‹ ChrysippeChapitre 143 sur 166 · Arn., I, n" 209 ; III. n · texte numérisé non relu

Arn., I, n" 209 ; III. n

5. Cf. dans Zeller, Pltil. d. g>:, III, 1, p. 231, les exemples donnés comme preuve de l'inlellectualisme de Chrysippe.

sur le mal. De plus, lorsqu'il s'agit de définir la passion, Zenon est d'accord avec Chrysippe pour définir la peine « l'opinion récente de la présence d'un mal ^ ». D'ailleurs, dans la thèse stoïcienne l'agitation de l'âme était liée d'une façon si intime au jugement, que c'était une simple question de mois de faire de l'opinion la cause de la passion, ou bien la passion elle-même ^. La thèse de Chrysippe est autre : le jugement dont il s'agit, c'est celui qu'il a intercalé entre le jugement sur le bien et le trouble de l'âme, le troisième fait dans notre énumération. D'abord, Chrysippe est porté à admettre qu'une passion comme la colère par exemple, nous fait agir contrairement à nos opinions 2 ; cette affirmation serait tout à fait incompatible avec la thèse, s'il s'agissait de l'opinion sur le bien et sur le mal, et non du jugement qui estime la colère convenable. En second lieu, nous savons par Plutarque que Chrysippe voulait mettre la passion « non

1. Galien, De Hipp. et Plat, decr., IV, 7 (Akn., III, 131, 2. Cf. Tusc, m, 74.)

2. Même si Zenon n'a pas identifié les passions aux opinions (cf. pourtant Cic, De Finib., III, 10, 35), il y a vu la cause de la passion (Cic, Acad. Post., I, 38; Arn., I, 51, 12); dans le même texte, Cicéron présente indifféremment la passion comme résultat de l'opinion et comme lui étant identique {Tusc, III, 24-25; Arn., III, 93, 1. 38- 43).

3. « Les gens en colère veulent s'abandonner à leur irritation ; qu'ils agissent bien ou mal, ils veulent qu'on les laisse, qu'on ne leur dise rien, et ils pensent que de toute façon il faut agir comme ils le font, même s'ils se trompent, et si la chose leur est nuisible » (Chrysippe, Arn., III, 125, 26j.

Page 1