694]
adrertisnil comme de main en main , il Ait imfoaûik de tenir cela si secret qn'il n*y en eust mesmesd'auconsqtti dirent à leurs voisins, qnUls cognoissoient estre de ces remneurs des Seize, qu'ils eussent à se tenir coys en ieurs maisons s'ils entendoient du bruict la nuict , et que la |MJx estoit dite entre le Roy et M. de Mayenne. Cela mit tellement en allarme lesdits duc de Feria et dlbarra à qui on reporta ces nouvelles , qu'ils firent tenir leurs gens sur leurs gardes , et ayans envoyé prier ledit comte de Brissac de luy parier, ils luy dirent le bruict qui couroit de ceste entreprise. Il leur respondit qu'il ne pouvoit croire cela , toutesfois qu'il y iiailloit prendre garde, et que présentement il alloit faire la ronde le long des murailles. Eux luy donnèrent quelques capitaines espagnols pour l'accompagner : mais, comme il avoient eu advis qu'il estoit mesme de l'entreprise, ils donnèrent charge àeeox qui l'accompagnoient qu'au premier bruit qn'ils entendroient au dehors de le tuer. Après qu'ils eurent faict la ronde sans entendre aucun buit, ainsi qu'ils vouloient se retirer sur les deux heures après oninuict , il les conduisit jusques au logis dudit duc de Feria, et l'un d'entr'eux luy disant encor que l'advis estoit certain de l'entreprise, le comte, prenant congé d'eux, secouant la teste , leur dit en espagnol : San palabras de mugeresii). Avec ceste responce ils se retirèrent. En d'autres endroits les Seize aussi avoient veillé toute la nuict en quelques corps de garde, et s'estoient retirez entre les deux et trois heures dumatin, qui fut lors que les politiquesou royaux dans Paris , qui avoient, comme l'on dit, la puce à l'oreille , commencèrent chacun à se rendre sans bruit aux endroits qui leur avoient esté assignez. Ledit comte de Brissac commanda à un corps de garde prochain du logis du duc de Feria que si on voyoit sortir les Espagnols qu'il y avcHt reconduits, que Ton tirast sur eux. Cependant luy et le prevost des marchands , suy vis de plusieurs gens armez, se saisirent de la Porte- Neufve, et ledit sieur Langlois de celle de Sainct Denis. Quatre heures estolent sonnées que le Roy ny ses troupes ne paroissoient point. Langlois , ayant faict abbaisser la bascule , sortit et rentra sans rien veoir ; mais, estant de rechef sorty, le sieur de Vitry, qui avoit charge de Sa Majesté avec plusieurs autres seigneurs d*entrer par ceste porte , s*estant présenté , il la luy livra , et , suy- >ant l'ordre arresté , il se saisit des ramparts. En mesme temps Sa Majesté estoit près les Tuillerles; et, Justement sur le point que la cloche des Capuchins sonna , il conunanda à M. d'O, qui es-
(I) Ce tout des propos de femmcf .
toit à pied à la teste de sa compagnie d'honomes d'armes , de s'advancer à la Porte- Neufve : aussitost que le pont levis fut abbatu , sans avoir patience que la barrière Aist ouverte , plusieurs passèrent par dessous tous armez, et incontinent tournèrent à gauche sur les ramparts droict A la porte Sainct Honoré , suy vaut le commandement qu'ils en avoient. Quelques pièces de canon qui estoient sur les remparts, furent incontinent tournées pour tirer le long des grandes rués , afin d'en saluer ceux qui se presenteroient pour remuer. Cependant les autres troupes royales entrèrent, et, s*acheminans le long de Teschole Sainct Germain, vingt-cinq ou trente lansquenets qui estoient dans un corps de garde, ayant faict contenance de leur vouloir résister, furent incontinent taillez en pièces ou Jetiez en Teau, puis sans s'amuser d'avantage ils allèrent se saisir du Palais et des advenues de tous les ponts.
Aussi-tost que le Roy fut entré , le comte de Brissac luy présenta une belle escharpe de broderie : Sa Majesté en l'accolant , l'honnora du tiltre de mareschal de France, et luy donna son escharpe blanche qu'il portoit; puis le prevost des marchans, L'Huillier, luy présenta aussi les defs des portes de la ville, qu'il récent avee beaucoup de contentement. On avoit (ait à Sa Majesté ceste réduction si facile qu'il ne s'estoit point armé; mais, sur le bruict qui advint a cause desdits lansquenets, il commanda que l'on luy apportast ses armes, et prit sa cuirasse et sa salade. Le sieur de Vitry ayant fait retirer quelques-uns des Espagnols qui estoient près la porte Sainct Denis Jusques à leurs corps de garde, il donna le long de la grand'ruê , et alla Joindre les autres troupes royales qui s'estoient saisies du grand Chastelet Pour le petit Chastelet, le capitaine Chuby , suivy de plusieurs bourgeois advertis de l'entreprise, estoit descendu de l'Université, et s*en estoit saisi. Les Neapolitains, les Valons et tous les autres Espagnols ne bougèrent de leurs logis. Ils firent bien mine quelque espace de temps de vouloir tenir fort ; mais, après que le Roy eut luy-mesmes esté à la porte sidnct Honoré, et veu que l'on travailloit à l'ouvrir, et que le peuple crioit, les uns la paix, les autres vive le Roy, qu'il eut reconu que le Louvre estoit asseuré pour luy ^ et qu'il eut receu advis qu*en toute la Cité il n'y avoit eu que deux mutins qui estoient sortis les armes au poing , lesquels on avoit tuez , et que le Palais estoit saisi, et les principales places et lieux de la ville, il envoya demander au duc de Feria qu'il eust à luy envoyer le capitaine Sainct Quentin, colonel des Wnlons, qu il tenoit prisonnier [accusé
CHBONOLOGIB ROVBNAIRE
quelques jours auparavant de se vouloir rendre du party de Sa Majesté]. iLèdit duc Payant envoyé Incontinent, on luy fit dire qu*on luy dbnneroit saiif-cônduit et & toutes les garnisons estrangeres pour se retirer en Flandres /pourv^u quils ne s*en rendissent point indignés en voù- IftDt se défendre ; ce c(oe lesdits duc de Ferfa et ddm Diego dlbarra , pour éviter le péril ah ils estoient, acceptèrent Incontinent, Sa Majesté leur permettant de sortir lé jour mesmelèfîàm* lk)ur battant, les drapeaux au vent, les ahnes sur Pespaule et Ta mesché eètefnte, et mésiâêâ d'empdrlèf'lout leur bagage.' ' * '"• "
Le Roy, voyant qu'il n'y avoît plus rien à craindre de ce costé-là, ayant osté sa Sàl/Edé dé la teste, commanda A un de ses gentils-hommes qu'il allast à Nostre-Dame dire'qu'il y'vouloit Ôuyr la messe, et rendre grâces k t)iëu de cesté heureuse réduction. S'estant tenu quelque temps  cheval f entouré d*une multitude de peuple , aucuns mesmes approchant de luy Jusques à Testrlèr, lés uns crians vive le Roy,* (es autres fiiisans mille acclamations de resjouyssaccé et d'^allegresse mesiez parmy lé son des trompettes et clairons, il s*achenùilna, accompagné dé plusieurs grands seigneurs, les uos à cheval , les autres i pied, vers Pfostfe bame, bù les grosses clbcÉes commencèrent à so'nnèr, faisant ajler à pïéd élevant luy de cinq à sfx cents hommes armez de toutes pièces', trainans leurs pic<|iies ênsipé ^e victoire volontaire.Estani arriv^'a la porte àe l'église, il mit piéâ & terre, et , entré dedans, il ht reçeu par lé sieur de f>rêux, 'fun des ïrchidiacresde ladite église, assisté des ecclesiastiaûes qui y estoient restez'; car l^eyesque àeParjsj gui estoit M. le cardinal de Gondy, messieurs le doyen Seguier, le chantre, et beaucoup des jprincipaux chanoines, 'estoient âbscbs,'êt's'est(>ient relirez ez villes roya/ès, lesquels estaVs venus au devant die Sa îdàjesté," ledit àrcjildiacré' se prosterna en terre, et, (femburânt 'agên()ui]|è', tenant un cruciiTix en sa main, dit à Sa Wàjest^ :
« Sire , vous debvez bien louer et remercier Dieu de ce ttHlfe,'vous a)'ant faict faaIStre dt là ptua? cxcelfettté^ racedéfc ro^s flèidttt»ré,H*tis ayant coftsefvé vôitrtf ftbttncur; il %tIS*^end^h"ûn vostrebien. Vousdévtfz doncqii^sffen^iîesàétfonsdegraces avoir'sohiafe Vosirc peuple A rttnitation de ndslre Sclgnetïf Jesos-Chrtst,'dUqti€l voyez Icy rîmége et pouîrtràitît, comme ïla^u du sien, afln ([ue , par Te soin que prèndrejf de hiy en le défendant et soulageant,* rbbllglez d'autant plus à prier Dfeu pour vôslre prospérité et santé, et que, vous rendant bon Yoy,'Voik puissiez avoir un bon peuple, i Ausiiuefs pitpbs ■
