‹ ChrysippeChapitre 33 sur 166 · Cf · texte numérisé non relu

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LK& ÉCRITS PUVSIOrKS. 47

Il indique encore des expressions communes, des gestes^ qui sont favorables à la théorie. Enfin les deux derniers arguments sont une étymologie-, et l'origine de la parole qui, par la trachée, vient de la région du cœur 3.

Galien témoigne que Chrysippe ne répond aux difficultés qu'après avoir exposé ses opinions : la première est une difficulté d'ordre médical sur l'origine cérébrale des nerfs*; la seconde, une objection venant de Platon ^ ; la troisième est tirée d'expressions habituelles qui contredisent la localisation dans le cœur*^; la quatrième enfin est le mythe d'Athéné, d'après lequel cette déesse symbole de la pensée est sortie du cerveau de Zeus'; on peut admirer dans la réponse qu'y fait Chrysippe toute la subtilité de son exégèse d'Hésiode ^.

Telle est la seconde moitié du premier livre du traité sur rdme : elle mérite en somme l'appréciation sévère de Galien qui lui reproche de substituer aux démonstrations scientifiques des développements vulgaires

et rhétoriques ('.otwTiv.â -ze y.ai 'p-qzcpv/.-x Ar^[;.[ji,a-ra)^. Cette seconde partie était précédée d'une première partie sur l'essence de l'âme (Oxèp cuaUq tl>u-/f,q)^ sur laquelle nous avons peu de renseignements : on y trouvait sans doute la comparaison, connue par Chalcidius, du •ÔYef^-ovtyiv avec l'araignée placée au centre de la toile ^.

§ 4 — Les Écrits éthiques.

riepi IlaOwv.

Galien, dans son traité Sur les Dogmes d'Hippocrate et de Platon, a conservé de longs extraits du Ilepl IlaOûv de Chrysippe. Ce traité, extrêmement long*, se divisait en quatre livres dont les trois premiers renfermaient des reclierches logiques sur la nature des passions, et le quatrième portait sur les moyens de les guérir^.

Dans le premier livre, il expliquait d'abord deux définitions connues de la passion en se bornant au

2. 238, 27. Galien rappelle que Chrysippe avant de parler de la localisation de l'âme, a étudié les diverses parties de l'âme : c'était donc l'objet de la première partie.

4. Chaque livre était double des livres de Galien (Arnim, III, 111, II).

5. Division indiquée par Galien, De locis affeclis, III, 1 (Arnim, III, 111, 2 sq.); pour l'ordre, Gabien (A., III, 112, 19-20 id., 113, 7); le dernier livré est appelé à la fois ^9ixôv et ôepaTteuTtxôv,

rôle d'exégète'. Il pose ensuite la difficulté suivante sur la nature des passions : sont-elles des jugements ou des phénomènes accompagnant le jugement 2? La deuxième théorie, au dire de Galien, se trouve être celle de Zenon qui ramène les passions à des mouvements d'expansion ou de contraction de l'àme ^. Ainsi Chrysippe se borne exclusivement ici à discuter le sens de la théorie intellectualiste des passions, et, comme le fait ressortir Galien, il refuse de sortir des thèses purement stoïciennes, pour examiner les thèses anti-intellectualistes, telles que celles de Platon. Nous n'avons malheureusement rien conservé de l'argumentation de Chrysippe; nous n'en connaissons que les définitions des passions génériques, qui suivaient dans le même livre ^; ces définitions qui réduisaient les passions à des opinions, étaient sans doute assez nou-

1. Arxui, III, 113, 13 sq. : les paroles de Chrysippe sar la première définition (ctioTÔv te xai napà çûatv x:v7)aiv <^/r,i) se trouvent 1. 27 OÙ il explique sD.oyov parànetOl; Xô^m; sur la seconde (îr>£ov!ia{iôc Trj; ôptiîj;;, p. 114, 1. 1 sq., où il l'explique par la comparaison du coureur qui ne peut retenir son élan. Il déduisait sans doute de la première définition que les animaux ne pouvaient pas avoir de passions (lil, 114. 25); puis il distinguait les passions des vices (tfr., 33] en empruntant des exemples à la mythologie.

2. Abnui, 112, 25 : iv Se toî; èçs^; indique que cette question suivait celle des définitions de la passion (tûv àpiapiûv toù icôOouç, 23) et p. 113, 1. 1. indique qu'elle faisait partie du premier livre.

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