‹ ChrysippeChapitre 155 sur 166 · LE COSMOPOLITISME · texte numérisé non relu

LE COSMOPOLITISME

plique une confiance optimiste dans la direction morale du monde*. Les sophistes avaient déjà distingué le juste conventionnel du juste naturel ; mais la justice naturelle, réduite comme ils le voulaient au droit du plus fort, perd, de l'idée de justice, non seulement les éléments superficiels et changeants et qui tiennent aux mœurs, mais l'élément permanent et stable comme l'équité. Les Stoïciens partant de la distinction sophistique-, travaillent avant tout à dégager ce qu'il peut y avoir de naturel, de commun dans la notion traditionnelle de justice. Leur cosmopolitisme est une synthèse conciliatrice qui leur permet d'échapper au danger de briser tout lien social.

Ces idées amènent naturellement, semble-t-il, à celle d'une humanité universelle, dans laquelle les relations morales et indiWduelles sont plus profondes que les relations politiques. Pourtant ne concluons pas trop vite ; ce seront là les fruits qui mûriront à l'époque romaine, dans le moyen stoïcisme, où l'idée de l'humanité universelle est assez bien symbolisée par l'amitié de Panétius et de Scipion. Chrysippe

t . Chrvsippe, Sur la Loi : < la loi est le roi de tontes les choses di- Tines et humaines, etc. » (Marcuîïts, Instit. ,\ir. I ; Aax., III. n' 314). Id.. Sur les Dieux : « Il ne faut pas tronver à la justice un autre principe, ninne autre origine, sinon en Zeus et en la nature commune; c'est de là qu'il faut partir, si nous roulons parler du bien et dn mal » (Put.. De Stoic. repvgn., 9; Arx.. 111, n* 326).

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