DS PÀLMA CÀYBT. [1594]
Sa Majesté respondit : c Je rends graees et low Dteb' infiniment dés bièbè qu'if A}é'iaièt;do&t]é me reiSéns tstfe conlttrè iddfgnè ;lé8 rteognolisaùt éh si gir^dé abondance 4de Je ne 5^y v6- Htabfement éodiinè Je l'en pôuri^ây 8^2 ranéh cief^/mAB prliîbipàleitaent depuis ma toûvenk» à ta i^Hgton baftlfbl!qué,aposto1iqtie'etfomaiDe, et Çrbfe^iôn Ique j'en ay d^hnférménf faSiîte, en laqueffe Je protesté moyeifdant sôtt ayde de Vivfc et lie modrir: Quat>t & fA defettsè démon jpeoplr, je y ettplôyrayt6tiyours*j(is<î<ief Vlài«rnim goutte de mon sang et dét*nfer so^ispir dcf itaa vie. Quàrit A son Sdiilagement , je y ferày toat moo pouvnif et en toUt^ sôf tés ,'dont J'appdte Dieu et liTTlehgé to faïcre A ti^AohiA. t *
Apr^ ces paroles dictés, te Roy baisa la croix, et ëntrh dans te chœur et s'àchemlnh josqtÉs devAiit fe grat^d autel, où ,Vestantiiiis 8e getwox sui* xiû hmief et putpltre couVttt dtià tapis dresse exprèè pour cest'effect pAr l'un de ses avmos&iers ordinaires, il se signa du sl^tlela croix etllt ses priefes, pùisil fui diètiAie méstt qifiroùyt i^ndatft qu'oii fehantolt le TsDmk aVee lA «iâusl(|u)ft de v6fx et Etes orgiies. On a «• cHt^qû'Atfisl-tbst que le Rèy Se Ait mis A gei)k)0x*,1l ftit ieû A iton tc^é mt jtoune enfaat, coftitee de PaAgé détail afili'^bèitt éflTfieffeetfM et (ïMprtmbdtllablllé, qM' eib|)eAclfbit aucui^ ihenflT'gétik qiK ^irrivoleift* dfr fttytâëbt A attire pouf dônfief tidviA h 6a WIQeiM' Ae* te'^biR ftils6it'i?6 lA vllftf, èrj j^urtiHefli A^rfther, Il Ife vé^roient ^fre sortir M rtftuXèr^'tàx qu*Qii des ctlhettx regardant dit^aàsézltâut? t Ulsseï ëest ëtifatff , i^'est un'bon ange quf ododuit et osisté nost^è Roy « i cé^qif ëMnft énMdtf ptf % Majesté, Il prifntidé Aa ihkt6% bAtfde^i^eâliuit, et, corâmé 1^^ sMgn^dfs ëT geiiitifi>bomiiflièr($- SAyôientde Itr fAttè lév^, le iMnt qdelqtrt espacé detéèps,'^iTéMpësehA àëMMfi9t(àài te qtfé VttteBltal^ràeiJt'ÏPlse tètfrâ^Aah^ijti'on s'apperceurtaë-cëtitrtldeffbt.'^*'' •'•'*' ■ ' €fepfetfd«ftjt*tièc te ftëy tttWt dans Nostrc- Darh'é, lé^aitsïMtifk cblnte^e ttrlSaitr, pi^vlAt des 'riîarbîriifliS' ,*fer tAi^lots cifehcvtt ; Tuîcôfflpignei^tïéiJtttt^d^^énk'rclfevaT âhiier, * de berauW'ët t rontf(«tf e%*,'«l!iercW{iAr dWKh \(aams de là VHié; iitmoiA«!fa«d^ M t&Aiilfim^ au petf^Ie gtTice et paMon^; éommànddléiit q» ton eust A prehdre des' esclia^pëb blanches, et ne faire aucun remiiêoidlt'r'lta se i^iartfîcot ^tayvafat lé^ëasiôns; lieS^ltfs aliâtit par uneriiè, tes Autres -pAr tadtre, puls'M Vejbfgèôfifnt m grandes places. Un nombre dé pefltseolkilb criâffi tivéfefiôysuy voient les trotop^teretlienaits. Ih ^èméfént ^r toift',^ txMf Mré-' bflfiinmAr tm chacun en paix^ des billç ta qui avoieut esté Im*
CHBONOLOGU NOVBNAIBB DB PALMÀ GAYET [1594]
primez le Jour d'auparavant à Sainct Denis, dont la teneur estolt telle :
I De par le Roy, Sa Majesté , désirant de reuQÎr tous ses subjets, et les faire vivre en bonne amitié et concorde, notamment les bourgeois et habltans de sa bonne ville de Paris, veut et entend que toutes choses passées et ad venuesdepuis les (roubles soient oubliées, défend à tous ses procureurs généraux , leurs substituts et autres officiers, d*ea faire aucune recherche alencontre de quelque personne que ce soit , mesmes de ceux que Ton appelle vulgairement les Seize, selon que plus à plaîn est déclaré par les articles accordez à ladite ville ; promettant Sadite Majesté, en foy et parole de roy, vivre et mourir eo la religion catholiquei apostolique et romaine, et de conserver tous sesdits sujets et bourgeois de ladite ville en jeurs biens, privilèges, estats, dignitez, offlces et bénéfices. Donné à Senlis le viugtiesmejourdemars. Tan de grâce 1594, et de nostrè règne le cinquiesme .
Signé Hbnby.
Et plus bas,
Par le Roy, Ruzé. i
Ces billets que l'on se donnoit de main en main pour lire, le bruit qui couroit aux quartiers élloigt)ez qtie le Roy estolt dans Nostre-Dame, le son des cloché^ en' signe de resjouyssance , (ftangea Testontietnent du peuple;' et mesmes d'aucuns factieux, enjoye et assenrance, tellement qn*en un moment il se rendit une si grande aflluence de' monde dàbs Nostre-Dame, que Teglise ny lé parvià , ny les rués qui y abordent , n'estoiént assez grandes pour tes pouvoir contenir. On "n'o^ôlt partout i»etentlr qiie cesle acclamation de tive le Roy, comme' si Sa Majesté fust venu dans ce^tè église durant une'paix asseurée. Le Rtoy estolt dans Nostre-Dame auparavant que Ton sceasf asseuremént en rUniversité qu'il fbst dans Parfs. Quelques-uns des Seize s'y vou* lurent mettféen armes; entr'autres, Hamilton, ?nré de Saitict Cosme, avec une pertuisane, (uivyde deox on trois qui s*estoient armez, ^ulAt s^aFfef Joindre avec'Crucé; mais le conellierdu Tair Tarresta prez Tboistef deClugny, [iy moiistf^ lediet billet du parddn gênerai imrimé , et hiy dit qu'il le ferolt mettre en pièces vec les siens S'il passoit outre [car il y avolt, ez le sbir d*auparavant , nombre de gens armez onr le Boy dans 'ledit hostel de Glugny et dans s Mattnirins], et qu'il s'en retoumast prier ^ieb et chanter Te Beum en son église pour leuredse réduction de Parfs en l'obeyssance 5 son ROy. Ce eurë s'en retourna poser ses tues , M ne le vit oirplds du depuis. Qnelques-
uns vers la porte Sainct Jacques s'armèrent aussi , entr'autres celuy qui avoit faîct les escriteaux que Ton attacha au col après la mort du président Rrisson , ainsi qu'il a esté dit cy-dessus, et alloient de porte en porte faire commandement de prendre les armes; mais, quoi qu'il y eust en ce quartier-là plusieurs de ceux qui recevoient une dale et un minot de blé par semaine des Espagnols , le bruit que le Roy estolt à Nostre-Dame et le son des cloches lesestonna tellement qu'il n'y en eut que quatre ou cinq qui parurent; et, voulans venir depuis les Jacobins trouver leur capitaine Crucé prez de Sainct Yves , ce faiseur d'escriteaux , qui avoit une Jambe de bois , cheut tout à plat au droict desJesuistes, cassa son mousquet et rompit sa Jambe de bois , et fut-on contraint de le reporter à sa maison. Depuis on ne le vit plus, ny les autres aussi, qui s'allèrent pour un temps cacher chacun chez soy. Un serrurier, au carrefour Sainct Yves, sortit avec son mousquet et quel* ques autres aussi , qui se preparoient pour faire une l>arricade; mais M. le ministre des Mathurins sortit en son habit , et leur deffèndit premièrement d en faire pour ce que ces maisonslà appartenoient aux Mathurins, puis il leur dit que le premier qui remuêroit il fallolt qu'il s'asseurast d'estre pendu. La vénérable présence de ce religieux les fit retirer, et ce serrurier criant : Nous sommes vendus, de despit rompit à l'instant devant le monde son mousquet, et le mit en une infinité de pièces. Peu après passa le long de ceste rue dix ou douze trompettes son* nantes, suyvies d'une grande quantité d'enfans crians sans cesse vive le Roy. Demye heure après passa un herault du Roy, vestu d'une casaque de Velours violet semé de fleurs de lys d'or, suivy d'une miliace d'hommes et de petits enfans crians vive le Roy, lequd à chasque carrefour llsoit le billet do pardon gênerai cy-dessus : la lecture faicte, ce n'estoit par tout qu'une acclamation de vive le Roy.' Cesle Journée estolt toute resptendissante de la faveur de Dieu ; car ce héraut , qui estolt un homme fort gros , estant à cheval; arresté sur lepomt Sainet Miehel , lisant ledit billet , fut entrepris par un quincailler qui le VoUloit tuer par la fenestre de sa chambre avec une longue faarquebuze de chasse; il coucha en Joue par trois fois ,' et par trois fois il le faillit , et print un rat, comme l'on dit d'ordinaire. Dieu seul, selon l'apparence humaine, sauva ce héraut de paix de ce péril ; que s'il fust advenu, cela estolt suffisant pour faire naistre une grande confusion.
