Sextds, Math., XL 59 (III
soit des qualités naturelles, soit des objets du vouloir '.
La doctrine fort obscure de Zenon ne paraît pas avoir persisté ; celle qui est attribuée aux Stoïciens en général est toute autre. La mesure de la valeur des TrpoY)Y[ji,fva se trouve dans la « conformité à la nature », la nature étant ici définie par les inclinations primitives de l'homme, soit les inclinations à sa conservation, soit les inclinations familiales et sociales 2. La thèse devient alors très claire et cohérente. Dans son développement, elle dépend de la théorie de l'inclination, et c'est par cette théorie que les Stoïciens peuvent corriger quelques" détails de la théorie péripatéticienne et réfuter la thèse épicurienne^.
Mais avec des principes de ce genre, nous avons audessous de la morale du sage, une autre morale qui en est indépendante*, et qui a en elle-même son
1. Cic, De fin., III, 34 p : « virlus génère crescendo valet », c'està-dire qu'on n'obtiendra pas la valeur de la vertu en augmentant les biens naturels.
2. Les jtpoYiYfiÉva ont une valeur (à^îa. D. L., loc. cit.), c'est-à-dire (d'après Antipater) une raison qui les fait choisir CArn., III, 30, 10), et ce choix, comme on le sait, se fait suivant la nature.
3. Malgré quelques tentatives de classement hiérarchique (Arn., III, n" 134), le principal souci des anciens Stoïciens a été de bien séparer ces fins secondaires du véritable bien : cf. sur le plaisir, Chrysipi'E, III, n°' 156, 157, 158; il pensait même avec la « plupart des Stoïciens », qu'il n'était pas parmi les îtpwta xaxà çûiriv (Cic, De fin., III, 17; Arn., n" 154.
4. Chrysippe ne refuse même pas de les nommer des biens et des maux, pourvu que l'on s'entende sur la significalion (Plut., De Slo. 1-ep., 30; Arn., III, n° 137).