LA VKRTL- ET LES VERTUS
La vertu se dissémine donc en une grande quantité de sciences, inséparables, il est vrai, les unes des autres ' ; on semble ainsi revenir au socratisme pour qui chaque vertu est un concept que l'on définit séparément. Mais il y a une modification: pour Chrysippe, elle est, outre un coucept, une règle: elle est à la fois connaissance et décision-; la théorie intellectualiste absorbe la théorie volontariste.
On ne connaît pas encore, en Grèce, l'opposition d'une « morale des simples » dont toute la science est dans la bonne volonté et la charité, et de la morale réfléchie qui repose sur l'étude détaillée des objets et des conditions d'une action et des problèmes qui en résultent; on n'a pas encore créé de différence nette entre celles des techniques qui regardent les rapports entre les hommes, comme l'économique ou la politique, et les vertus proprement dites, comme la justice ou la tempérance. Faire de la vertu une espèce de bloc moral, comme le voulait Ariston, c'était assurément
du stratège, la politique, réconomiqoe, la dialectique, la rhétorique, la physique (Stob., Ed.; Arn., 65, 31-39).
1. Ce caractère des vertus d'être Inséparables (àxtapioroy; , Stobée, III, 69, 6) Tient seulement delà partie commune à toutes (i6., 4,6); Chrysippe ne prétend pas déduire d'une vertu quelconque une autre vertu, dans ce qu'elle a de spécial ; seuls les points communs les rattachent (III, n» 297 : le terme générique xx-:ôp6(i>(ia rattache l'acte juste à l'acte tempérant). Le paradoxe : qui en a une les a toutes, signifie donc seulement qu'on ne peut en exercer une sans posséder ce qui fait le principe commun de toutes.