Après que ces hérauts et trompettes eurent passé, Grucé, qui avoit envoyé advertir lesfac-
CHAONOL061E NOV£NAIB£ I>K PAXMA CAYBT. [t&94]
tieuxde son quartier, en auemUadixoa douze, puis monta depuis Sainct Yves vers la porte Sainct Jacques , sa pertuisane au poing , en intention de s*aller saisir de ladite porte; mais, estant rencontré auprès de Marmoustier par ledit sieur comte de Brissac qui descendoitde Sainct Estienne des Grecs, après que ledit sieur comte luy eut baillé un de»5dits billets et dit quelques paroles , Grucé et les siens se retirèrent chacun chez soy, et ne les vid-on plus du depuis, toute l'Université demourant par ce moyen pacifique,
M. de Sainct Luc , ayant rangé en bataille , par tous lesendroicts nécessaires de la ville, les forces qui estoient entrées, alla trouver, de la part de Sa Majesté, les cardinaux de Plaisance et de Pelevé , et les duchesses de Nemours et de Montpensier, les asseurant qu'il ne leurseroit fidt aucune disgrâce ny despiaisir, et qu^ils pouvoient demeurer asseurement en leurs maisons, pour la conservation desquelles il leur I)ailla des archers des gardes du Roy, non pour besoin quMI en fust, mais pour leur contentement ; car Sa Majesté, peu auparavant son entrée, avoit pris le serment des capitaines de chasque compagnie de ne faire chose quelconque , sinon à ceux qui se roidiroient a quelque opiniastre résistance : ce qui fut très bien observé , ainsi que tous ceux qui ont eserit de ce qui se passa en ceste Journée le rapportent.
Ledit cardinal de Pelevé estoit au lict malade quelques Jours auparavant: si tostque Ton luy eut dit que le Boy estoit à Paris, soit d*apprehension , ou de la grandeur de son mal , il se tourna à la mort , et à chasque fois il s*escrioit : Qu'on le prenne/ qu'on le prenne ! et mourut ainsi dez le lendemain. Ce cardinal avoit esté en son jeune aage conseiller aux enquestes du parlement de Paris , et Tappelloit on M. des Cornets, du nom d*une cure-prieuré qu'il possedoit en Tevesché d*Avranches; il fut depuis archevesque de Sens, dont le feu sieur cardinal de Lorraine le fit pourveoir pour ce qu'il ne poovoit tenir l'archevesché de Sens et celuy de Beims tout ensemble : il l'accompagna aussi au eoncite de Trente l'an 1563, et y fit beaucoup de choses contre la volonté du roy Charles IX ; dequoy le président du Ferrier, ambassadeur pour le Roy en ce concile , advertit Sa Majesté et son conseil, lequel eut aggreaMe ia protestation d*opposition que fit ledit président du Ferrier ence cooeile, Jusqucs à ce que l'on y eust reformé les articles qui concemoient les droicts, usages, privilèges et authoritez des roys de France , et ceux de l'Eglise Gallicane. Ce cardinal a aussi tousjours esté de Vopinion des oourtizans de Rome, tou«
chant l'abrogation et cassation d'aaeonsdraieU, privilèges et authoritez qui appartienneDt au empereurs et aux roys, et prindpalcmeiitde ceux qui précisément n'appartienDcnt à antre prince chrrstien qu'au roy de France, eoatre laquelle opinion les anciens et modernes âo^ leurs françois ont tousjours combattu. Dppali qu'il fut promeu au cardinalat il soustint d'avantage ceste opinion. Après tant de desseniccs faits à la couronne de France, Il se retira à Home, et fut privé du revenu de ses bénéfices en France. Sur la fin de ses jours , au lieu de k re* cognoistre, s'estant fait pourveoir de l'archeroché de Reims, et par conséquent de premier pair ecclésiastique, il vint de Rome A Paris ponr estre un de ces ezliseum de Roy, et pour le sacrer et l'oindre, avec espérance, comme phisieurs ont eserit, de fiiire changer ces paroles que l'archevesque de Reims dit an sacre des roys.: Sla el rétine à modo sialum, guem hu usque paiema successione retinuUti , htreditariojure iibi delegaium , etc. Jamais les entrepreneurs de telles nouveautez ne latsssDtnne bonne mémoire après leur mort. Aussi plosiesn escri virent de luy en ce temps là beaucoup de choses , et comme il estoit parvenu A un si bavt degré, pourcequ'iln'estoit point beauconpdocie, ny d'une grande et illustre maison.
En mesme temps que le Roy entroitparla Porte-Neufve, le sieur de Bourg, gouversesr pour le duc de Mayenne dans la Ba8tiile,(n ayant eu advis , fit sortir de ses soldats qui firent ez maisons voisines et aux moulins A veat des ramparts prochains, et prirent toutes les farines qui y estoient et quelque quantité de vins, avec intention de ne quitter ceste place à boa marché; et de faict fi commença à tirer quelques coups de canon du long de hi rué Sainct Antoine, dont il blessa plusieurs personnes, et tint en ceste sorte Jusques au samedy ensuy vaat qu'il fit sa composition , ainsi que nous dirons ctaprès. •
Le Boy, estant sorty de Nostre-Dame , monta A cheval et s'en alla au Louvre aa mesme ordre qu'il estoit venu. Sur son chemin les rués, les maisons , les boutiques et les fenestres, esuîieot remplies de personnes de tout sexe , de tout aage et de toutes qualitez , et n'oyoit-oo par toatqoe le mesme cry de vive le Boy. Pour coodusioa, en moins de deux heures après, toute la viHe fut paisible, excepté la Bastille, et chacun reprit son exercice ordinaire, les boutiques forent ouvertes comme si changement qneleonque n'y fust advenu , et le peuple se mesia sans craiots et avec toute privante parmy les gens de guerre, sans recevoir d'eux , en lears personnes, Ueos
CUOHOLOGIB NOfKNAlHB DB PALMA CAYBX. [1594]
et ftmilles, aaeane perte, dommage ny des^ plaisir.
Après qae le Roy eut disoé au chasteaa du Louvre, il mmita à cheval , ayant quitté la cui* nsse, et vint à la porte Salnct Denis pour voir sortir les garnisons , où il se mit à une fenestre qui est au-dessus de la porte , de laquelle il voyoit de front dans la grande rué Salnct Denis. Et bien tost après commencèrent à passer les coopagotes des Neapolitalns , au milieu desquelles estoient celles des Espagnols qui enfermoieot Je doc de Ferla , dom Diego d'IlNirra et Jean Baptiste Taxis, montez sur doubles genêts d'Espague , avec le iMgage , et derrière tout cela marchoient les compagnies des lansquenets et ValloQS, et sortirent en cest ordre de la ville à la veuë de Sa Majesté , qui salua courtoisement toQs les chefs des compagnies selon le rang qu'ils teooient, mesmes le duc de Feria, Ibarra et Taxis, ausquels le Roy dit : Recommandezmi à voire maUtre, mais n'y revenez plus. Ce qui donna occasion de 8oubs*rire aux seigneurs etgrntils-hommes, et aux archers des gardes qoi y estoient présens , armez de pied en cap , teoaos la pique en la main. Les soldats marchoient quatre à quatre, et , lorsqu'ils estoient aa devant de la fenestre où estoit Sa Majesté , advertis de sa présence, ils levolent les yeux en luiQt, leregardans, tenans leurs chapeaux en ia main, et puis , les testes baissées, profondeineot Ils s*encliiioient, et, faisans de très-hum- Ues reverenees, sortoient de la ville. Et lors de Kste sortie il tomboit une telle ployé que Ton &>it qu'elle estoit envoyée du ciel sur leurs tes- Mpoormonstrerson courroux contre eux, et Mur empescher qu'aucun d*eux, quand il eust 'OQla, n'eust peu malfaire au Roy, qui les reçoit passer. Ils estoient au nombre de trois DiUe.
Le sieur de Salnct Luc et le baron de Salagnac » allèrent conduire jusques an Bourget , et de ^ ils furent escortez Jusques à Guise vers la entière de Picardie et des Pays-Bas, après avoir romis volontairement , en recognolssance de la race qui leur estoit faicte, de ne porter Jamais a armes en France contre le service de Sa Masté^qui retint ledict capitaine Salnct Quentin, ïlonnei des Vallons, et son frère, pour s'en sertr, avec quelques Vallons et Neapolitains qui , l^ans quitté depuis ces trouppes là , s*en revinrent à Paris, dont fut faicte une compagnie.
