THÉORIE DES FONCTIONS. 2S
manière vertueuse ou non dont elle est accomplie, ce n'est jamais l'action en elle-même ; la vertu s'ajoute à la fonction comme un élément étranger. Il suit de là que l'accomplissement de la fonction n'est pas nécessairement louable ; c'est toujours sous condition que le sage veut s'occuper des affaires de la cité, créer une famille '. La valeur de ces actions, prises en ellesmêmes, n'est jamais que probable ou vraisemblable 2; et on peut trouver telles circonstances où il faut s'abstenir de les accomplir. La casuistique qui s'occupe de ces circonstances, a eu de bonne heure une grande importance dans le stoïcisme ^,
Maintenant le principe suprême de cette casuistique, celui par conséquent qui règle les actions, ne se trouve pas dans la notion de sagesse.
Dois-je ou non conserver la vie^? La solution de cette question dépend d'une autre : « Est-ce que, dans les circonstances actuelles, il est plus conforme à la nature de conserver la vie que de la quitter '? » Cette conformité à la nature est elle-même la possession des
1. "Av tir, Tt TuakCrrj (D. L., VII, 12t ; Arx., III, n° 697). — Cf. la distioction ap. D. L., 109, III, n* 496, entre les fonctions non relatires aux circonstances et les fonctions relatives aux circonstances.
2. Cf. sa définition : 3 irpa^^àv Eoloyov iiyec à:To).oyt(rji6v (D. L., VII, 107, n" 493).
3. Cf. déjà les détails arec lesquels CLÉAirraB (Séîï., Arh., I, n*' 576- 581) et Chrysippe {id., III, n° 725} traitent la question des bienfaits.