‹ ChrysippeChapitre 149 sur 166 · Galiex, Arn., n · texte numérisé non relu

Galiex, Arn., n

5. «Chrysippe défend que l'on remédie aux passions, lorsqu'elles sont dans leur nouveauté » (Cic, Arx., III, n» 484). On voit quelle importance avait l'adoucissement des passions par le temps.

6. Sur la méditation, témoignage de Galien, Arn.. III, n" 482 (lire

Malgré tous ses défauts, la théorie des passions reste une pièce maltresse de l'œuvre de Chrysippe. La passion vient de nous, au même titre que l'acte raisonnable : on a tort d'y chercher la trace d'une force irrationnelle qui est en dehors de nous, et que notre vrai moi doit comme dompter du dehors; notre ennemi est en nous-même, et il est l'expression et le résultat de ce que nous sommes ; nous ne sommes pas dans la vie morale comme des spectateurs d'une lutte entre deux principes; nous devons nous transformer nous-même. La morale intérieure, celle de la conscience, est prête à entrer en scène.

g IV.— La Société

Les anciens Stoïciens n'ont rien de réformateurs politiques; la question de la meilleure constitution, celle de l'influence et des conséquences de leur philosophie dans les nouveaux États qui naissaient à leur époque, paraissent les avoir peu préoccupés. La remarque de Zeller reste à peu près juste, que le stoïcisme n'a produit aucun homme politique '. Plutarque remarquait déjà le contraste entre leur activité littéraire

Chrysippe au lieu de Posidonius d'après Bakiî, Posidon. Reliquiae, p. 204). Sur l'usage des maximes des poètes, Arn., 131, 34; 132, 26.

1. Philos, der Griech. Cf. cependant supra, p. 13, sur les hommes politiques influencés par le stoïcisme.

L'INCLIXATION ALTRDISTE. 263

en matière politique et leur peu d'activité pratique. Dans leurs relations soit avec les cités, soit avec les diadoques, les chefs d'écoles se tinrent sur la plus grande réserve : ils se confinent dans la cité d'Athènes, au-dessus et en dehors des partis*.

Quant à la doctrine, les Stoïciens paraissent avoir accepté sans réserve les critiques dirigées par les CATiiques contre les cités et les lois ci\iles; notamment l'argument de la divergence des mœurs entre les divers peuples est repris avec abondance par Chrysippe qui accumule, pour les développer, toutes sortes d'anecdotes historiques. Les lois des cités sont purement conventionnelles^.

Pourtant, dans la vie pratique, ils n'aboutissent nullement à une condamnation de la vie politique. Nous trouvons ici comme partout chez eux, un essai de s\Tithèse conciliatrice. Ils pensent que la société humaine, dégagée de l'appendice^ des lois conventionnelles que l'on a le tort de confondre avec elle, est quelque chose de conforme à la na-

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