Cf. surtout £(jLfUToi TtpoXiQiJ'e'î
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sualistes qui n'admettent pas une connaissance directe et intuitive des notions ; toute notion a son origine dans la représentation sensible; la notion commune s'est formée dans lame en partant des perceptions sensibles ; elle est présentée tantôt sous la forme d'une conclusion (par exemple la notion des dieux >'ient par conclusion du spectacle de la beauté et de l'ordre du monde), tantôt sous la forme d'une espèce d'induction rationnelle (par exemple la notion du bien vient d'une comparaison faite par la raison entre les actes sentis immédiatement comme bons) '; mais ce qui la distingue de toutes les autres, c'est l** qu'elle est antérieure à toutes les autres notions, et qu'elle se produit de très bonne heure; 2° qu'elle se produit spontanément et naturellement, oÙ7v. zj -iyyr, '^.
Pour leur valeur, si l'on comprend bien le natura-
1. Pour la formation de la notion de Dieu : Aét., Plac. I, 6 : c'est la perceplion de la beauté et de l'ordre d'où nous concluons l'existence des Dieux ; il s ajçit ici d'un raisonnement spontané et universel, non des démonstrations dialectiques par lesquelles les philosophes renforcent ce raisonnement. Pour la notion du bien, cf. Cic, Fin., llf, 10; on y parvient a collalione rationis ». en comparant entre elles les choses perçues immédiatement comme bonnes (quae sunt secundum naturam). Notre interprétation diffî^re de celle de Slein (Erkenntnissl.), p. 239) : suivant lui, cette nolitia boni, comme connaissance réfléchie et philosophique, s'opposerait à la notion commune et spontanée du bien : la coUatio rationis ne fait pas du tout que la notion du bien soit artificielle, puisque toute prénotion implique un raisonnement spontané.
2. C'est seulement à 14 ans que l'ensemble de ces raisonnements spontanés qui constituent la raison est achevé. — On Toil que la théorie des notions communes n'est pas précisément, comme le reut Stein
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lisme stoïcien, c'est ce caractère spontané et naturel de la notion commune qui en est la garantie; suivant l'optimisme stoïcien, il y a une nécessaire harmonie entre la nature et la vérité.
Le logos et l'exprimable. — Cherchons maintenant quels sont les procédés propres de la dialectique stoïcienne. Suivant leur habitude, les Stoïciens visent moins à enseigner les règles pratiques de la discussion (art pratique), qu'à en déterminer les lois : la dialectique, dans leurs mains, devient au lieu d'un instrument (cpYavov) une partie de la philosophie K
Le caractère commun à toutes les disciphnes, dialec^ tique, rhétorique, éristique, inférieures à la logique^ c'est que la recherche de l'expression, la conduite extérieure du discours y ont un rôle aussi sinon plus important que la recherche de la démonstration absolument valable de la thèse. Le dialecticien, le rhéteur s'adres-
(p. 216; p. 230), une limite de l'empirisme, né du besoin de fonder la notion de Dieu et autres semblables, nécessaires à la rie morale, sur des bases plus certaines que des conclusions d'expérience. Celle conclusion vient (cf. précédente note) de ce que Stein néglige le raisonnement spontané, immanent à la notion commune.
1. Ammon., in Aristot. An.pr. (Arn., 11,19, 1). Tandis que les autres sciences se servent de la dialectique comme d'un instrument, le philosophe a la prétention de connaître scientitiquement la méthode dont 11 se sert (1. 20-25); il vise donc moins à l'habileté pratique dans l'exposition qu'à la détermination rationnelle de la méthode. Leur rhétoriqufr aussi est moins un art pratique qu'une science.
LE LOGOS ET l'eXPRIMABLE. 69
sent à des auditeurs, et la forme verbale ne doit pas être négligée aux dépens du fond. Aussi la dialectique a-t-elle pour objet propre et pour limite, non pas toute réalité, mais uniquement ce qu'on peut exprimer par le discours i-.ï /.exTcv', le discours devant être ici compris non pas comme le mot simple, mais comme la phrase, la suite de mots ayant un sens complet'.
La pensée du dialecticien est donc inséparable du langage qui l'exprime; les Stoïciens ne peuvent concevoir, lorsqu'il ne s'agit pas de représentations sensibles, la pensée que parlée, cette parole pouvant devenir extérieure ou rester intérieure*.
Or quelle est la part de réalité qui peut passer dans une phrase : ce n'est pas l'être individuel, avec sa qualité propre; il est l'objet de la perception sensible,
1. Ainsi est limitée la dialectique d'après la défioltion de Chrysippe : elle traite r.tpl oxjiaîvovTa xas (TT,u.ïivô{t£va, c'est-à-dire des mots du langage et de ce qu'ils signiûent D. L., VII, 62: Ans., Il, 38, 5). Le logos, de l'usage duquel il s'agit dans le fragment de Chrjsippe (Plut., Stoic. rep., 10; Ars., Il, 39, tô), est évidemment le langage comme suite de phrases. Le /,£xt<îv désigne non pas ce qui est exprimé par un mot quelconque, mais ce qui peut être exprimé par le mot essentiel de la phrase, cest-à-dire par le rerbe Cf. notre Théorie des Incorporels, p. 19-22).
