Cic, De fin., III, 18, 60 (Ar.'«., UI
objets des inclinations primitives : la santé, l'intégrité des sens, etc. La sagesse n'est pas ici en question, puisque ces objets n'ont rien à voir avec elle, et Platon, selon Chrysippe, a eu tort d'engager à mourir celui qui ne possédait pas l'art de la vie ^ Il est convenable par exemple que le méchant reste en vie, si les circonstances lui permettent de satisfaire ses inclinations naturelles, et le sage, au comble de la félicité, doit mourir, s'il est malade, pauvre et méprisé 2.
Nous avons choisi l'exemple du suicide parce que Plutarque nous a conservé, sur ce point, l'opinion de Chrysippe ; il est aisé de voir qu'il faut l'étendre à toutes les fonctions. La mesure de ce qu'il faut faire et ne pas faire en ces matières, s'impose comme une règle commune au sage et à l'insensé ; cette mesure, c'est la conformité à la nature, conçue comme l'ensemble des besoins primordiaux.
Sans doute, on dira que seul le sage, par l'expérience qu'il a des choses de la nature, peut donner de pareilles maximes , que seul peut-être il peut les imposer à l'insensé. Il n'en est pas moins vrai que l'insensé est capable de vivre suivant ces maximes, puisque, finalement, elles sont faites pour lui. Et il se fonde ainsi, en quelque sorte, au-dessous de la morale des sages et des bienheureux, une morale universelle qui