LE LOGOS ET LEXPRIMABLE
conclusion ne peut être admise sans réserves : comment en etfet l'ensemble du système de Chrysippe, qui s'appuie pourtant sur la dialectique, serait-il tellement difiFérentde nos sciences inductives? Ces ressemblances superficielles coïncident de fait, avec une divergence profonde : pour les logiciens inductifs actuels, les faits ou événements forment l'étoffe même de la réaUté; ils sont en rapport de causalité les uns avec les autres : pour Chrysippe, les événements sont à la fois irréels et inefficaces. Irréels, parce qu'ils sont seulement les produits et les résultats des seuls agents réels, ou de l'action récipropre de ces agents, les corps : inefficaces par suite, puisque seule une réalité tangible, un corps, peut agir'.
Mais alors, comment peut-on dire que les propositions hypothétiques expriment des liens de causalité puisque les événements restent nécessairement sans action les uns sur les autres : aussi ce lien est-il de nature fort équivoque , et Chrysippe est fort embarrassé ; si en effet la proposition conditionnée est identique à la proposition condition, la proposition hypothétique ou tjvt,;jl;jl£vsv est naturellement acceptable, mais aussi parfaitement inféconde dans le raisonnement : mais si le conditionné est différent, quel lien peut-il y avoir entre eux puisqu'il n'y a aucun rapport de production causale? La solution de Chrysippe ne