Le docteur Boucher et aucuns prédicateurs, rec quelques-uns des Seize , ne se voulans lier i la clémence du Roy, sortirent aussi avec eux ns en estre empeschez, et se retirèrent en landres , ov aucuns ont eu depuis d'extrêmes
nécessitez. Après ceste sortie Itarent faicts sur le soir par toutes les rués une infinité de feux de Joye au tour desquels les uns chantoient le Te Deum laudamus, les autres crioient vive le Roy, et ce pour la grande aise qu'ils avoient de se voir , au lieu d'esclaves , avoir recouvré leur liberté, honneurs et magistrats. Voylà ce qui se passa de plus remarquable en ceste mémorable Journée de la réduction de Paris. Les principaux seigneurs qui y accompagnèrent Sa Majesté estoient M. le comte de Sainct Pol, les mareschaux de Raiz et de Matignon, les sieurs d'O, de Sainct Luc, de Bellegarde , grand escuyer , de Humieres, de Sancy, le comte de Thorigny , le marquis de Cœuvre , de Vitry , de Vie, de Belin , de Salagnac, des Acres, de Marsilly, de Haraucourt , de Boudeville , d'Edouville , de Mouchy , de Sainct Angel , du Rollet , de Bellangreville , de Trigny , de Favas , de Chambaret , de Marin et de Manican, avec le colonel des Suisses de Heild , et plusieurs autres seigneurs et gentilshommes.
Le lendemain M. d'O, gouverneur del'Isle de France, fut remis par Sa Majesté en son gouvernement de Paris , dont il avoit esté dépossédé depuis les Barricades en 1588. Il alla, parle commandement du Roy en THostel de Ville, assisté du sieur Myron, président au grand conseil et intendant de Injustice ez armées du Roy, à présent lieutenant civil à Paris , recevoir le serment de tous les offlcicrsde la ville.
Trois Jours après le sieur de Bourg se sentant foible dans la Bastille, et voyant que le Roy estoit préparé pour la battre furieusement, il accepta ceste composition qu^il sortiroit le lendemain , luy à cheval , et ses soldats avec leurs armes, et seroient conduits Jusques à la première ville tenant le party de la ligue , en toute seureté : ce qui fut exécuté le dimanche, 27 de mars, selon qu'il avolt esté promis. Et le mesme Jour, à pareilles conditions, fut rendu le chasteau du bois de Vincennes par le capitaine Beaulieu.
Le lundy , 38 de mars , M. le chancelier , accompagne de plusieurs offlciers de la couronne, pairs de France , conseillers du conseil d'Estat et maistres des requestes, alla au Palais, et y fit lire Tedict et déclaration du Roy sur la réduction de sa ville de Paris, et les lettres de resta* blissement de la cour de parlement, ce reqoerans Anthoine Loysel et Pierre Pithou , anciens et célèbres advocats de la cour, qui exercèrent en ceste séance les charges d'advocat et procureur généraux. Après ce restablissement tous les conseillers et offlciers de la cour qui estoient lors à Paris presterent le serment de fidélité entre les
CHAONOLOGIE NOYEIVÀIBB
mains de M. le chancelier ; ce qui fut aussi faict le mesme Jour es autres compagnies souveraines, sçavoir : en la chambre des comptes, en la cour âes aydes et en là chambre des monnoyes. Et ^Pareillement au Chastellet de Paris , le sieur d'Autry Seguier,lors lieutenant civil, accompagné des conseillers qui estoîent réfugiez à Saînct Denis, teiiam ce jour le âiege , y fit faire lecture de la déclaration de Sa Majesté , et receut le serment des autres cohseillers qui estoient demeurez en ceste ville.
•'Les articles de cdït edict faict sur ceste réduction contenoient en susbtance une abolition générale de toutes les choses advenues dans la Ville de Paris à Tôecasion et durant les présents troubles; que dans ladite ville et fauxbourgs, et dix licués à la ronde , il ne se feroit exercice d'autre religion que de la catholique-romaine; que, pour le tesmoignage de Tamour et affection que Sa Majesté portolt à ceste Ville, il la reintegroiten tous les anciens privilèges, franchises et Ifùtnutiitë^ qui luy avoient esté accordez par les feux roys ; que nul des habitans à Tadvenir De Sèrôit recherèhé de ce qui s'estolt faict, géré et âegotié , tant en public qu'en particulier, durant oespresens toubles; deffendant de s'éntre-injurler ou reprocher les uns aux autres ce qui s'estoit passé durant lésdits troubles, sur peine de ptinition 'cok*porelle; que tous actes de justice dohn'éz entré' personnes demesmé party, et t[ul avoient volcfetairement contesté , "Sortîroient éffect ; que toijfs jugemens et arrests donnez contre le comte de Brissac seroient cassez , et, quant aux exécutions de mort faites pour raison des cas dependàns desdits troubles, qu*elfes nepre- JOdlcieroientÀ PhonneUrêt metnoire des def- Itirtcts, sans que les procureurs dé Sa'MaJèfeté ^sent preiendre auctine conflschtiôiï de léunî biens; que tous les habitans qui feroiéilt la sub- Mission et le serment ordonné rehtrerolenten tous leurs biens, bénéfices et offices, nonobstant tons dons qui en t)ourroîent avoir esté fafcts; et ^Vâfnt aux 'dons fairits des debtes deuês ausdits habitans par promesses , cedules ou autrement, iliserOlént cassez et revotez , et les débiteurs contraints de les payer', 'ainsi qu'ils eussent peu ertre auparavant les troubles ; que'tes provisions d^ofQcesr faictes par fe duc de Mayenne demeureroienf nnliès ; neantmoins ceux qui auroient obtenu lesdites provisions par mort ou résignation de cettx du meâme party [excepté les estais des presideOts aux cours souveraines], seroient conservez èsdits oRlces, en prenant nouvelles lettres de provision[du Roy, qui leur seroient expediéeë sans payer finance ; que ceu'x qill auroleiit este î^odrveus par iiedit dâc de
DB PÀLMA CAYBT. [1594]
Mayenne des bénéfices non conristoriaux estins dans ladite ville vacZpiezpar mort, y seroknt aussi conservez, prenant de nouveau du Roy les expéditions nécessaires ; que les habitans ahsem de ladite ville jouyroient du mesme bénéfice que les autres qui s'y estoient trouvez , en s'y mirant dans uh môys et faisant les submisslons requises ; que les habitans qni sortirolent de Puis sous les passeports du Ray et seretireroienten lieux de Tobeyssance de Sa Majesté, jouyroient de leurà biens; que les debteursdes rentes coqstituées lie pouri'olent estre contraints de payer plus de l'année courahte par chacun (Quartier, et que règlement seroit fafét pour les arrcrrçes deus des années précédentes; que les cooptes rendus à Paris durant les troubles par les corop^ tables devant les officiers des comptes qui estoient restez à Paris ne seroient suhjeets à revision , sinon ez cas de Vordonnance ; qu'au benellfe de cest edict toutesfols lie seroit comprios ce qui avolt esté fait par fortne de vollerie; comme aussi en seroient exceptés ceux qui se trointroient coulpables de l'assassinat du feu Rov oo de consplt'atibn sur la vie de Sa Majesté à posent régnant, et tous crimes et délits punissables entre gens de mesme party. *
Le lendemain de la vérification de cest edict . qui estoit le mardy , 29 du tâei^me naois de ràn, octave de la réduction, pour en rendre grâces à Dieu fut ftilcte xine'proceteion générale, dWe viilg^ir'ement la )^rocësslon du Roy, à laqsélle Sa Msgesté a^sta' accompagne des officiers de la coteVonne et de sta maison ; av«c lesofiiders du parlement, chambre dés cornptes, ooQrdei aydes et de ville, nouvellement' restaWls,<ftj furent portées la vraye croix, la croix dc>i^ toire, la coiïroiftie d'espines, etiechefdnwy sainct Loys, a^fee f nftote *atrcé prfcdeax Ttllqtiàîres qu'on y apporta de toutes les églises et monastères de Paris et des environs.
