‹ ChrysippeChapitre 109 sur 166 · De Interprétât., ch · texte numérisé non relu

De Interprétât., ch

événement nécessaire. Le principe est, d'ailleurs, universellement accepté comme vrai, et ne fait l'objet d'un doute de la part d'aucune école.

Réservons la question de savoir si on a le droit d'en déduire la nécessité des actes humains. Chrysippe s'en sert actuellement pour démontrer le destin. Cicéron nous a rapporté tout au long cette argumentation ^, qu'il ne faut pas confondre avec le sophisme de Diodore. Diodore en tire immédiatement la nécessité des événements. Chrysippe en tire, non pas immédiatement, mais par l'intermédiaire du principe de causalité, la thèse du destin, c'est-à-dire de l'enchaînement des événements. Sa démonstration est la suivante : Le principe : tout jugement est vrai ou faux, implique le principe de causalité (car il implique que la place de tout événement est déterminée, et elle ne peut être déterminée que par ses causes productrices) ; or le principe de causalité, on l'a démontré plus haut, implique le destin ^.

On voit l'importance de cette différence avec Diodore ; ce que Chrysippe prétend démontrer n'est pas, pour employer des expressions modernes, la nécessité brute des événements, mais leur nécessité hypothétique ou déterminisme. C'est cette différence qui, on le sait, permit à Chrysippe d'échapper à l'argu-

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