Plct., De falo. Il (Arw., II
2. Plut., De Slotc: rep«</H., 23 (Arx., II, n» 973). Alexandre d'Aphrodise {De fato, 22; surtout Au.^., H, 273, 10) nous a conserré une démonstration du principe de causalité, qui n'est pas formellement attribuée à Cbrysippc, mais contient beaucoup de ses idées (par exemple la classilicalion des causes, I. 18). Elle repose sur l'unité du cosmos. « Le monde serait dispersé, diVlsé, et ne resterait plus un, gouverné suirant un ordre unique, si l'on introduisait un mouTement sans cause. >
3. Le destin est 1" akia tûv ôvtuv E'.po(uvTi (Oioc. La., YIl, 149); 2' elpiiôv attiûv (Akm., II, n« 917, 920, 921). Nous n'avons pas à expliquer celte contradiction, après ce que nous avons dit plus iiaut sur le rapport de l'unité et de la multiplicité dans le monde.
de maintenir le principe de causalité, sans que le destin en découle nécessairement'. C'est évidemment une critique de l'argumentation, par laquelle Chrysippe passait de la causalité au destin.
Nous ne connaissons pas directement cette argumentation : mais nous pouvons en avoir une idée par celle qui concerne le principe de contradiction; en effet, elle s'achève ainsi : « Il n'y a donc pas de mouvement sans cause; s'il en est ainsi, tout arrive par des causes antécédentes ; s'il en est ainsi, tout arrive par le destin 2. « C'est donc l'affirmation des causes « antécédentes » qui sert d'intermédiaire entre l'affirmation générale de la causalité et celle du destin, c'està-dire de l'unité et de l' enchaîne ment des causes 3. Comment l'entendre ? Le principe de causalité exige
1. Ch. 9. « 11 est vrai qu'il n'y a pas de mouvement sans cause; mais^ les mouvements volontaires n'ont pas de cause extérieure et antécédente », et par conséquent ne sont pas soumis au destin. La partie du De fato qui nous a été conservée contient les renseignements suivants sur Chrysippe • 1° Ch. 4, 5, 6. Critique de la tliéorie chrysippienne de la sympathie universelle (dont l'exposé est perdu). 2" Cli. 10. Les raisons logiques du destin dans Chrysippe. 3" Ch. 12, 13. La critique par Chrysippe de l'argument paresseux. 4" Ch. 17 à 19. Distinctioa entre le destin et la nécessité.
2. De fato, X, 20 (Arn., Il, 275, 27). Cf. l'explication de cause antécédente a'ùtov TtpoxaTapxxtxév, Cleh. Alexaisdr., Strom., VIII, 9 (AiiN., II, 119, 46; 121, 25). Ce sont les causes qui donnent l'impulsion aui mouvement (comp. ci-dessous l'exemple du mouvement du cylindre) eb qui, par conséquent, l'impulsion donnée, peuvent disparaître sans queleur effet cesse.
3. Cf. note 1 ; ce ne sont pas les causes en général, mais les causesantécédentes que Carnéade conteste.
LE PBDîCIPE DE CAUSALITÉ. 185
simplement que révénement soit explicable par la nature de l'agent qui l'a produit et du patient qui l'a subi ; mais le principe des causes antécédentes rattache en outre la production de cet événement à un événement antérieur dans l'univers; dès lors, il ne suffit plus de rattacher un événement à son sujet d'inhérence, considéré comme un être isolé; il faut le rattacher aux événements antécédents, et ainsi progressivement au reste de l'univers '.
C'est ce principe des causes antécédentes qui correspond assez exactement à ce que nous appelons aujourd'hui le principe de causalité-. C'est une des gloires de Chrysippe de l'avoir énoncé : la causaKté, chez les anciens, n'impliquait nullement l'enchaînement des événements, parce qu'ils se figuraient les causes comme des êtres actifs, en une «certaine mesure indépendants les uns des autres, et qui venaient jouer leur rôle sur la scène du monde, successivement ou simultanément, à la façon d'acteurs distincts^.
Chrvsippe s'est aperçu que cette conception de la causalité était négatrice de l'unité du cosmos % et il
1. Les causcT antécédentes semblent être nécessairement, d'après tous les exeropl(>s donnés, externx; elles ne résident pas dans l'être qui est le sujet de l'événemeni.
2. Cf. surtout renoncé suivant : -àv t'o y.vôuLcvov ê/eiv t: irpo atOroy, Sa «; alticii <jvvr,pTT.-:ai (Alex.. De falo, 22; Ar.x., JI, 273, 7; cf. id., \. 30.)
8. Cf., chez Platon, la itapou(na des Idées. 4. Cf., p. 1»4, n. 1.
est arrivé à une conception voisine du déterminisme.
Seulement, pouvait-il en déduire immédiatement le destin ? Nous voyons bien comment il arrivait par là à rattacher un événement à la série indéfinie des autres événements; mais pourquoi cette série elle-même ne serait-elle pas indépendante des autres séries voisines? Et ainsi l'unité de la série des causes, qui est impliquée par la nature du destin, ne parait pas prouvée ^ C'est ce qui rend nécessaire le second argument de Chrysippc.
2° La sympathie universelle . — Nous ne connaissons cet argument chez Clirysippe que par la critique qu'en a conservée Cicéron [De fato, ch. 4, 5, 6).
Le principe de sympathie est destiné à montrer soit l'action réciproque universelle de toutes choses, soit l'influence de causes éloignées et en apparence négligeables. Nous connaissons quelques-uns des arguments par lesquels Chrysippe établissait ce principe : c'était l'influence du climat sur la santé, sur le caractère, et, par suite, sur les désirs et les actions volontaires des hommes^.
1. Pour que l'argument rapporté par Alexandre porte (iô., 1. 30 : la substance du destin consiste en ce que les premiers événements sont causes de ceux qui suivent), il faut que ces « premiers événements » soient conçus non comme une somme de termes distincts, mais comme un ensemble lié; or ceci est impliqué et non prouvé par le principe de causalité.