Et le 30 fut vérifié en parlement un edict cofr tenant la création de deux estats de pt^tdent, l'un de la cour pour le sieur Le Maist^ qnitspafavarit n'esloît président que fèJt commis»» du duc de Mayenne ,M'^rtre en 4a'chattJbredo comptes pour le sieur Lollller, prevbst deaf ma^ Chan^, et tifi estât de ihaîstre desTèqtHleslpow le sieur Langlois , eschevin , et ce fen fecognwssance du signalé service qu'Us avaient faldas royaume avefc lësiénr comte de Brtssac, qoeSa Majesté dès-lor^ altoH: flilct mare^^al deFriwt- Ainsi le ROy recompe&sa ceux qui IVoient »i bien servi et as^sté en ceste si gralde et notable entreprise: ^
Lemesme jour aussi la cour fit publier l'arrerf
cy dessouÀ' en ées termes r ' '
CHBONOLOGIB NOTSNÀIBE DE PÀLMÀ CÀYBT. [1694]
« La cour, ayant, dès le dooziesine de janvier dernier, interpellé te doc de Mayenne de recogni[]^stre le roy qne Dieu et les Idx ont donné à ce royanmef, et procilrer la paix, sans qoMI y ait vonln entendre , empesché par les artifices des Espagnols et lears adherans, et Dieu ayant depuis , par sa bonté infinie, délivré ceste ville de Paris des mains des estrangers, et réduit en Tobéyssancede son roy naturel et légitime, après af oir solemnetlement rendu grâces à Dieu de cet heureux succez, voulant employer Tautborité de la Justice wmveralne du foytitnne poui', en conservant la religion catholique, apostolique et romaine , enqiescher que , sous le faux prétexte d'icelle, les estrangei« ne s*emparent de TEstat, et rappeller tous princes, prélats, seigneurs, gentlis^hommes^et autres subjects à la grâce et démence du Roy et à une générale réconciliatktù , et repeter ce que la licence des guerres a altéré de Tautborité des loix et fondement de l'Estat, droicts et honneurs 'de la couronne, la matière mise en délibération , toutes les chambres assemblées, a déclaré et déclare tous arrests , décrets , ordonnances et sermens donnez, fiûts et prestez depuis le vingt-' neufiesme Jour du mois de décembre mil dnq cens quatre vingts et halct, an préjudice de Tautborité de nos roys et loirda royaume, mis et eiftorquez par' force et violence; et comme tels les a re'toqoez, cassez et aontilez ; et ordonne' qu'ils demeureront abolis et supprimez; et par speeiar a déclaré tout' ce qui a estë'fait contre rhenneur du feu roy ffenry iroisfesme; tant en son vivant que depuis son deeods, nul, et fait défenses A toutes peiisonnes de parler de sa mémoire autrement qu'avec tout honneur et respect ; et outre , ordonné qu'il sera toformé du dttestabie parricide commts en sa pcndnne, et procédé extraordinah*etnent contre ceoi qui* ^n trauveront eoulpables. 'A ladite einir révoqué et révoque le iHiuvoir cy-devant donné act^ue de Mayenne sous la qualité de lieu^ teotot 'genenihde< TEstat et eoUfOéne de France ; fiUrdeffincés fi toutiss personnel^ , de quelque eMt^ Cdttdftion qu'ils sdfMt,*de te reeognoistrc eiirttetei)tmlitë, luy prë&ter aucunement obels- 99Xfc& , faveur , confbrt ou ayde-, àr peine d*estre punit comme crimhiels'deleze-nmjeirté au pre>mter chef . St , sur les mesmes peines , enjoinct ttodlt duc de Mayenne et autres princes de là nalson de (.orraine de recognoistre le roy Henry ^pmiflesme dè^ce nom, roy de France et de Navarre, pour leur roy et souverain seigneur, et luy rendre Tobeyssance et service deu, et à tous autres princes, prélats, seigneurs, gentils-hommes; ailles , communautés et particuliers, de quitter le prétendu pafty de Ift Hgnë de faïquelie
le duc de Mayenne s*est foict chef, et rendre au Roy service, obeyssance et fidélité, à peine d'estre, lesdits princes, seigneurs et gentilshommes ,' dégradez de noblesse et déclarez roturiers , eux et leur postérité , et confiscation de corps et de biens , razetaent et démolition des villes, chasteaux et places qui seront refractaires au commandement et ordonnance^ du Roy. A cassé , révoqué , casse et révoque tout ce qui a esté fait , arresté et ordonné par les precedens députez de rassemblée tenue en éeste ville de Paris sous le nom des éstats généraux de ce royaume ,* coïnme nul , faict par personnes privées, choisies et practiquées pour la plus-part par les factieux de ce royaume et partisans de rfispagnol , et n'ayàns aucun pouvoir légitime. Fait deffences ausdits prétendus députez de prendre ceste qualité , et de plus s'assembler en ceste ville ou ailleurs, à peine d'estre punis comme perturbateurs du repos public et criminels de leze majesté. Et enjoint à ceux de ces prétendus députez qui sont encores de présent eti ceste ville de Paris de se retirer chacun en leurs maisons pour y vivre sous robey&sance du Roy, et y faire le serment de fidélité pardevan^ les Juges des lieux. A aussi ordonné et ordonne que toutes processions et sotemnitez ordonnées pciddânt lestroiibfcs et à l'Occasion dMceux cessero6t; et au fieu'fl'lcefle sera à perpetùifé solemnizé le vingt-deuxlesme Jour de mars, et audit Jour faire procession générale à la manière âccoustumée, où assistera ladite cOur en robbes rouges , en Inembire et pour rendre graceà à Dieu de Pheureuse délivrance et réduction dé ladfcte ville en Tobeyssattce du Roy.\
Après la publication de cest arrest, le second Jour d*avHl, ainsi que le Roy estoit dans la chappelle de Bourbon , le recteifr et aucuns docteurs et sopposts de l'Unlver*fté;de leur propre mbuvefbent et franche volonté , allèrent en corps se prosterner 'aux pieds du Roy; le suppliant en toute humilité dWéiidre sur eui sa bénignité, con^mb à Ses obeyssanâ ^rWtcurs elf loyaux sùb- JeCts. Or, plusieurs ecclesiastrcjues, théologiens, séculiers etVefï^eux dé ladite Universilé', ayabà encor du scrupule en l'espHt que ce n'estolt assez q^é fe^oy eust fsrtct proft^sslon de là viraye religion , mais quMI devoit estre ad'mis par Ib Pape et recogneu pour le fils aisné de l'Eglise , ayansveu lesdevotions particulières de Sa Majesté en la semaine salnCte , et qu^ayant touché de six & Sept cents malades des escroûelles dont plusieurs receurent guarison , ce qui fut cognn d'un chacun , il n'y eut plus du dépuis qtl'un mutuelconsentement 4c fecognolstre Sa Majesté; ce qhlls jul^reftit tous^pàr un acte public,' en
CHAONOLOGIB NOVKHAIBE DA PALMA CAYET. [l694]
une assemblée feicte exprès le 22 du mois d'avril dans la salle des escholes des théologiens du collège royal de Navarre, où se trouvèrent, de la part da Roy , M. Farchevesque de Bourges, désigné archevesqne de Sens et grand anmosnier de France ; M. d'O , goaverneur de Paris et de risie de France , et M. Seguier , lieutenant eivil et conservateur des privilèges de TUniversité : en la présence desquels seigneurs, maistre Jaques d'Amboise, recteur de l'Université, les doyens des Facultez , le grand-maistre du collège de Navarre, Tanciendu collège de Sorbonne, le syndic de la Faculté, et plusieurs autres docteurs de ladite sacrée Faculté de théologie , les prieurs , gardiens, lecteurs des Quatre Mendians, et chefs de plusieurs autres communautez, avec les curez des paroisses de Paris, les docteurs du droit canon et de la Faculté de médecine , les procureurs desQuatre Nations, avec leurs doyens et censeurs , les professeurs du Roy, les principaux des collèges, maistres ez arts , pédagogues, et grand nombre d^escoliers et religieux de tous ordres et couvents, Jurèrent et signèrent de garder foy et loyauté au Roy, avec toute révérence et parfaite obeyssance, et de n'avoir Jamais aucune communication avec ceux qui s'estoient eslevez en armes contre Sa Majesté, renonçans à toutes ligues, serments et associations qu'ils pourroient avoir faits auparavant , contraires à leur présente déclaration , qui fut publiée en ces termes : « Comme ainsi soit quequelquesuns, mal instruits et prévenus des sinistres opinions, se seroient malicieusement efforcez de Jetter et semer plusieurs scrupules es esprits des hommes , pretendans iceux que, jaçolt que le Roy nostre sire ait embrassé fermement et de bon cœur tous les poincts que nostre meresaincte Eglise catholique, apostolique et romaine croit et tient, toutesfols nostre sainct père le Pape ne l'ayant Jusques à présent admis publiquement et recogneu fils aisnéde TEglise, il pou voit sembler douteux à telles gens s'il faut cependant luy prester obeyssance comme à son prince absolu, seigneur trèsclément et unique héritier du royaume : surqooy , après avoir meurement tenu conseil , et rendu humbles grâces à Dieu et à toute la cour céleste pour une si manifeste conversion du Roy, et son zèle si ardent vers nostre mère saincte Eglise, dont nous sommes vrais tesmoins et oculaires , et pour une si pacifique réduction de ceste ville capitale de la France, nous sommes tous de chasque Facultez et ordris, unanimement et sans aucun contredit , tombez en cest advis et décret : que ledit seigneur roy Henry est légitime et vray roy très-chresUen, seigneur naturel et héritier des royaumes de France et de
