‹ ChrysippeChapitre 114 sur 166 · LE MONOTHÉISME · texte numérisé non relu

LE MONOTHÉISME

yeux de Chrysippe, de la physique tout entière; or, le seul être raisonnable que nous connaissons, l'homme, n'ayant pu construire cet ordre du monde, il faut admettre au-dessus de lui un être raisonnable capable de le produire, c'est-à-dire un Dieu.

A côté de cette preuve directe, les Stoïciens admettent que l'utilité de cette croyance en est aussi un fondement suffisant. Beaucoup de vertus morales, telles que les concevaient les Stoïciens et presque tous les Grecs, impliquaient en elles les croyances religieuses; la sagesse était définie la « science des choses divines et humaines », et la justice par les « relations des hommes les uns avec les autres et avec les dieux » '.Sur cette pente (où l'opportunité joue le rôle d'une preuve), il est difficile de s'arrêter, et, en effet, Zenon concluait l'existence des dieux de ce qu'il est raisonnable de les honorer -, et Chrysippe, de ce que l'on édifie des autels ^î

Le monothéisme. — Les Stoïciens définissent le dieu essentiellement par sa fonction cosmique de force rationnelle ordonnatrice du monde '*. Ils arrivent ainsi

1. Sextis. Adv. Math., IX, 123 (Arn., II, a° 1017). « S'il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de piété (1. 18), pas de sagesse (1. 24), pas de justice (1. 31;. »

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