‹ ChrysippeChapitre 53 sur 166 · Résumée d'après De Assens. Sloici qiiid senserinl · texte numérisé non relu

Résumée d'après De Assens. Sloici qiiid senserinl

2. C'est l'assentiment («TuyxaTàScffiç) à une représentation compréhensive qui constitue la compréhension (Sextus, Math., VIII, 397; Arn., II, 30, 6).

3. Stein parait avoir raison contre les critiques de Ganter (p. 491;, lorsqu'il identifie l'assentiment avec le jugement rationnel.

4. Sén., Epist. 113, 18. Ce qui caractérise l'être raisonnable, c'est qu'il n'a pas seulement l'impelus, mais que « adsensio conflrmavil hune impetum.» (Arn., III, 40, 18). C'est donc de ces impulsions rationnelles queStobée veut parler lorsqu'il dit : rrâffa; xàcôpixàç ouYKaxaOÉusti; Etvai (Arn., III, 40, 27).

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image d'une chose réelle. Mais si cette approbation peut accompagner toutes les autres espèces de représentation, elle doit nécessairement accompagner la représentation compréhensive; cette représentation est si évidente quelle entraine l'assentiment comme les poids entraînent le plateau de la balance ^

On demande maintenant : la représentation compréhensive, comme telle, est-elle véritablement antérieure à l'assentiment que nous lui donnons? Il faudrait distinguer, à cet égard, la plus ancienne doctrine stoïcienne d'une plus récente, celle qui nous est connue par les Académiques de Cicéron d'après le philosophe Antiochus, et qui se serait fondée pour répondre aux attaques des académiciens-. — D'après la première qui est celle de Zenon, la représentation compréhensive serait précisément définie par ce fait que nous lui accordons un assentiment ferme et constant ; nous ne lui donnons pas notre assentiment parce qu'elle est compréhensive, mais elle est compréhensive parce que nous lui accor-

1. L'assentiment peut être donné à nne représentation non compréhensive ; c'est alors nne opinion (Sô$a) (Stobée, £c/.; Arn., 111, 147. 4), et une pensée faible ; mais dans ce cas il peut être refusé, au moins par le sage ((6., 147, 1; Cic, Acad. pr.. Il, 77), tandis qu'il est impossible de juger autrement que vraie une 9. x. : Cic, Acad. pr.. Il, 3g; la façon nécessaire dont l'âme « cède à l'évidence », est comparée à la fatalité de rinclinalion naturelle chez l'animal.

2. 11 est hors de doute : V que la source des Académiqves est le philosophe syncrétiste, Antiochus; 2° que la doctrine du critère a été modifiée par les Stoïciens moyens (Sextus Empir., Math., Vil, 253;.

dons cet assentiment ; en d'autres termes c'est la croyance ferme et indéfectible à la valeur objective de la représentation qui en constitue la clarté et l'évidence. Sans doute, dit-on, il existe entre les représentations des distinctions qui font que les unes deviendront compréhensives et les autres non; mais ces distinctions ne sont connues de l'intelligence que par l'acte et dans l'acte de donner ou de refuser son assentiment. Les raisons que l'on donne sont de deux espèces : 1" D'abord l'acte de comprendre ou de percevoir, suivant Zenon, est postérieur à l'assentiment; donc la représentation en tant qu'elle comprend doit être également postérieure ^ 2° Le mot ■A(x-(xkrt'^\q désigne l'acte d'appréhender et de retenir avec force l'objet; si cet acte était attribué à la représentation, antérieurement à l'assentiment, la représentation serait par elle-même active, et non plus passive, comme elle doit l'être dans la doctrine stoïcienne.

Remarquons d'abord que ces arguments impliquent plus qu'ils ne prouvent l'interprétation au sens actif du terme 7,aTaAY;'K-i7,iç : on suppose que oavTairîa y.a-raXrjTTTi/.ôç veut dire la représentation capable de percevoir ou de comprendre le réel; dès lors on ne peut plus distinguer

1. Zenon cite dans l'ordre suivant les faits de connaissance : 1° visum; 2» assensio; 3° comprehensio; le suivant implique le précédent [Acad. pr.,\\, 144; Arn., I, 19, 31). Mais, dans cette énuméralion, il n'est pas question de représentation compréhensive; Brochard suppose donc l'identité entre <p. x. et comprehensio.

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celte 5. X. de la perception elle-même ou xatâXr,'iiç, et de ce que la xa-riÂT/ii? est en etl'et postérieure à l'assentiment, on conclut que la représentation compréhensive est ég-alement postérieure ; mais le second argument fait précisément ressortir l'impossibilité de celte interprétation ; à vrai dire on devrait en conclure non pas que la représentation compréhensive est postérieure à l'assentiment; mads que l'expression même de représentation compréhensive n'a aucun sens.

Pour ce qui est de la thèse elle-même, qui ramène le critère de la vérité à la force d'une croyance rationnelle, et fait ainsi des Stoïciens des précurseurs de la théorie moderne de Renouvier, elle est fort séduisante, mais sans appui sur les textes; car tous s'accordent à mettre le critère de la vérité dans la représentation compréhensive et non dans l'assentiment.

La représentation compréhensive ne contient donc pas encore l'assentiment : mais s'il est impossible de. l'identifier avec l'acte de l'assentiment, ne doit-on pas en faire un acte intermédiaire qui prépare l'assentiment? Telle est l'hypothèse de Stein, si intimement liée à celle que nous avons déjà critiquée concernant la représentation : la représentation, la représentation compréhensive, enfin l'assentiment sont les trois étapes successives d'une activité de plus en plus g-rande de l'àme; nous possédons l'image de l'objet, nous

en discernons l'évidence, nous en affirmons la réa- Utéi.

