De gen. et corr., II, 14, 331 a
TUkORIK DES ÉLïlMEXTS. 139
le feu est identifié au chaud, et si l'air, en lequel il se transforme, est son opposé, il faut que l'air soit le principe du froid. C'est ce que Chrysippe s'eflForce de démontrer, non seulement en considérant l'action physique de l'air, mais surtout en partant du principe rat^me des opposé;» ; c'est parce que l'air, sous d'autres rapports, est opposé au feu, qu'il doit l'être sous celui-ci.
Il reste malgré tout certain que la théorie d'Aristote ne pénétra pas profondément le stoïcisme ; elle impliquait deux idées inacceptables pour les Stoïciens : d'abord la théorie du double principe élémentaire; avec le principe simple, en effet, on peut donner une explication logique de la transmutation dans chaque couple d'oppositions fair-feu, eau-terre), mais on ne peut expliquer comment l'air, par exemple, deWent eau. Ensuite et surtout, la thèse du double principe entraîne la transmutation circulaire * ; en commençant par n'importe quel élément, la série des changements revient à cet élément en passant par tous les autres, et un changement indéfini est possible. Aucun élément n'est donc clément en un autre sens qu'un autre.
Au contraire, dans la théorie stoïcienne, le point de départ de la transmutation est le feu; et la transmutation une fois achevée jusqu'à la terre, ce n'est qu'en rebroussant chemin et en repassant, en sens inverse,