RepubL, X, 616 c
5. Cf. JENSEîf, Demokril u. Plato {Archiv f. Gesch. d. Philos., XXIII, 1).
6. Phys., II, 9. Cf. l'idenlilé ti^ap\t.éyr„ àvaYxr,. Chbys. ap. El?, Prxp. ev., VI, 261 (Arîi., II, 266, 36).
mais le nécessaire (t'o y.aTvjvavxaaixévov) peut avoir aussi chez lui le sens d'une modification produite dans un être parla contrainte d'un autre être^ ; la nécessité en ce sens est identifiée au destin, parce qu'il est prouvé que ce mouvement contraint est en réalité conforme à la nature.
Le hasard lui-même, qui était, nous l'avons rappelé, une notion si populaire à l'époque dp Chrysippe, est identifié au destin 2. Lorsque l'identification est décidément impossible, comme dans le cas de la spontanéité d'Aristote, Chrysippe rejette délibérément l'existence de telles causes^.
Mais la meilleure preuve du cachet scientifique que Chrysippe prétendait donner à la notion, toute religieuse, du destin, ce sont les arguments qu'il employait pour en démontrer l'existence. Il en ressort en effet qu'il voulait que les principes, établis dans les sciences, le principe de causalité, admis presque universellement, le principe de sympathie des êtres, fondamental en biologie, et enfin le principe de contradiction, point de départ de la dialectique, condui-
1. Chrysippe a dit : [xr) Sta^épetv toù £i(i.ap(xévou tb xaTir;vaYxa<ï|i£vov (Théodoret, ibid.). Pour la différence des deux nécessités, la naturelle et la violente, cf. Alex., De fato, 13 ; Arn., II, 285, 104. Surla nécessité violente, la célèbre comparaison, Hipp., Philos., 21 (Arn., II, n^OTS).
2. L'obscurité du hasard n'existe que pour la pensée humaine (Arn., II, n<" 965-972).
3. Tô yàç) àvaÎTio-v ôXwç àvuTraoxTOv eîvai xaî to aÙT^fiatov (Cuuys. ap. Plct., De Stoic. rep., 23; Arn., Il, 282, 13).
sissent d'eux-mêmes et nécessairement à la notion du destin.
\° Le principe de causalité' K — Chrysippe a eu à défendre le principe lui-même contre certains partisans de la contingence qui en niaient Tuniversalité pour pouvoir expliquer le choix de la volonté lorsque les circonstances sont les mêmes de part et d'autre; le stoïcien fait appel dans ce cas, comme dans le cas du prétendu hasard, à des causes invisibles*.
L'affirmation de ce principe n'implique pas immédiatement celle du destin. Il énonce seulement qu'il n*y a pas d'événements sans cause ; or la théorie du destin va plus loin en affirmant : 1" l'unité absolue de la cause, « continue et éternelle » ; 2° et si on se place au point de vue de la multiplicité des agents, la liaison ou dépendance mutuelle entre les causes'. Les discussions de Carnéade, dans le De fato^ montrent clairement la différence ; car elles ont en partie pour but