Navarre , selon les loix fondamentales dleeiu, et que, par tous ses subjecfs naturels et bibitans du pays, et ceux qui demeurent dans la bornes desdits royaumes et dependanees, loy doit estre rendue entière obéissance d'ooe fnsche et libérale volonté, et toutaiosi qu'il est commandé de Dieu , nonobstant que certains ermemis factieux , et du party d'Espagne, se soiest efforcez Jusques à ce Jour qn*il n'ait esté admis du Sainct Siège, et recogneu fils aisné et bin mérité de nostre mère saincte Eglise eatboliqQe; en quoy il n'a tenu ny ne tient audit sleor Roy, qui s'en est mis en tout devoir, comme il est notoire à tout le monde, de notoirleté de fait permanent. Et puis que , comme dit sainct ho) [ ép. XIII aux Romains ], nulle puissance k vient d'ailleurs que de Dieu , H s'ensuit que m ceux qui résistent à la puissance de Sa Majolé répugnent à l'ordonnance de Dieu ets'acqaicrcot damnation. Partant, pour plus grand tesnoignage des choses susdites, et qu'à nostre exeoH pie chacun puisse esprouver les esprits s'ils nei* nent de Dieu , nous recteurs, doyens, thcolo^eos, decretistes, médecins, artiens, moines séculiers, réguliers, conventuels, et généralement toos» choliers , officiers et autres susdits, fraDdiemat et par inspiration de la grâce divine, avons fvtt et Juré de cœur et de bouche, faisons et jorov serment d*obeyssance et fidélité au roy tr» chrestien Henry IV, avec toute submissioD, r* verence et hommage, Jusques à ne point cspu^ gner nostre propre sang à la conservation de ceste couronne et Estât de France, ettranquiffité de ceste florissante ville de Paris, et lereeôgBQii' tre nostre seigneur et prince temporel , soonrain, héritier légitime et unique, luyavoospr» mis et promettons à Jamais fiddles smim, arrestans, entre nous , que nous et tons botf chrestiens devons employer nos assidoes oraisons et prières, actions de grâces pobliqacs et particulières, pour la santé et prospérité daRsf nostredit seigneur, les princes de son sang rojak son bqn conseil , les seigneurs et magistrats cosstituez sous son auctorité. Par ce mojren, v^ renoncé et renonçons A tontes ligues, assodstiens et prétendues unions, tant dedans qned^ hors le royaume, et avons confirmé et confomous tout ce que dessus , roettans l'on apie< l'autre la main sur les sainctes évangiles, et id- Joustant chacun de nous sa signature tautsxif et les seaux de ladite Université. Que s|l » trouve quelques-uns contraires et relirt^rtiirQt nous le retranchons de nostre corps comme atertifs , les avons privez et privons de nos prrsUt ges, et les destestons comme rebelles, crimiot^ de leze-majesté, ennemis puMIos etpertori»*
CHBONOLOOIB ROVSNAinB DB PALMA CAYBT. [l594]
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teun. Donnons conseil et advis , en tant qu'à noas esty à tons vrais François et sincères catboliqocs de foire le semblable comme nous. » Âossi'tost que le Roy fat entré dans Paris il manda aux présidents, conseillers et officiers du parlement transféré à Tours et à Oiaalons de retooroer à Paris se seoir et exercer la Justice eo leur ancien tbrosne et tribunal. Ce ne fut , à la reeeption de ceste nouyellei que feux de Joye que Ton fit en ces deux villes. Tous les officiers du parlement, suivant le commandement de Sa Majesté, s'acheminèrent incontinent vers Paris, et y arrivèrent la sepmalne de Pasques. M. d'O, plosieurs seigneurs , et grand nombre de bourgeois des meilleures familles parisiennes, forent à cheval an devant d'eux les recevoir Jusques auprès Le Bourg La Royne ; puis entrèrent tous parla porteSainctJacques,accompagnans M. de Harlay, premier président, et messieurs les présidents Saguier, Potier Blanc- Mesnil, de Thou et Forget, avec grand nombre de conseillers dudJt parlement, M. Nicolaî, premier président de la chambre des comptes, et messieurs les présidents Tambonneau , de Charmeaux, et Danez Harly, présidents en ladite chambre, et plusieurs maistres des comptes, auditeurs et officiers, M. de Sève , premier président de la chambre desaydes , et plusieurs autres présidents et conseillers de ladite cour et des monnoies. Lors la ville de Paris recommença à reprendre son bonbenr, et, au lieu des ruynes de tant de maisons et de beaux et superbes édifices que l'on y avoit ibbatos les cinq dernières années, ce n'a esté de- ^isque redressement des bastiments qui esojentàdemy ruynez , construction de nouveaux; leliement que ceste ville est maintenant plus )eJfe eo bastiments qu'elle ne fut Jamais. Et mesnes au lieu que les garnisons d* Espagnols, qui i^estoient logez dans les maisons des royaux ibseos, par leur infection avoient gasté d'esronelles une infinité de personnes qui avoient ;aigné ce mal d'eux par leur fréquentation, ^losieurs en ayant depuis esté touchez et goeis par le Roy , et les royaux estans rentrez tans leurs malsons, ce mal contagieux , auquel » Espagnols sont subjects, cessa aussi peu
près.
r^ duc de Ferla, estant arrivé aux frontières l'Artois, y laissa les gens de guerre qui escient sortys de Paris avec luy , et s'en alla à Imxelles baiser les mains à Tarchiduc Ernest t Âustriche , frère de l'Empereur , qui y estolt rrivé sur la fin de janvier de ceste année, et y voit fait son entrée accompagné de Feslecteur Ernest de Bavière, archevesque de Cologne, du narqnis de Baden, dudued'Arschot, prince de
Chimay, des comtes de Hansfeldt, Sores et Fuentes, et plusieurs seigneurs, tant altemans, flamans, italiens , qu*espagnols. Geste entrée se fit fort magnifique, avec autant de despence comme si c'eust esté le propre prince du pays , pour les belles histoires qui y furent représentées, arcs triumphaux, pyramides, tableaux, peintures, et autres grandus sumptuositez. Il y eut festin gênerai trois jours durant, au bout desquels cest archiduc fit assembler les estats des provinces obeyssantes an roy d'Espagne , pour leur monstrer sa commission et le pouvoir qu'il avoit dudit Boy au gouvernement desdlta pays comme son lieutenant , gouverneur et ca* pitaine gênerai d'Iceux. Les lettres en ayans esté leuês publiquement, le comte deMansfeIdt,ao* quel, par le trespas du duc de Parme, le gouvernement avoit esté commis par provision , se levant de sa place, luy remit sa charge entre les mains. ' Ce faict, luy et tous les autres seigneurs et estats là presens luy jurèrent toute fidélité et obeyssauce au nom dudit Boy.
Plusieurs historiens s'accordent que cest ar« chiduc fut pourveu par le roy d'Espagne du gouvernement des Pays-Bas pour ce que ce Boy avoit promis aux seigneurs flamans de ne leur donner plus d'Espagnols ny Italiens pour gouverneurs , et qu'ils n'en auroient à l*advenir plus d'autres que des seigneurs dudit pays, ou bien un prince de son sang , ce qui fut cause qu'il le nomma, affin de ne donner une si grande dignité à un des seigneurs dudit pays ; mais aussi qu'U luy donna pour ses principaux conseillers le comte de Fuentes , don Claude de Sainct Clément et Stephano d'ibarra , tous trois espagnols, avec charge de croire ce qu'Us luy diroient en ce qui concerneroit le gouvernement desdites provinces , et comme on subjugueroit celles qui estoient unies et confédérées. Il devoit amener de si grandes forces avec luy, et le roy d'Espagne luy devoit fournir tant de gens, d'argent et de munitions , que le commun bruit estoit qu'il ne subjugueroit point seulement le prince Maurice et les Uolandois , mais qu'il feroit accorder par force à ceux du party de l'union en France de luy donner la couronne des François en espousant rinfante d'Espagne [ce que les Espagnols n'avoient peu obtenir d^eux de bonne volonté , ainsi qu'il a esté dit cy dessus]. Mais ces deux grands desseins s'en allèrent en fumée , tant par faute de grandes forces , que pour le peu de bonheur dont ce prince fut accompagné pendant treize ou quatorze mois qu'il demeura es Pays- Bas, où 11 mourut le 21 février 16S5; car, au lieu de subjuguer le prince Maurice et les Holandols, ce prince fit lever le siège de Covoerden ,
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CHRONOLOGIE NOYBNAIBB DB PALMA CAYBT. [1594]
print Groningue à la barbe de ce^ arebiduCy et se rendit maistre de plusieurs places, ainsi qu'il sera dit cy après. Pour la France , il trouva l'estat des affaires si changées au prjx de ce quç l'on luy avoit dit, qu'ayant sceu, par ledit duc de Feria, que toutes les grandes villes de France rpcberchoient toutes le moyen de se r^smettre aux bonnes grace^ de leur Roy, il se résolut de n'employer ses forces qu'à s'emparer de plus de vijles qu'il ppurroit sur la frontière. Bref, les Espagnols commencèrent à cognoistre que la couronne de France estoit un trop gros morceau pour l'avaller par espérance tout d'un coup , et , im(tans les procédures du duc de Savoye , ne voulurent pius d'oresnavant prendre de places que celles qui estoient prez des frontières de leur pays , et en leur bien-seance. Ce fut pourquoy le comte Charles de Mansfeldt, sur le commencement du mois d'avril, revint redresser son armée du costé de Landrecy, et attaqua La Cappelle en Tierasche , ainsi que nous dirons.
