LES CATÉGORIES
pouvoir être exprimé par un verbe. La réalité de la cause ne passe nullement dans l'effet: les effets ne sont que comme des aspects de l'activité de la cause, et la cause ne se fatigue ni ne s'use à les produire: elle reste après ce quelle était avant'.
Le rapport de cause à effet n'est plus considéré comme une sorte de lien, de g-énéralion, un être produisant un autre être, mais plutôt comme le rapport d'une activité interne, seule réelle, à des manifestations superficielles qui n'ont d'autre soutien que celleci. Il faudra rappeler, à l'occasion de la cosmogonie, que nous ne trouvons rien, dans cette théorie de la causalité, qui se rapporte à la production substantielle des êtres individuels par le feu primitif.
La théorie des catégories. — Cette théorie n'appartient pas à la logique, comme chez Aristote, mais à la physique; ce simple fait que la classification des genres de réalité n'a rien à voir avec la dialectique, montre une fois de plus combien la dialectique est isolée du réel. Dans sa première catégorie, sùsta, Aristote avait plus ou moins confondu le sujet logique de la proposition et la substance -; la première des quatre caté-
1. CiiRYS-, Stob., Ed., Ar:*., II, 118, 3. expliijuépar Seitis, Math., IX, 211 (n" 341). — Cf. déjàZÉ^o^, I, n" 3i\. Cf. notre Théorie des Incor- ■porels, p. 11-12.
2. Cf. l'opposilion grammalicale particulièrement nette de Categ.,\\\, 2, entre les sujets (substances) et les atlributâ.
134 LES PRINCIPES DK LA PHYSIOUE.
gorics stoïciennes, le substrat, OTroy.siV-svov désigne, non pas le sujet grammatical, mais uniquement un des principes du corps, la matière passive qui supportera les qualités •.
Grossièrement, les quatre catégories stoïciennes (ùxoy.stV'evcv, -kCiov, zwç éyo^^ "^P^ç '0 paraissent bien, comme les dix catégories d'Aristote, se subdiviser en deux groupes, le premier comprenant la substance, les autres, les propriétés ou accidents de la substance ^. Ce n'est là qu'une vue superficielle : le substrat, identique à la matière sans qualités, et la qualité qui détermine des différences dans la matière sont, en effet, tous les deux des corps, c'est-à-dire des substances ^. Bien plus, il nous faut reconnaître dans les deux premières catégories, le substrat et la qualité, les deux principes, actif et passif, dont l'union forme le corps. Les deux premières catégories prises ensemble équivaudraient donc à peu près à l'cùaia d'Aristote.
Il serait plus juste de diviser les catégories en deux
1. Le sujet logique n'est jamais exprimé par ÛTCoxci(ievov (cf. AriV., H, n° 204, 205), ce qui se comprend puisque la proposition exprime seulement un événement. Le « sujet » désigne la matière (Plotin, Enn., VI, 1, 25; Arn., Il, 125, 20; Dëxippe; Akn., id., 32), et aussi, il est vrai, les substances individuelles, mais considérées seulement comme parties découpées dans la matière (ib., 1. 28, 34, 42; cf Chrvs., Sur la matière totale et la matière individuelle ; Dioc. La., VII, 150; Arn., n" 316).
2. Cf. rénumération et la critique au point de vue aristotélicien de SiMPLicas, In cal., Aun., H, n" 369.