2. Chez Platon ( Thext.. 189 e], cette parole intérieure est comme une dialectique interne, avec les demandes et les réponses. Il doit en être de même chez les sto'iciens, puisque la parole extérieure (iipo?op'.x6:) est considérée avant tout en tant que son {ir,^ î:£-/T,YaÉvo; : Oric, Contr. Cels.. II. :2: Ar>.. 11.43. 33 ;elle est commune à Ihommeet aux bétes (Gaiien. Arn.. II, 43, 13\ tandis que la parole intérieure « fait connaître les conséquences et les oppositions » {ibid., 1. 15), donc toute la matière de la dialectique.
non de la pensée discursive exprimée dans la phrase. Chez Aristote, les propositions exprimaient un rapport entre des notions considérées elles-mêmes comme l'essence des choses; mais pour les Stoïciens, l'être sensible a seul une existence réelle ^..
Reste que le discours exprime des événements, des faits concrets ou des rapports entre ces faits ; c'est là, en effet, la fonction du verbe dans la proposition. La dialectique stoïcienne, asservie au langage, ne décompose plus le verbe, comme faisait Aristote, en une copule et un attribut désignant une notion générale; elle prend le verbe dans son unité, en tant qu'il exprime un événement. L'attribut n'est que cet événement, et ce sont les événements seuls qui peuvent être objets du discours (À£>tTa). Ce ne sont pas des réalités; la seule réalité est l'être qui agit; ce sont des résultats de l'activité des corps, des « incorporels ». La dialectique a donc affaire uniquement à des événements ou à des suites d'événements. Le sujet de la proposition est donc toujours tel ou tel être ; les Stoïciens ignorent la distinc-
1. C'est ce qui explique la phrase de Sextus d'abord assez énigmatique chez un filoïcien : « les sensibles ne sont jamais vrais directement, mais seulement en tant que rapportés aux intelligibles correspondants (îtapaxEÎfxeva Toùxotç) » {Ma(h., VIII, 10; Arn., 63, 15). Chez Sextus, le mot intelligible appliqué au stoïcisme désigne 1 incorporel (cf. Th. des Incorp., p. 32, n. 2 et 3) ou exprimable ; or, le vrai et le faux sont nécessairement les prédicalsd'une proposition, et la proposition ne peut exprimer que l'incorporel; ce n'est pas le jour qui est vrai, c'est l'affirmalion : il fait jour.
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tion entre les propositions univereelles et particulières; ils n'acceptent que des singulières dont le sujet, toujoure individuel, peut seulement être plus ou moins déterminée
La thèse dialectique concerne, d'après ce qui précède, l'existence ou la non-existence d'un événement qui nest pas objet de perception actuelle, l'aor.Xcv, comme par exemple l'existence des dieux, ou la survivance de Tàme. Les questions que résout la dialectique sont toutes des questions de fait : la dialectique a, par exemple, une place prépondérante dans les prédictions du de\-in ou du médecin : c'est sur elle que repose la validité de ces prédictions. Elle étend donc notre faculté de perception non pas à des choses non perceptible%, comme la dialectique platonicienne, mais à des faits non actuellement perçus '.
Mais la démonstration de la thèse suppose que le fait non perçu, à percevoir par la raison, est en rapport avec des faits actuellement perçus. Le point de départ de la démonstration sera donc une relation entre deux faits, le fait obscur à démontrer et le fait perçu par les
1. Sar la sigaiâcatioa historique de cc-tle opposition à Aristote, cf. Th. desincorp., p. 20. Cf. la classiQcation des i-'M^iatz suivant leurs sujets en « délinis » où le sujet désigne un individu perçu et indiqué (o-3-co;} ; <t indéfinis » dont le sujet est un individu indéterminé (ti;) ; « intermédiaires > où le sujet est un individu dénommé (Socrate) (Sextis, iladi.. Vin, 93: Ar>., II, 66. 38).
2. Cf. les grandes thèses de la physique : existence de la providence, des dieux, de la divination.
sens. Quant aux diverses relations possibles, comme elles sont des exprimables, ou des suites d'exprimables, il est naturel qu'elles soient déterminées par les formes mêmes du langage. Ce sont 1° le rapport d'antécédent à conséquent, exprimé par la proposition hypothétique ((7jvYj[j.[ji.lvov) : si le soleil luit, il fait jour ; 2° le rapport de cause à effet indiqué par la préposition oxi : parce que le soleil luit il fait jour (a'.TiwSèç à^iwjxa) ; 3° le rapport de conjonction, indiqué par y.ai; 4° le rapport de disjonction indiqué par -i^, r-,z\ : ou il fait jour, ou il fait nuit (St£C£UYt»ivov) ; 5" le rapport de comparaison indiqué par plus ou moins'.
Dans la forme, l'énoncé du c7jvy;;j.[j.£vov fait songer à la façon dontla logique moderne énonce les lois ; il semble qu'il s'agit d'un rapport de succession nécessaire: entre deux faits hétérogènes. Dans la proposition hypothétique, où l'antécédent est le signe du conséquent, il y a bien, semble-t-il d'abord, quelque chose d'analogue : « Si cette femme a du lait, elle a enfanté ~. »
Suit-il de là que, de nominaliste, la dialectique de Chrysippe doive nous apparaître maintenant comme la première ébauche d'une logique inductive ^ ? Cette