Tandis que beaucoup de seigneurs et grandes villes de France avoient leurs députez à Paris en la cour du Roy pour faire leur accord , il advint un grand remuement vers le pays de Limosia, Perlgord, Âgenais, Quercy et pay^ circqnvoisins, par un souslevement gênerai qui s'y fit ^'un grand nombre de peuple, prenans pour pre- .texte qu'ils estoient trop chargez de tailles et pillez par la noblesse, principalement de quelques gentilshommes du party de l'union qui se retiroient en leurs chasteaux , faisans de grandes pilleries sur le pauvre paysan. Du commencement on appella ce peuple mutiné les Tard- Avisez^ parce que l'on disoit qu'ils s'advisoient trop tard de prendre les armes , veu que chacun n'aspiroit plus qu'à la paix ; et ce peuple appelloit )^ noblesse, Croqtfans, disans qu'ils ne dernandolent çu'à croquer le peuple , mais la noblesse tourna ce sobriquet crogt«an^> sur ce peuple mutiné , à qui le nom de Cro^uan^^'demeura. . Il s'est rapporté en diverses façons comme ces peuples se sousleverent. Premièrement une multitude de peuple s'esleva vers le Limosin , et faisoient un grand desordre. : entr'autres ils arrachoient les vignes , coupoient les bois , bru»> loient les maisons et granges de ceux qui ne se youloient renger avec eux ; mais, ayans quelque .temps rodé ce pays là , le sieur de Chambaret, ^f en estoit gouverneur pour le Roy , assembla la noblesse , leur courut sus , et les desût. Le bruict de ce souslevement estant venu en Angoulmols, plusieurs communes s'eslevurent aussi; [nais le sieur du Masset, lieutenant pour le Roy eujcepays là en l'absence de M. d'£sper9on^asiisté des gentilshommes du pays, les escarta tous,
et les fit retirer chaetin chez loy. En Peii§oid ce fut où le souslevement Ait plus grand, mh s'unirent avec d'autres commuoantez de Giscongne,et de Quercy , qui se rassemblèrent ptosieurs fois, bien que le sieur vicomte de Bovdeille, gouverneur pcmr le Roy au Perigjordf a chargea et desfit à diverses fois. quelques tioipes. On tient pour vray que ce fat un tabetlin ou notaire d'une petite bourgade, nomiDéLi Chagne, qui, estant un jour de loiiîr^ s'amusal faire plusieurs billets en farme.de mandement, contenant, que les habltansdapaysdePcrigoid eussent à se trou ver avec, armes à la forest d'Aèsac, qui est au deçà la rivière de DourdoigDe,distant une Jieuê ou environ de la ville de Uffleall, prez d'unUeuappelléSainct Dreou^aujourSaid George 23 d'avril, et de le faire sçavoir de pr roisse en parroisse, et proche en proehe; mesaia que cedit notaire envoya plusieurs de ces bilieb en diverses parroissesetboui^iades, telleoMat que cela CQurut Jusques aux villea et JiurisdidiMi audit pays qui sont au delà ladiete ririeie k Dordoigne. Tous les babitana de œ pajrs ià> iarmez des ravages qui se faisoient au LioMsii< délibérèrent, pour éviter xses maux, deavoter seulement des députez pour voir ce qui se paiseroit en ceste convocation d'assemblée en ladte forest d'Absac; ets'estaos bien rencontres» k vingtdeuxiesme d'avril,au nombre de sii vingti députez desdites eommunautez de delà U Divdoigne , à la Linde, qui en e^t au deçà , il${la^ tirent tons ensemble, ayant reaolnd^approQvcr et conformer leurs advis à tout ce que dirait et po* poseroit le sieur de Porquery, advocat.de la oov de parlement de Rordeaux , l'un des députes dt la ville de Montpasié, distant de Rinmdooe pi* tite jieuê. Estans arrivez à ladite forest d'AbHe» aujieu assigné, ils y trouvèrent sept oa hnitf mil hommes armes, qui d'eapéesetd'harqwl» ses , qui d'hallebardes et pertoisanes, et qp» * bastons ferres, les uns à pied , les autres àcl)^ val, selon Le moyen et coKomoditaqu'ilsi^oi»^ eu de s'armer et monter, entre tous lesqoelsyfl pouvoit avoir de deux à trois mille qui vs^ porté les armes durant ces derniers troubles. U vindrent tous au devant d'eux aveegraodt^niieti çrians : Qui vive? Porquery etcenxqaiestoloî avec luy respondirent : Vive le Roy! pai»**?' prêchèrent , leur disant qu'ils venoiat à l'i^* semblée suivant les mandement^qu'ilseaaToiat receus. Après avoir crié tous ensemble plosieo'* fois vive le Roy, un qui s'estoit trouvé des plumiers en ceste assemblée , nommé P'py* ^ Pauliiac , qui estoit procureur d'oIBee, c'est-A* dire fiscal, de la.vilje d^ Oai», dpotilavoitcsK pourveu par Madame, sœur du Roy , commeoçi
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de haranguer. Son discours fut principalement des plaintes contre ceux qui levoient les tailles et manioient les deniers du Boy, contre quelques uns de la noblesse ^principalement contre ceux qui tenoient eucores le party de la ligue* Sa conclusion fut qu'il faiiloit f^ire un syndic des habitants du plat pays, tenir les champs pour le service, du Roy 9 contraindre ses ennemis de se remettre sous l'obéissance de Sa Majesté, et de razer plusieurs maisons de gentils-hommes qui M faispient autre chose que courir sur le bœuf et |a vache de leurs voisins.
Gomme il achevo^t ce discours, le feu sieur de $ainct ElverÇ) accompagné de huict cavaliers armez de toutes pièces, fut descouvert par quelques uns de ceste assemblée [car il estoit monté à cheval pour voir ce que deviendroit cest amas de peuple], lesquels tout aussi tost se desbanderent enfouie, crianstous: AuxCroquans! aiix Cro' ^^ans! et tirèrent sur luy cent ou six vingts barquebusades , dont il fut contraint de se retirer. A rinstant ledit Paulliac commanda à un de la troupe qu'il recognoissoit, et audit Porquery, d'aller après ledit sieur de Sainct Eivere luy dire^ de par la compagnie, qu'il eust à enjoindre à ses sult^Jects de se rendre en leur assemblée pour y résoudre avec eux ce quiseroitbon de faire. Pprguery, pensant que ce, Paulliac eust esté esleu pfur ce peuple pour commander, alla porter ceste parole audit sieur de Sainct £lvere , qui d'abordée luy ditqu^i^u coi^traire il le defendroit à ses subjects. Porquery luy répliqua : c L'on vous ipoande que, si vous ne le faictes, toute la troupe |e viendra ruer sur vostre terre. » Lors ledit •leur de Sainct Eivere luy ayant reparty que Ton s'endonnast bien garde, et qu'il y avoit un arrest de la cour de parlement de Bordeaux contre tels rumeurs, Porquery, luy faisant un signal d'amy et serviteur, trouva moyen , en luy parlant sans que celuy qui estoit avec luy s'apperçeust , de luy dire que c'estoit un torrent qu'il laillolt laisser passer ; qu'il pouvoit y envoyer guelques-uns qui de parole pourroient rompre la violence de ce peuple; à quoy il s'employeroit ^ussi du tout. Sainct Eivere ayant promis d'y envoyer, Porquery retourna à l'assemblée , où ^ les ayant asseurez de la bonne volonté dudit sieur de Sainct Eivere., ils se mirent à disner, car ils avoient porté des vivres de leurs maisons.
Après qu'ils eurent disné, Paulliac, qui estoit i^n petit homme vestu fort mechanlquement ^ Q'ayant qu'un meschant manteau, et monté sans bottés sur une jument, fit assembler tout lepeuple
S rond en homme de commandement^ pour delerer sur la proj^ition qu'il avdit faite le ma-
tin : la plus grand part suivirent son opinion sans contredit, jusques à ce que ledit Porquery, qui estoit diamétralement à l'opposite de luy, et fort loing, estant venu son rang de parler, dit qu'il supplioit l'assemblée de trouver bon s'il der mandoit si elle estoit faicte par auctorité d^ Boy , ou par ses commissions, ou des seigneurs qui eussent charge et commandement en ce pays.
A ceste demande, Paulliac, ny aucun autre de l'assemblée n'ayant rien respondu, Porquery, continuant de parler , leur dit : « Messieurs , voicy un vray moyen pour nous faire encourir la peine de criminels de leze majesté , d'avoir &iet ceste assemblée $ans sa permission. Je suis d'ad* vis, avant que l'on passe outre, que l'on députe quelques uns vers le Boy pour luy remonstree nos plaintes, et sçavoir de luy sa volonté.» Ceste proposition fut incontinent soustenuëestre bonne par tous ceux qui estoient venus de delà (a Dordoigne avec ledit Porquery ; et à l'instant pro-? cédèrent à eslire deux députez. Un pommé Perel Nu^, qui estoit venu sur ce point de la part des habltans de Saiuct Eivere, et un nommé Meoenas , qui estoit de Limeuil [absent de ladite assemblée] , fur^i^t cçleus. Ce fait, ledit Paulliac \ faisant du commandeur, se desbanda et triAversa droict audit Porquery, et, l'empoignant par soii manteau, le présenta au milieu du rond , et dit tout haut : c je n'en sçache point de plus ca<* pable d'aller vers le Boy que cestuicy qui en a falot la proposition ; » ce qu'il dit de telle affection que chacun suivit sou opinion , et députe* rent encor Porquery pour accompagner les deux autres.
