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affirmé, avec son logos, l'existence d'une loi universelle et impossible à transgresser? De plus, ce logos était personnifié par les Erinyes, déesses ordinairement chargées du sort des humains, et qui, chez Heraclite, ont un rôle cosmique. Enfin, d'une part, il est assimilé à une loi naturelle et comme abstraite, et d'autre part il se présente comme un principe religieux, la volonté de Zeus^.
L'influence d'Heraclite est évidente, incontestable ; on retrouve, chez les Stoïciens, les expressions mêmes du penseur d'Éphèse-. Pourtant la conception centrale chez Heraclite, c'est celle du logos, dont le destin n'est pour ainsi dire qu'un symbole. Chez les Stoïciens, le Destin passe au premier plan, et le Logos n'est plus qu'un des nombreux aspects sous lesquels il estconsidéré. Mais c'est là l'indice d'une transformation importante; le Logos d'Heraclite est un être éternel, mais toujours fuyant, qui échappe lorsqu'on croit l'avoir saisi ; il est Zeus, mais aussi il n'est pas Zeus ; c'est un principe décevant sans aucune providence ni finalité^. Le Destin du stoïcien est un principe fixe d'optimisme, installé au sein des choses ; c'est une raison de confiance dans l'uni-
1. Fr. 94, Diels : Le soleil ne dépassera pas sa mesure; sinon les Erinyes, vengeresses du droit, le découvriront. — Fr. 114 npéipovTat yàp iràvxe; ot àv6pw7teioi vojioi Cikô évà; toù 6eiou.
2. Logos entre dans les trois définitions du destin attribuées à Chrysippe par Stobée (Arn., II, 264, 18).
3. « Bien que ce logos soit éternel, les hommes n'en acquièrent au-