DESTIN KT LIBERTÉ
position qui pourrait de fausse devenir vraie. Maintenant* lorsqu'il s'agit de propositions passées, sauf Cléanthe (dont il est bien difficile de comprendre l'opinion), tous s'accordent pour admettre qu'elles sont nécessaires, en ce sens qu'un événement qui a été ne peut pas ne pas avoir été-. Supposons maintenant, c'est l'argumentation de Diodore, que nous ayons une proposition hypothétique véritable dont l'antécédent soit un fait passé, et le conséquent un fnit futur. L'antécédent est, par hypothèse, nécessaire ; donc le conséquent le sera aussi, en vertu du principe que la modalité du conséquent est la même que celle de l'antécédente 11 s'ensuit que les événements qui n'arrivent pas sont impossibles, donc que ceux qui arrivent sont nécessaires.
Mais, demande Chrysippe,- le principe sur lequel
saire : « la Terla est olile»; de proposition possible : a une pierre peut être brisée » (Cic., De fato. 7).
1. Pour ce qui suit, nous avons les sources saivantes qui s'éclairent /une l'autre : V Cic. De fato; "î" Plut., De Stolc, rep., 46 (Arn., II, n» 202); 3" Alex., Comment, in Anal. p. (id., n" 202 a); 4» Epicr., Diss., II, 19 (n" 283\
2- L'opinion de Cléanthe, de Diodore et de Chrysippe est connue par Epictète, loc. cit., p. 93, 1. 4, 8, 9. Comp. Cic, De fato, VII. L'opinion de Cléanthe ne peut se comprendre que s'il s'agit non de la nécessité pour le fait passé d'être passé, mais de sa nécessité logique qui, soit avant, soit après son existence, reste évidemment la même.
3. C'est l'argumentation exposée par Cicéron. Le principe de la fin (Cic. : Si quod primum in connexo est, necessarium est, fit etiam quod sequitur necessarium) correspond à celui qui est dans Epictète : A'j>aT(û. àcûvaTov (1^ àxo).0'j6eîv.
on s'appuie est-il toujours vrai? « Hoc Chrysippo non videtur valere in omnibus ^ » Et, en effet, nous savons que Chrysippe a recherché et cru trouver des cas de propositions hypothétiques où, avec un antécédent possible, on avait un conséquent impossible.
Cependant, d'une façon générale, Chrysippe admet la séméiologie des devins et des médecins, et par conséquent il pense qu'un fait passé et donc nécessaire est le signe certain d'un fait futur qui doit en être la conséquence fatale. Ce qui rend ce fait nécessaire, ce n'est pas sa liaison avec l'antécédent, c'est seulement qu'un certain temps s'est écoulé et que ce fait, de futur, est devenu passé, partant nécessaire 2.
En quel sens pourtant Chrysippe peut-il admettre que, jusqu'au moment où le fait est devenu fait passé, il y avait d'autres faits possibles? Certes, ce n'est pas en ce sens que d'autres faits auraient pu se produire
1. Celle réserve de Chrysippe (cornp. Epictkti:, loc. cil., 93, 12) est «xpliquée en détail par des exemples dans Alexandre (n» 202 a). Dans le <rjvT)(i(x£vov : si Dion est mort, celui-ci (en montrant le corps de Dion) est mort, bien que l'antécédent soit possible (ou nécessaire), le conséquent est impossible ; on ne peut en eflet montrer Dion, puisqu'il n'existe plus ! — Le principe de Diodore implique qu'un cuvtj(j.|X£vov est vrai, parce qu'il y a un lien nécessaire entre l'antécédent et le conséquent : ce n'est pas une thèse universellement acceptée |)ar les Stoïciens ; dans un exemple d'Alexandre (Arn., II, 67, 18) : « Si Dion vit (à l'instant présent), il vivra à l'instant suivant », il n'y a qu'une séquence temporelle. Dès lors rantécédent peut être ou non nécessaire ; cela n'affecte en rien la modalité du conséquent.