Avant que de se séparer ils résolurent que les principaux des jurisdictlons et parroisses se trouveroient le mardy ensuivant à Limeuil avec mémoires particuliers de ce qui devoit estre remonstrjé à Sa Majesté, où ne s'estant trouvé qu'un seul des susdits esieus députez , l'un estant ab* sent dq pays pour ses affaires, et Porquery n'y estant point retourné, ils arresterent neantmoina que ce dernier feroit le voyage avec le député présent.
Depuis il se fit une autre assemblée en un lieu escarté appelle La Becede , au de là de la Dordoigne, prez deCampaignac du Buffenc,où il se trouva autant et plus de gens et de la mesme qualité que ceux de la première qui se fit à la forest d' Absac. Lesdites assemblées se firent toutesfois sans foule, oppression, ny dommage de personne , un chacun portant ses vivres et se retirant le mesme jour. En ceste dernière assemblée ne fut ai-resté ny proposé autre chose^ sinon qqe I les derniers esieus députez pour aller vers le
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Roy s'acheminerolentauplustost, et que cependant chacun se contlendroit chez soy attendant lear retour.
Sur ceste assenrance , ledit Porqoery et son condepnté s'acheminèrent en la ville de Paris, et y arrivèrent le dimanche devant la Pentecouste, où Ils présentèrent au conseil du Boy une requeste attachée à leur procuration, remonstrant à Sa Majesté que lesdites assemblées avec armes n'avoient Jamais tendu que au bien de son service, manutention de TEstat et repos public, se pleignant au surplus de la foulle et oppression qu'ils auroient receu et reoevoienttous les Jours à cause de la guerre , des grandes tailles quils estolent contraints de payer et à Sa Majesté et au party de la ligue, avec plusieurs plaintes contre les receveurs et autres ayant la charge et maniement des deniers royaux , contre la noblesse qui , pour subvenir à une plus grande despense que ne vaut leur revenu, estolent contraincts de vexer leurs subjects , et contre ceux principalement qui tenoient encore le party de la ligue, et commettoient toutes sortes de maux , detenans prisonniers grand nombre de personnes dans leurs chasteaux, lestourmentans de toutes sortes de géhennes et cruautez pour en tirer plustost rançon , mesmes qu'il apparoissoit , par plainte particulière, que quelques uns avoient percé les pieds avec un fer chaut à ceux qu'ils tenoient prisonniers. La fin de ladite requeste estoit un pardon pour avoir fait des assemblées avec armes sans permission , la suppression d'un nombre d'ofllciers superflus , et principalement de ceux qui manioient les deniers du Roy, le rabais de tailles, permission d'esiire un syndic d'entre les habitans dudit plat-pays, et de tenir les champs pour courir sus et contraindre les ennemis de Sa Majesté à se soubsmettre à son obeyssance. Laquelle requeste , en ce qui regardoit le pardon d'avoir faict assemblée avec armes sans permission, futlnterlnée, avec commandement de poser les armes dans la Sainct Jean : et , sur la suppression requise desdits officiers, il fut respondu que Sadite Majesté y pourvoiroit. I^ création dudit syndic fbt déniée, la surceance des tailles de ladite année ordonnée; et, sur le surplus des plaintes, le sieur de La Boisslze , maistre des requestes, iVit député pour les entendre.
Pendant que ceste poursuitte se faisoit au conseil du Roy, le peuple et la noblesse , pour les Injures receuês les uns des autres , ne se pouvans contenir en paix , le peuple s'assembla derechef, et la maison et chasteau de Sainct Marsal en Perigort, près du pays de Quercy, à une lleuë de la ville de Gourdon , fut environné , et fit on effort de la prendre sous prétexte que le
seigneur d'icelle avoit battu ou bit degplaislr à quelques paysans. Ce seigneur eustcouni haiard, n'eust esté que quelques gens qui avoient da commoditez et de l'esprit se meslmnt para;» peuple etarresterentsa fureur. Toatesfols, nnobstant l'asseurance donnée à leurs députez de se tenir en paix , ils firent deux dieb qu'ils ap> pellerent colonels , sous lesquels fat faict nu assemblée de trente- cinq à quarante mil hommes , à une lieuê prez de la ville de Bergerac,! un lieu appelle La Boule.
Porquery et son condepnté de retour, ils firent faire lecture et publication , tant de ladite requeste présentée à Sa Majesté , que respont dudit conseil , en la ville de Umeuil , en preNoee des principaux habitans et de plodeurs dépota des villes, jurisdictions et parroisses dadit Perlgord , assemblez en ladite ville à ces fins, oà il fut arresté que , suivant le commandement et volonté de Sa Majesté , chacun se contiendrait chez soy sans se plus assembler d^avantage. Nenantmoins, quelque temps après, ces eomminés faisans encor semblant de se vouloir fools* lever derechef pour les violences qu'ils rccetoleat d'aucuns de la noblesse , ledit sieur vicoote de Bourdeille fut trouver M. le mareschal de Boul* Ion qui s'estoit rendu audit Limeuil, poor, atte son ad vis , paciffler telle sorte de troubles; et fut arresté là avec luy qu'il seroit fiaiet asseobite des conununautez dudit pays en la ville de Moatignac le Comte, laquelle se fit trois sepmaioa après, où ledit sieur mareschal de Boùilloa (< ledit vicomte de Bourdeille se trouvèrent ane grande quantité de noblesse , et où assisterai aussi plusieurs députez des communauté! des villes de Perigueux et Sarlat , et Bergerac d quelques autres ; en laquelle assemblée Ml sfeur mareschal de Bouillon commanda au set de Ghampagnac , qui pour lors suyvoit leA sieur vicomte de Bourdeille , et qui de presot est maistre des requestes ordinaire de la Royit Marguerite , de représenter à Fassistance ki raisons de leur convocation. Après que lesdit» communautez eurent dit leurs plaintes, il M résolu que supplications très-humbles seroM derechef fiiites au Roy de pourvoir aux plaiot0 du peuple , comme depuis Sa Majesté fit es Icff remettant les arrérages des tailles et subôd^ qui leur avoient esté imposez auparavant, ^ furent par là ces révoltes appaisées.
Aussi en ce mesme temps le marescbal di Matignon estant retourné de la Cour à Bordeaux , ayant eu advis qu'il y avoit fpénp» seigneurs qui entretenoient sous-main ces ttvoltes populaires en Qua^y et Agenais , e^ rans s'en servir avec occaUon , il lit hiopotiafl<
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galgner les gens de guerre qui estoient pariny eux y en fit des compagnies qu'il distribua par régiments, lesquels furent conduits, vers le Languedoc , contre ceux de la ligue ; ce qui fut le dernier remède, et qui du tout mit ces payslà en paix.
Cependant que ces peuples là se remuoient, le conseil du Roy travailloit à accorder les articles de plusieurs seigneurs et grandes villes de France. Le sieur de Yillars, gouverneur de Rouen , avoit envoyé Tabbé Desportes vers le Roy auparavant la réduction de Paris. Il fit demander beaucoup de choses qui luy forent accordées : il avoit esté pourveu de Testât d'admiral de France par le duc de Mayenne , et de lieutenant gênerai en Normandie ; le Roy luy accorda qu'il seroit derechef pourveu de Testât d'admiral par luy, et de lieutenant gênerai ez bailliages de Caën et Rouen. Il y eut quelque difficulté pour exécuter cest accord , car M. Tadmiral de Biron , quoy que le Roy luy eust dit qu'il vouloit qu'il fust mareschal, neantmoins il fut quelque temps qu'il refusa de remettre cet estât entre les mains du Roy pour en disposer* Madame , sœur du Roy, par le commandement de Sa Majesté , luy en parla , et le fit condescendre à le céder. Sur Theure elle m'envoya le dire au Roy, qui en fut bien aise pour ce qu'il ne vouloit point mescontenter ledit sieur de Biron. Pour la peine que prit l'abbé des Portes à faire cest accord et réduction de Rouen , il fut encor nommé par Sa Majesté à une bonne abbaye, et eut plusieurs autres bienfaicts du Roy. Le 26 dudit mois d'avril , Tedict faict sur ladite réduction de Rouen, Le Havre de Grâce, Harfleur, Montivilier, Ponteaudemer et Verneuil au Perche, fut vérifié au parlement de Rouen. 11 contenolt en substance qu'il n'y auroit aucun exercice de religion autre que de la catholique , apostolique-romaine, en toutes les villes que ledict sieur de Villars ramenoit en l'obeyssance de Sa Majesté ; qu'il n'y auroit aucuns Juges ny officiers de Justice qui fussent de la religion prétendue reformée , Jusques à ce qu'il en eust esté autrement ordonné par Sa Majesté; que les ecclésiastiques ne seroient point molestez en la célébration du service divin , ny en la Jouyssance et perception de leurs bénéfices et revenus, et qu'ils seroient quittes et descbargez de ce qu'ils eussent peu devoir pour raison des décimes Jusques au dernier Jour de décembre 1593: que la mémoire de toutes choses passées d'une part et d'autre durant les présents troubles demeureroit esteinte, supprimée et abolie; que tout ce qui auroit esté vérifié et ordonné par ceux de la cour de parlement , chambre des comptes et autres