Zenon, d'après le texte connu de Cicéron, distingue bien en effet des degrés d'énergie dans la façon dont l'âme saisit les objets du savoir : mais ils ne correspondent nullement à ceux qui sont distingués par Stein 2. Faisons remarquer d'abord que la représentation ne saisit rien : ce Gum extensis digitis adversam manum ostenderat : visum, inquiebat, hujusmodi est. » Il est parlé ici de la représentation en général; celle-ci contient comme espèce la représentation oompréhensive; et elle n'est pas exclue du visum ; sa place marquée d'après l'hypothèse de Stein, serait entre visum et adsensus; or l'adsensus se trouve être le premier acte de l'âme ; quant à la compréhension, qui

1. D'après Stein, Zénoa aurait choisi le terme xaTaXyiuTixéç qui peut avoir un sens actif et passif, justement parce que la 9. x. est à la fois active, en tant que, par sa tension, elle prépare l'entendement à la saisir, et passive en tant qu'elle est imprimée dans l'âme par l'objet De cette thèse se rapproche celle de Ganter pour qui dans la ç. x d'une part l'âme reçoit (xaTaXaixêâveiv aufnehmen, erfassen) d'une façon passive les caractères des objets, tandis qu'elle suppose ainsi une acti vite raisonnable. Cf. encore Heinze, Zur Erkenntnissl., etc., 1886.

2. Dans le texte déjà indiqué sur Zenon {Acad. pr., II, 144) qu compare les étapes successives de l'activité de l'âme à une main qui saisit un objet avec une force de plus eu plus grande, Stein (p. 182) a bien noté avec un certain embarras l'absence de la <p. x. parmi ces étapes; sa thèse ne lui permet plus en effet, comme à Brochard, de confondre 9. x. et xaTàXTii^iç; mais sans les identifier, il les rapproche en rapportant la ç. x. à la xa-râXTi^'t; « comme la possibilité à la réalité ».

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>uit, elle ue doit jmis être confondue avec la représentation compréhensivc '.

La représentation compréhensive n est Joue pas un acte par lequel Tànie saisit l'objet; ce n'est même pas du tout un acte ; c'est, comme la représentation ellemême, une image toute passive.

Toutes les interprétations que nous avons jusqu'ici étudiées et critiquées reposent sur un postulat commun ; elles veulent absolument que les Stoïciens aient mis le moyen de discerner la vérité dans l'activité raisonnable de l'âme. C'est, nous l'avons déjà tait pressentir, ce postulat lui-même qui est faux.

Une autre interprétation de la représentation compréhensive arrive par une voie différente au même ré- ^ultat; d'après Hirzel, cette représentation ne serait pas le sujet de l'acte de comprendre, mais bien son objet-. Parmi toutes les représentations, elle serait seule comprise. Ce serait donc encore, quoiqu'en un autre sens, par l'activité de la raison, qu'elle se distinguerait des autres. Le seul texte sur lequel Hirzel fonde cette interprétation, est un texte de Cicéron où le mot /.xTa-

1. Ce texte signiQe donc qu'aa premier moment, dans la représeatalion [compréhensive ou non) l'àme est entièrement passire, qu'elle commence à être actire dans l'assentiment, et qa'elle l'est de plas en plus dans la compréhension et dans la science.

2. HiKZEL, Untersuch., p. 182 sq.; texte de Gicébox, Aead. post.y I, 41 ; cf. en outre Epis t. IV, 4, 13 (où la leçon xsT«i,T;îrrôv est pourtant douteuse). Enfin Barth, Die Sloa, p. 105, no!e, iait remarquer que xacTaXTjx-Rxôc s'oppose ordinairement à àKonâI.T{KTo; qui a un sens passif.

Xr^zTsv, qui a un sens passif, est employé par Zenon à la place de l'ordinaire xa-aXvjTCTi/iv. Mais il est évident que l'acte de perception ne peut se borner à la représentation, ce qui ferait du stoïcisme un système d'idéalisme subjectif, bien éloigné de sa pensée; la perception est bien en efTet suivant eux l'appréhension par l'âme des réalités elles-mêmes. Il faudrait donc admettre deux processus successifs dans la perception : 1° la perception de la représentation, qui serait alors comprise ou perçue; 2° en suite de cette représentation comprise ou compréhensive, l'assentiment, et finalement la perception compréhensive elle-même. — Mais aucun texte ne nous parle d'une perception de la représentation; on ne voit pas quel sens pourrait avoir cet intermédiaire dans la doctrine stoïcienne qui conçoit le processus de la représentation d'une façon extrêmement matérialiste et réaliste, comme le choc d'un corps sur un autre ; la représentation, de plus, n'est pas un objet, mais un simple état; comment pourraitelle être perçue?

La célèbre définition de Zenon ^ met en évidence

1. SEXTUS,Ma</i., VII, 248 : y) àiio toù £)7iâp)(0VT0ç xai xa-r ' aùxà -rôuTràp- )(ov èvairo{i.£(JLaY(xévï) xai èva7ie(TçpaYi(T[Jiévyi ôîtoîa oùx àv yivoixo ành \i.ii ôTiàpxovToç (Arn., Ij 18, 7). Mais celte définition, et les conclusions que nous en liions supposent la théorie zénonienne de la représentationimpression : elle ne s'accorde pas avec la représentation-altération de Chrysippe. Aucun indice ne permet de supposer que Chrysippe ait changé la définition de la ?. x. Quoi qu'il en soit d'ailleurs, les conclu-

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