LES REMÈDES DE LA PASSION
Chrysippo, au contraire, se place nettement au point de vue de rhomme moyen et de ses devoirs journaliers ' : il n'exige la sagesse que du médecin des passions '. Il n'a pas le ridicule, dans la chaleur d'une passion, de vouloir apprendre d'abord au malade les principes de la philosophie stoïcienne ; il faut accepter provisoirement les idées préconçues du malade luimême et le traiter en les prenant comme points de départ ^. Il sait aussi les résistances que dans certaines espèces de passions, comme l'amour ou la colère violente, trouveront les conseils ou les reproches, dans ces moments où l'homme se détourne des reproches même de la conscience *. De tout cela, il ressort que Chrysippe ne croyait guère à la possibilité d'un remède au moment le plus fort de la passion ^. Les remèdes qu'il employait de préférence étaient des remèdes préventifs, des méditations, des maximes qui, dans son intention, devaient nous familiariser avec les maux possibles^.
que le sage ne considère pas l'objet du chagrin comme un mal. Cf. les démonstrations de Cicërox, Tusc. III, 14, 18. 19 (Abn., n^ 570).
1. Cic, Tusc, III, 31, 76. Le principal dans la consolation est de démontrer que le chagrin n'est pas officium justum et debitum.
2. Le médecin des passions doit être, comme celui des corps, «maître des maux qu'il soigne» (îiaôûv èvro; etvat} (.\Rit., 120, 19).
3. Témoignage d'Origène d'après le De affectib., Arîc., n» 474.